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Publié par Patrice Cardot

Le paysage de la gouvernance économique internationale est fragmenté autour de trois grands types d’institutions, qui ne parviennent guère à converger tant ils répondent à des principes différents : représentation démocratique, efficacité, capacité d’impulsion politique.

Remises en question aujourd’hui pour des raisons d’efficacité et de légitimité, ces organisations sont toutes engagées à l’heure actuelle dans des réformes ou des évolutions qui font débat avec, au cœur des discussions, la question des équilibres à trouver entre légitimité et représentativité, responsabilité et souveraineté, coopération et partenariat, efficience et efficacité. 

Conçu à la sortie de la Seconde guerre mondiale par ses vainqueurs pour relever les défis de l’époque, le système international a globalement peu évolué en dépit de profonds bouleversements politiques, économiques et démographiques. Il reste marqué, notamment, par le dualisme : « Institutions de Bretton Woods (IBW) » et « système des Nations Unies (NU) », mais repose en réalité sur un triangle :

▪ le système de type quasi-censitaire des Institutions de Bretton Woods (FMI, Banque Mondiale), où les droits de vote dépendent du poids économique des pays,

▪ le système de type démocratie classique, égalitaire et universel des Nations Unies dans lequel chaque pays dispose d’une voix,

▪ le système de type « clubs » de pays auto-constitués sans vocation universelle mais à prétention universaliste eu égard aux sujets qu’ils traitent, où dominent le G8, le G20 et l’OCDE.

On distingue ainsi un ensemble d’institutions à la gouvernance universelle et égalitaire mais qui, en raison d’un mode de fonctionnement dont l’efficacité est parfois contestable tant elle reste entravée par des postures politiques et leur fonction tribunicienne, peinent à affirmer leur prééminence dans le domaine économique et social : il s’agit du système des Nations Unies, et en particulier de l’Ecosoc, dominé par le G77.

Un autre groupe d’institutions repose sur une gouvernance que l’on pourrait qualifier, schématiquement, d’universelle mais « quasi censitaire » : ce sont les institutions financières internationales (IFI), et, en particulier, les institutions de Bretton Woods, qui se caractérisent par une plus grande efficacité opérationnelle que celle des institutions du système des Nations Unies, et qui sont dominées par les pays du G7 (lesquels représentent par exemple près de 43 % des voix au FMI) ;

Enfin un groupe de « clubs » auto-institués, tels que le G8, le G20, l’OCDE ou le Club de Paris, se caractérise par une composition plus restreinte et un fonctionnement reposant sur le consensus et une communauté d’esprit (« like-minded »). Ces structures jouent un rôle d’impulsion politique majeur dans les questions de gouvernance et de régulation économique (normes). C’est dans ce groupe qu’il convient de faire apparaître la Communauté européenne, et demain, l’Union européenne.

Il ne s’agit là que d’une catégorisation en idéaux types simplificatrice : l’OMC, par exemple, ressortissant à la fois au système des Nations Unies, par sa gouvernance égalitaire, et aux institutions de Bretton Woods dont elle se rapproche par son mode de fonctionnement en accordant une place prépondérante à un nombre limité d’acteurs.

 

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