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Publié par ERASME

Les gouvernants algériens continuent leurs tours de strip-tease. Ils annoncent à grand renfort de publicité le lancement de l’exploitation des mines de fer à ciel ouvert de Gara Jebilet, situées à quelques encablures de Tindouf. Sauf qu’ils font attention de n’envoyer aucun ministre important à ces festivités. Ils savent qu’en agissant officiellement, ils contreviennent au traité du 15 juin 1972 sur le tracé des frontières, signé à Ifrane entre le président Boumediéne et Sa Majesté Hassan II. Lesdites mines devaient, selon ce traité être exploitées conjointement entre les deux pays et la société crée par le Maroc à cet effet, devait être restituée à l’Algérie au bout de 66 ans, tout en assurant, à cette dernière, l’acheminement du minerai de fer vers le port de Tarfaya sur l’atlantique, solution plus économique et moins coûteuse que de créer un chemin de fer de Tindouf jusqu’à la Méditerranée en passant par Bechar.
L’exploitation commune de cette mine était l’une des conditions pour que le Maroc reconnaisse la validité du tracé des frontières entre les deux pays et qu’une commission mixte composée d’ingénieurs et de topographie, avait patiemment relevé durant deux longues années, à l’époque. Les coordonnées Lambert de ladite frontière figurent même dans le traité signé plus tard par Boureflika et Ahmed Taibi Benhima, ministres des affaires étrangères des deux pays.
Ce traité tournait définitivement la page de la réclamation par le maroc de la restitution de Tindouf et des autres territoires marocains, ajoutés par la france à son territoire frabcais d’Algérie au début des années 50 et qui avait provoqué la guerre des sables entre les deux pays en octobre 1963.
Si l’Algérie rompe ce traité en mettant réellement à exécution l’exploitation unilatérale de ces mines de fer, alors le Maroc pourrait s’estimer libéré du respect de ce traité, qui devient du coup caduc et pourrait réclamer à nouveau et de plein droit, la restitution des territoires allant de Bechar à Tindouf, en passant par Tidikelt, Touât, Gourara, Reggane et Ain Saleh, vu que le traité des frontières communes a été bafoué unilatéralement par les algériens.
Mais le Maroc ne le fera certainement pas, même si c’est la grosse crainte d’Alger depuis son indépendance en juillet 1962. D’ailleurs les algériens ont toujours cru que nous allions leur demander un jour la restitution de ces terres, ce qui a justifié par la suite leur position dans le Sahara et leur politique de soutien tous azimut des mercenaires du Polisario.
En signant ce traité, le Maroc voulait surtout mettre fin à l’hégémonie algérienne, qui à l’époque, ivre de ses pétrodollars et de sa fièvre révolutionnaire, devenait un foyer d’instabilité, au vu de la multitude de coups d’états et de séditions qu’elle vivait. Le Maroc ne voulait plus de guerre avec son voisin, cherchant à se concentrer plus à la récupération de ses territoires colonisés par l’Espagne et dont il reçut un appui franc et sans détour de la part du président Boumedienne à la signature de ce traité…
C’était sans compter avec le revirement de ce dernier, quelques années plus tard, à propos de l’affaire du Sahara…
En tous cas les gouvernants d’Alger ont été tétanisés par le dernier discours du trône du souverain marocain. Ils ne s’attendaient certainement pas à ce qu’il leur tende la main à nouveau et à tenter de les convaincre de baisser leur tension envers le Maroc. Cela fait maintenant quatre jours que le discours du trône a été prononcé, et il n’y a, à ce jour, eu aucune réponse officielle du palais d’El Mouradia, siège de la présidence algérienne. Peut-être que les généraux algériens sont encore réunis en conclave au « club des Pins » à Alger ou à l’académie interarmes de Cherchell pour décider de la réponse adéquate à donner, d’autant plus que le monde arabe les regarde avec stupéfaction, à quelques mois de la réunion du sommet arabe qui se tiendra à Alger début Novembre.
S’ils refusent la main tendue par le souverain, le Maroc ne pourrait pas assister au sommet d’Alger. De toutes les façons comment pourrait-il le faire, vu que les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis un an déjà ?
De plus, cela risque de faire capoter ledit sommet, plusieurs pays arabes restant fermement alliés au Maroc et n’assisteront pas à un haut niveau à cette rencontre par solidarité avec notre pays. Ce qui constituera un véritable camouflet pour le président Tebboune et ses marionnettistes qui cherchent, à travers ce sommet, à casser l’isolement de l’Algérie sur la scène internationale.
Qu’ils acceptent la main tendue du souverain marocain et ça serait une excellente chose, car elle sera portée à leur crédit et montera un visage moins belliqueux d’Alger et apaisera les tensions en Afrique du Nord. Mais cela provoquera, certainement, un séisme à l’intérieur de ce pays, entre les factions militaires qui se disputent sans cesse pour dominer le pouvoir.
Quelle que soit la décision d’Alger, elle sera difficile à prendre ou à assumer. Cela dénote qui manque de vision géostratégique de ce pays, qui perd la main de plus en plus sur le plan diplomatique, n’ayant certainement pas saisi la portée des changements qui s’opèrent actuellement dans le monde.
Par ailleurs, les gesticulations continuent du côté algérien, comme la signature d’un mémorandum d’entente pour réaliser le gazoduc qui ira du Nigeria à Arzew en Algérie, en passant par le Niger.
Sauf que personne ne voudra financer un pipeline long de 4500 km, traversant des Saharas hostiles et peu sûrs. Même la Chine, qui d’habitude, finance tout ce qui bouge en Afrique, ne semble pas partante pour ce tracé qui lui imposera de payer des rançons à touts les groupes djihadistes qui pullulent sur le tracé du tube de gaz trans-saharien.
Les Russes, non plus, ne sont pas chauds pour ce tracé, préférant aller taper à la porte du Nigeria pour financer l’autre tracé, plus long et plus sûr, qui traversera treize pays africains pour aboutir au Maroc et se brancher sur le gazoduc qui part vers l’Europe. C’est plus sûr et il permet de se connecter auxdits pays africains traversés pour leur vendre ce que les russes font de mieux, à savoir les usines thermiques de production d’électricité, comme celle de Jerada au Maroc, réalisée par eux et qui fonctionne depuis plus de trente ans.
Car l’enjeu de ce gazoduc Nigeria-Maroc, n’est pas tant l’acheminement du gaz nigérian vers l’Europe, qui en est la finalité, autant que l’approvisionnement en électricité via le gaz acheminé, des pays traversés et qui peuvent payer la facture en terres rares et en minerais de diverses natures, si indispensables à la Russie, mais aussi à la Chine, qui elle, attend son heure pour se prononcer quant au financement de ce gazoduc.
En agissant ainsi, Poutine cherche surtout à faire payer à l’Algérie sa tentative de le doubler en concluant un accord favorable avec l’Italie pour l’approvisionnement en gaz, cassant ainsi la pression que le tsar russe veut maintenir sur les européens, pour les obliger à négocier, avec lui, une sortie de crise en Ukraine.
Une fois de plus, les gouvernants algériens, dotés d’une courte vue, se mettent ainsi à dos leur dernier allié de taille. Ils se retrouvent ainsi, à cause de leur positions hasardeuses successives, isolés complètement, aucun grand pays ne cherchant à voler à leur secours, d’autant plus que des études affirment que le gaz et le pétrole algériens sont en fin de vie, malgré les récentes découvertes dans le bassin de Berkine, dans le sud, grâce à la société italienne ENI.
Soixante ans après son indépendance, l’Algérie qui se voulait le chantre de la lutte anti coloniale et le berceau de tous les mouvements de libération, tout en étant une grande capitale du panarabisme d’obédience nasseriene, perd définitivement toutes les cartes qui étaient porteuses à une époque où, grâce à la rente pétrolière, elle pouvait acheter les consciences et les presses complaisantes, à travers le globe. Nasser est mort depuis longtemps. L’union soviétique, Boumedienne, Bouteflika, Kadhafi, Mandela et Castro aussi. Elle demeure seule, dans son coin, à ruminer un passé que plus personne ne veut glorifier, tant il a été spolié et détourné de son sens premier.
Le « Nif » algérien en prend un sacré coup, ne sachant plus quoi sentir, car n’étant plus en odeur de sainteté, nulle part.
Le Maroc lui tend une nouvelle fois la main, afin de dépasser toutes les querelles d’antan et de construire, enfin, un avenir commun, dans la paix et la sécurité. Je doute fort que les gouvernants d’Alger en saisissent pleinement le sens…
L’hiver algérien sera rude !
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