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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 14:44

Cet article a pour objectif de faire connaitre le philosophe libéral américain John Rawls à partir d'un article intitulé "Le voile d'ignorance" qui lui a été consacré par Luc de Brabandere et Stanislas Deprez sur le site lalibre.be (http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/428359/le-voile-d-ignorance.html), et dont voici les principaux éléments.

" John Rawls naît le 21 février 1921 à Baltimore, aux Etats-Unis. Enrôlé comme soldat pendant la Seconde guerre mondiale, il est marqué par la catastrophe de la bombe atomique à Hiroshima. Il quitte alors l'armée et passe un doctorat de philosophie morale à l'université de Princeton, où il devient professeur. Il enseigne ensuite à Oxford, à Cornell, au MIT et enfin à Harvard, où il restera jusqu'à la fin de sa carrière. Dans les années 1960, il mûrit le projet d'un livre qui paraît en 1971 sous le titre de "Théorie de la justice". L'ouvrage est une révélation, au point d'être le traité de philosophie le plus lu du XXe siècle. Rawls y renouvelle complètement la philosophie politique. On lui doit aussi notamment "La Loi des peuples" (1995), une théorie sur la justice internationale. John Rawls meurt le 24 novembre 2002.

Dans sa "Théorie de la justice", Rawls veut fonder une morale sociale qui équilibre la liberté de chacun et la solidarité entre tous. Avec les libéraux et contre les utilitaristes, il refuse la soumission des individus au groupe, à la loi du plus grand nombre. Mais contre les libéraux, il soutient que la liberté individuelle ne dispense pas de s'occuper de ses concitoyens. En outre, Rawls ne se contente pas de déterminer ce qui est juste dans telle société donnée. A la suite de Kant, il veut établir les fondements de toute société qui cherche à être juste. Pour cela, Rawls énonce deux principes [qui s'apparentent quelque peu aux principes économiques de Maurice ALLAIS] :

1. Toute personne a un droit égal à l'ensemble le plus étendu de libertés fondamentales égales qui soit compatible avec un ensemble de libertés pour tous. Ce "principe de liberté" stipule qu'il faut augmenter le plus possible les libertés de chacun, la seule limite étant que la liberté d'une personne entraîne la perte de liberté de quelqu'un d'autre. Ce principe est essentiel, mais il ne peut suffire à faire une société juste, car en pratique, toutes les sociétés engendrent des inégalités. Pour Rawls, celles-ci sont même une bonne chose, à condition qu'elles favorisent l'équité. D'où le second principe.


2. Les inégalités sociales et économiques doivent satisfaire deux conditions : elles doivent être (a) au plus grand bénéfice des membres les moins avantagés de la société ; et (b) attachées à des fonctions et positions ouvertes à tous dans des conditions d'égalité équitable des chances. Par ce "principe de différence", Rawls affirme que les inégalités doivent être au service des plus pauvres et que toutes les fonctions (poste de travail, fonction politique...) doivent être ouvertes à tous (à compétences égales).

Prenons un exemple. Un chef d'entreprise souhaite engager un informaticien. Or, il se trouve que son fils est justement programmeur. Le patron peut-il engager son fils sans autre procédure ? Non, car il ne respecterait pas l'égalité des chances de tous. Pour être juste, il doit faire un appel d'offre et engager l'informaticien le plus compétent. Et si deux candidats sont aussi bons l'un que l'autre, le premier étant sans travail et le second ayant déjà un emploi ? L'employeur doit engager celui qui est le moins avantagé par la société, c'est-à-dire celui qui est chômeur.


Ces principes peuvent paraître très rigoristes, voire inapplicables en réalité. Ils paraissent aussi restreindre fortement la liberté de choix des individus. Pourquoi un patron n'aurait-il pas le droit d'engager son fils dans sa propre entreprise ?


Pour faire saisir son idée de la justice, Rawls imagine une fiction : des individus, libres et égaux, doivent inventer les principes selon lesquels ils vont vivre ensemble. Ils peuvent choisir n'importe quel système mais sans savoir quelle place ils y occuperont (c'est ce que Rawls nomme la fiction du voile d'ignorance). S'ils décident que la moitié d'entre eux seront les esclaves des autres, ils se donnent une chance sur deux d'être maîtres, mais aussi une chance sur deux d'être serviteurs. Ils peuvent décider d'être tous rigoureusement égaux, mais peut-être entreront-ils dans la société avec un handicap physique, qui ne leur permettra pas de subvenir seuls à leurs besoins. Avec ce voile d'ignorance, Rawls soutient que chacun cherchera à se protéger du pire et voudra donc limiter la liberté individuelle par des règles favorisant la solidarité et l'aide aux moins avantagés. Soit précisément ce que Rawls propose avec ses deux principes. "

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commentaires

presi 02/12/2014 10:53

Ces deux principes rawlsien soient indispensables pour la bonne marche d'une société.

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