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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 12:54

L'enquête menée auprès de 210 000 jeunes de 18 à 34 ans pour France Télévisions dans le cadre de son opération "Génération quoi" révèle le pessimisme des jeunes. Interrogés sur leur devenir personnel, les jeunes répondants sont près des deux tiers à se déclarer plutôt ou très optimistes. En revanche, le regard qu'ils portent sur le destin de leur génération est extrêmement sombre. "Vingt ans n'est pas le plus bel âge de la vie", pensent-ils majoritairement (à 51 %).

Les jeunes Français définissent leur génération comme "sacrifiée" ou "perdue".

Atlantico : L'enquête menée auprès de 210 000 jeunes de 18 à 34 ans pour France Télévisions dans le cadre de son opération "Génération quoi" révèle une jeunesse qui se définit comme "sacrifiée" ou "perdue". Cette génération fait le constat amer d'instruments de mobilité sociale qui ne fonctionnent pas. Ce constat est-il corroboré par les faits ? L'étude historique des phénomènes de mobilité sociale montre-t-elle que la situation s'est à cet égard dégradée ?

Nicolas Goetzmann : Les différentes études relatives à la mobilité sociale dressent à peu près le même tableau : la mobilité sociale est plutôt stable dans le temps, et reste marginale. Il s’agit plus d’un « incident » qu’autre chose. La problématique actuelle concernant la jeunesse est que la crise produit une sorte de sclérose supplémentaire sur cette mobilité qui est déjà faible structurellement. Un jeune qui s’apprête à voter pour la première fois en 2014 avait 12 ans en 2008, il ne connait que la crise, c’est son horizon. La dernière croissance forte en France, celle de la fin des années 90, n’est même pas un souvenir pour lui. La perception du monde n’est pas du tout la même que pour un aîné, si nous prenons en compte ces éléments.
La principale force de l’élévation économique est la croissance et celle-ci est inexistante depuis 6 ans, ce qui se provoque un phénomène encore plus violent : le déclassement. C’est-à-dire que même en renonçant à l’élévation de son niveau de vie, la situation est telle que la probabilité de chute sociale s’intensifie.

Marie Duru-Bellat : Ce qui est ridicule c’est de penser qu’avant il y avait beaucoup plus de mobilité sociale. C’est complètement faux, sauf pendant les années 1960, et éventuellement les trente glorieuses. Tout simplement parce qu’il y avait à la fois assez peu de diplômés et des opportunités d’emploi, notamment d’emplois qualifiés. Seuls les diplômés, c'est-à-dire peu de monde pouvaient monter dans l’échelle sociale. Nous sommes à l’heure actuelle dans un régime de croisière où il y a beaucoup de diplômés et des emplois qualifiés qui n’explosent pas. Mais ce n’est pas une panne momentanée, c’est un nouveau régime qui n’est pas très exceptionnel.

Plusieurs études économiques, notamment aux Etats-Unis, tentent de trouver de nouvelles explications à la persistance des inégalités sociales. Selon l'économiste Gregory Clarck, elles relèveraient avant tout de différences génétiques, et de leur perpétuation. Que faut-il en penser ? Quand bien même on n'adhérerait pas à l'intégralité de ses conclusions, en quoi cette approche peut-elle changer la donne ?

Nicolas Goetzmann : Gregory Clark a fait un travail considérable, aussi bien dans le temps, que géographiquement. De la Suède du XVIIe siècle, à la Chine du XXe, aux Etats Unis du XXIe siècle, le constat est le même : la mobilité sociale relève plus de l’anecdote que d’une quelconque réalité à grande échelle. Clark se base sur l’étude des noms de famille et constate que la perpétuation des inégalités traverse les siècles. Même Mao a échoué à effacer ces différences.
Après avoir éliminé les causes les unes après les autres, Clark conclue que la génétique est la principale force qui explique cette situation. Elle n’est pas la seule, le niveau économique, l’éducation etc. sont également des facteurs mais l’héritage génétique, génération après génération, serait le principal déterminant de nos vies. Comme le dit l’auteur; le constat est désagréable. Et il tente de corroborer son étude en analysant la situation des enfants adoptés. Le constat est que ces enfants ont tendance à reproduire le schéma social de leurs parents biologiques, et non de leurs parents adoptifs.

.../...

Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/generation-ne-croit-plus-ascenseur-social-pourquoi-realite-est-probablement-bien-pire-que-tout-qu-elle-peut-imaginer-nicolas-goe-993734.html

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