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Publié par Patrice Cardot

La cité du futur ne saurait être uniquement l'objet d'un enjeu économique et écologique au sens le plus étroit des termes qui puiserait dans les ressources technologiques les instruments de sa prospérité ; elle constitue en elle-même un enjeu politique essentiel en même temps qu'un enjeu civilisationnel comme elle le fut à sa création.
Les grands bouleversements technologiques qui interviennent dans le cyberespace justifient plus que jamais de remettre l’humain au cœur des initiatives qui s’y rapportent, et de repenser le territoire de la ville selon une conception extensive dépassant ses limites administratives et territoriales, pour mieux articuler les enjeux urbains et les enjeux ruraux de sa périphérie. 
Aussi le concept de ville ‘intelligente’ et les modes de gouvernance qui y sont associés doivent-ils être revisités à l’aune d’une relecture néoclassique du rôle et de la place que l’individu doit prendre dans leur élaboration et leur mise en oeuvre. 
La ville ‘intelligente’ doit devenir ce territoire ‘apprenant’ sans frontières, réellement inclusif, où éducation, apprentissage, recherche et innovation trouvent les voies de leurs pleines effectivité et efficacité, et ainsi, cette cité humaine par laquelle l'individu reprendra en main les clés de son destin pour bâtir de façon collaborative, en conscience, en compétence et en responsabilité, une communauté de destins et de projets mettant en synergies positives le Vivre ensemble urbain et le Vivre ensemble rural, tout en préservant et valorisant les héritages culturels ancestraux.
L’intelligence humaine, qu’elle soit individuelle ou collective, doit pouvoir y retrouver sa capacité à rester maître du jeu sur l’ensemble des chaines de la valeur propres à la conception, au développement, aux usages et au contrôle des produits technologiques des intelligences artificielles qui viendront nourrir les projets urbanistiques de demain faisant de cette cité de l’’Atlantide’ de Platon, ou encore ‘la cité du luxe’ de Socrate.
Le recours au concept et aux dynamiques de la ville ‘apprenante’ portés par l’UNESCO offre à cet égard un intérêt fondamental puisqu’il vise à offrir à tous les individus de la cité ‘étendue’ la capacité de développer et d’exercer tout au long de la vie les « compétences transformatives » leur permettant d’être inventifs, responsables et conscients des réalités, et de demeurer ainsi des ‘citoyens-sujets’ acteurs de leur propre épanouissement individuel et d’un Vivre ensemble harmonieux. Ce qui implique que des principes et droits numériques gouvernent ses dynamiques, et qu’y soient consentis des investissements considérables dans les infrastructures de réseau, comme dans les modes innovants d’éducation et d’apprentissage tout au long de la vie, et des bouleversements culturels et comportementaux qui restent encore souvent à réaliser tant dans les métropoles urbaines que dans les territoires excentrés et/ou en retard de développement.
Les villes apprenantes doivent également tirer le meilleur parti des enseignements offerts par les initiatives développées en zones rurales, tout en leur offrant en retour des ressources permettant à ces dernières d’accomplir dans des conditions optimales les différents actions-cibles identifiées par l’OCDE pour construire de meilleurs futurs pour les régions, les villes et les territoires ruraux.
Les potentialités offertes par la stigmergie en font l’un des modes de gouvernance à privilégier pour déployer concrètement ce concept de ville ‘apprenante’ de manière à la mettre au service du projet plus global de la ville ‘intelligente’, l’éducation, l’apprentissage, la recherche et l’innovation constituant intuitivement des secteurs d’activités propices à un recours à un tel mode de gouvernance collaborative. La stigmergie offre en effet cet atout considérable de laisser à ses acteurs toute liberté de recourir ou non aux technologies numériques dans la conduite des projets, selon les circonstances, ainsi que les règles d’usage qui s’y rapportent., tout en offrant à l’ensemble des protagonistes la capacité d’y apporter et d’y partager de manière ouverte le matériau intellectuel indispensable pour que ces mêmes initiatives puissent s’enrichir en permanence des ressources et compétences développées à la faveur de leur dimension ‘apprenante’. 

Voir le document (pdf) ci-dessous