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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 16:21

L’année 2014 – célébrée comme le centenaire du début de la 1ère guerre mondiale pour les Européens – devrait trouver rapidement sa propre marque tant les enjeux géopolitiques semblent nombreux dans cette année qui s’annonce. Si on effeuille rapidement le calendrier, on voit combien les rendez-vous dans les zones de crise sont nombreux. A commencer par le Moyen-Orient qui va être au centre de toutes les attentions.

Le Moyen-Orient : en feu ou en paix ?

Cette année risque d’être un tournant pour la région. Les négociateurs israéliens et palestiniens se sont donné rendez-vous jusqu’à mai pour trouver un nouvel accord de paix. (NDLR Regards-citoyens.com : voir à cet égard, notamment, Géopolitique fiction : et si la crise syrienne annonçait un vaste chantier de reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l'est de la Méditerranée ? (nouvelle édition))Qu’il y ait, ou non, accord, cela risque de secouer les deux pays et les deux populations. Mais la maxime jusqu’ici répétée – pas de paix au Moyen-Orient sans paix entre Palestine et Israël – a perdu de son intensité et rendu du coup, moins vitale, la résolution du conflit. Car toute la région est tectonique.

Syrie, Liban, Iran…

L’intensité du conflit en Syrie ne semble pas faiblir. Les fronts intérieurs se fragmentent de plus en plus jusqu’à devenir une guerre bi-civile : non seulement entre le régime et les rebelles/révolutionnaires mais entre les rebelles eux-même. Le régime de Bachar, honni jusqu’à peu, apparaît aujourd’hui ainsi davantage comme un gage de stabilité face aux mouvements extrémistes qui ont gagné du terrain. Si l’issue de la négociation – dite  Genève II – semble délicate, une solution ne mettra pas de sitôt un terme au conflit. Le Liban, proche, qui a jusqu’ici tenu bon, est aux prises à la fois à un risque d’engrenage de terreur des uns contre les autres, tout en accueillant un nombre maximal de réfugiés venus de Syrie qui aurait mis à bas n’importe quel autre pays. Quant à l’Iran, il est engagé dans une politique de réintégration du concert international, qu’on aurait bien tort de ne pas négliger ; une solution (temporaire) au conflit nucléaire. Pour être complet, il faudrait aussi mentionner le Yemen en situation périlleuse et l’Egypte qui n’a pas toujours digéré son « printemps » arabe.

En Irak et en Afghanistan, les zestes de l’intervention internationale

La violence régulière en Irak n’alarmait pas jusqu’ici la communauté internationale, la prise de Falloujah par le groupe lié à Al Qaida, l’Etat islamique en Irak et au Levant (EILL), donne au conflit une tournure de bataille rangée. En Afghanistan, en 2014, entre dans une phase d’inconnue avec la fin du retrait des troupes de l’OTAN, une phase électorale et une nouvelle mission internationale de sécurité qui n’a pas encore trouvé son cadre. Ces deux pays n’en ont pas ainsi fini de digérer les restes des interventions internationales (unilatérale pour le premier (menée par les Américano-Britanniques, sous mandat des Nations-Unies et de l’OTAN pour le second) qui n’ont finalement rien réglé, voire même aggravé la situation antérieure.

L’arc de crise africain

L’Afrique autour de sa zone sahélienne, de l’arc de crise de la Corne de l’Afrique au Golfe de Guinée est parcourue de soubresauts.. Le conflit en Centrafrique comme au Sud-Soudan est en phase aiguë. Et les guerres au Mali ou en Somalie ne sont pas terminées. Tandis qu’une zone dangereuse agite la Libye, au nord ; et le Nigeria, au sud. Sans oublier le Congo, toujours en proie à un conflit qui n’a pas encore trouvé son terme ou d’autres pays qui pourraient s’embraser. Si la piraterie a disparu comme menace importante dans l’Océan indien, elle demeure active à l’ouest du continent.

Les Russes à la manœuvre ?

Il faut s’attendre à des initiatives internationales, notamment de la Russie qui, outre les Jeux olympiques de Sochi,  présidera en juin à la fois le G8 et le Conseil de sécurité, et entend restaurer son aura de « grande puissance », perdue depuis 1991. Elle en a aujourd’hui les moyens et profite d’un climat favorable à cette résurgence.

Et pendant ce temps…

Pendant ce temps, les Européens seront en « vacances » électorales. Les prochains mois vont être consacrés pour les parlementaires et les commissaires européens à boucler les dossiers en cours, avant de partir en campagne électorale, ou à la recherche d’un point de chute. Une activité qui va concerner d’ailleurs une bonne partie de la haute administration européenne pour qui la partie de puzzle européen peut être l’opportunité de carrières plus intéressantes. Entre mars et novembre (où la nouvelle Commission européenne sera pleinement installée), avec un point culminant en mai-juin (lors des élections européennes et de la répartition officielle des principaux postes), on assistera – alors qu’une partie du monde sera en ébullition – à une certaine atonie européenne, où les initiatives seront plus compliquées que d’habitude…

Pourtant l’Europe a quelques atouts dans sa manche. D’une part, elle semble décidée à s’affirmer sur certaines crises notamment en Centrafrique avec le déclenchement d’une opération, type EUFOR, autour de Bangui ou plus avant dans le pays (lire sur le Club – accès libre : Les premières options d’une opération EUFOR Bangui). Et il faut ajouter que deux pays européens seront aux manettes du Conseil de sécurité au printemps. Le Luxembourg et la Lituanie (en février et en mars).

Voir cet article sur mon site : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/defense-ue-droit-doctrine-politique/2014-des-crises-a-tous-les-tournants.html

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