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Publié par ERASME

«Si les malades, dans notre société, donnent prise, par leurs exigences d’une efficacité médicale toujours plus grande, à l’indignation d’idéologues partagés entre la nostalgie naturiste et l’utopie libertaire, c’est parce que les malades sont informés, mal ou bien, des moyens d’action et des succès que la pratique médicale a trouvés, depuis un siècle, dans l’exercice de la rationalité médicale, moyens et succès dont auparavant les hommes n’avaient pu que rêver.

Lorsque la contestation est poussée jusqu’à l’affirmation que la santé des individus est en raison inverse de la socialisation de la médecine, comment ne pas se demander quel est l’âge et quel est le niveau de culture des contestataires? Qui a gardé le souvenir de l’épidémie de grippe espagnole en 1918-1919, et des centaines de cadavres inhumés sans cercueils dans tel département du midi de la France, qui a lu que cette épidémie a fait vingt millions de morts dans le monde, peut difficilement admettre que l’isolation du virus A par Wilson Smith (1933) et du virus B par Thomas Francis (1940) a contribué, par les techniques de prévention rendues possibles, à l’expropriation de la santé individuelle.»

Georges Canguilhem, «Puissance et limites de la rationalité en médecine», in Œuvres complètes, Tome III, Vrin, 2019, p. 807.

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