Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 12:18

Comment se porte la jeunesse du monde ? Quelles sont ses valeurs, ses aspirations, ses peurs, ses identités ? Voit-on les choses de la même façon selon que l'on habite à Pékin ou Rabat ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles ont tenté de répondre les chercheurs de la Fondation pour l'innovation politique, un groupe de réflexion de tendance libérale dirigé par le politologue Dominique Reynié. Pour ce faire, l'institut TNS Opinion a interrogé 32 700 jeunes de 16 à 29 ans, originaires de vingt-cinq pays.

Une sélection qui se veut représentative mais qui laisse de côté certaines parties du globe : en Afrique ne figurent que le Maroc et l'Afrique du Sud, en Amérique du Sud, le Brésil, et au Moyen-Orient, Israël. De même, les auteurs reconnaissent que l'enquête, réalisée par questionnaire électronique, favorise des catégories de population plus aisées et plus au contact de la globalisation.

Si certaines des conclusions apparaissent comme attendues – le pessimisme légendaire des jeunes Français –, d'autres sont plus surprenantes, comme celles montrant que les jeunes Chinois sont les plus préoccupés par la pollution. D'autres, enfin, sont légèrement anecdotiques, comme la statistique montrant que 27 % des jeunes Indiens rêvent de devenir célèbres.

La jeunesse française entre bonheur privé et peur de l'époque. 83 % des Français se disent satisfaits de leur vie, un chiffre supérieur à la moyenne européenne (78 %). En Europe, seuls les Polonais sont plus satisfaits (85 %). Dans le monde, seule la jeunesse israélienne (83 %) parvient au niveau de satisfaction de la jeunesse française. De même, les Français sont massivement satisfaits de leur temps libre (73 %), de leurs amis (79 %), de leur santé (83 %) ou de leur famille (85 %). Lorsque l'on demande aux Français ce qui correspond le plus, pour eux, à une vie satisfaisante, ce ne sont pas "gagner beaucoup d'argent" (14 %) ni "se sentir libre" (18 %) qui arrivent en tête, mais "fonder une famille" – 47 %, soit un chiffre très supérieur à la moyenne européenne et que ne dépassent ou n'égalent dans le monde que les Polonais, les Estoniens, les Russes ou les Marocains.

Le décor change brutalement lorsqu'il s'agit non plus d'évaluer sa propre situation mais celle du pays tout entier : 25 % seulement des jeunes Français estiment satisfaisante la situation de leur pays et 47 % se disent satisfaits de l'époque dans laquelle ils vivent, contre 55 % des Européens. En écho à cette dissociation entre inquiétude publique et bonheur privé, c'est la famille (à 88 %) qui supplante la nationalité (63 %) dans l'identité personnelle des jeunes Français.

A peine un Français sur deux (53 %) juge son avenir personnel prometteur, contre 61 % pour la jeunesse européenne. Seules les jeunesses grecque et japonaise (43 %), hongroise (49 %), italienne et espagnole (50 %) sont moins optimistes. Et lorsqu'on interroge les Français sur le fait de savoir si l'avenir de leur pays est prometteur, ils sont 75 % à répondre par la négative. On peut comparer les 17 % de Français qui pensent que l'avenir de leur pays est prometteur avec le chiffre des Chinois (82 %) ou des Indiens (83 %).

L'optimisme des jeunes.

L'optimisme des jeunes.Fondapol

Les jeunes Chinois champions de la mondialisation. La jeunesse du monde est optimiste, voire très optimiste, à l'égard de la mondialisation : 91 % des Chinois considèrent qu'elle est une opportunité, une opinion que partagent 81 % des Brésiliens, 71 % des Américains et 69 % des Espagnols. En revanche, un jeune Grec sur deux y voit une menace, de même que 47 % des Français. Les jeunesses marocaine et turque sont les seules des pays en développement qui restent partagées sur la question : 49 % y voient une opportunité.

La globalisation vue par la jeunesse du monde.

La globalisation vue par la jeunesse du monde.Fondapol

Les Chinois jugent aussi l'avenir de leur pays prometteur (82 %), loin devant les Américains (37 %) ; ils pensent (84 %) que leur pays va jouer un rôle plus important dans l'avenir. Les Chinois se disent certains d'avoir un bon travail dans l'avenir (85 %, contre 76 % pour les Américains) ; ils sont fiers des riches de leur pays (57 %, contre 31 % des Américains) ; interrogés sur ce qu'ils souhaitent le plus accomplir dans les quinze prochaines années, ils répondent vouloir "gagner beaucoup d'argent" (64 %, contre 53 % chez les Américains), acquérir une maison ou un appartement (63 %, contre 55 % pour les Américains) et créer une entreprise (40 %, contre 17 % chez les Américains).

En Europe, la menace du chômage n'empêche pas l'optimisme. Loin d'être déprimés par la menace du chômage, les jeunes se déclarent massivement (70 %) certains d'avoir un "bon travail" dans l'avenir. A l'exception notable des Japonais (32 %), la jeunesse des pays développés hors d'Europe se révèle presque aussi optimiste que celle des grands pays émergents. Les Européens sont moins confiants, notamment les Grecs ou les Français dont moins de la moitié (respectivement 43 % et 49 %) imagine pouvoir trouver un "bon travail". Le niveau de rémunération est le facteur le plus souvent cité par les jeunes dans la quasi-totalité des pays pour qualifier un bon travail.

La religion et le groupe ethnique peu présents dans l'identité des jeunes. Lorsque l'on demande aux jeunes de dire quelle dimension collective est importante pour leur identité, l'humanité (81 %) arrive devant la nationalité (70 %), le groupe ethnique (53 %) ou la religion (43 %), souvent réputés compter davantage.

La nationalité est plus importante pour les jeunes Israéliens (85 %) ou les jeunes Marocains (87 %) que pour les jeunes Européens (66 %), les jeunes Japonais (54 %) ou Français (63 %). Pour 75 % des jeunes Marocains, le groupe ethnique joue un rôle important dans leur identité, contre 45 % au sein de la jeunesse européenne et 61 % parmi la jeunesse turque. Il en va de même pour la religion (92 %, contre 35 % pour les Européens et 74 % pour les Turcs).

La place centrale de la famille. Partout, les relations familiales sont jugées précieuses. Au point le plus haut, 98 % des Indiens estiment qu'il est important de passer des moments avec sa famille, contre 79 % des Japonais, ce qui constitue le point le plus bas. L'importance des liens familiaux se retrouve dans la place que les jeunes accordent à la famille dans la construction de leur identité personnelle : 95 % des Indiens, contre 73 % des Japonais, lui reconnaissent à ce titre un rôle important.

Non seulement les jeunes accordent une grande importance à la famille en général, mais ils sont aussi satisfaits de leur propre famille : 85 % des Européens, 87 % des Américains et 90 % des Indiens interrogés le disent. La jeunesse japonaise, encore une fois, se distingue par un taux de satisfaction moins élevé (69 %). Toutes les jeunesses regardent la famille comme le fondement de la société : 94 % des Chinois, 89 % des Estoniens, 70 % des Français ou 65 % des Suédois.

Les Européens peu portés sur la religion. La religion compte dans l'identité personnelle de 92 % des Marocains, 74 % des Turcs et des Sud-Africains, 66 % des Indiens. A l'inverse, seuls 35 % des Européens, 30 % des Chinois et 28 % des Russes accordent de l'importance à la religion dans leur identité. En Europe, les plus attachés à la religion sont les Polonais (55 %) et les Roumains (57 %). Les moins attachés sont les Français (21 %) et les Suédois (26 %).

44 % des Européens estiment toutefois que l'on devrait accorder plus de place aux "valeurs spirituelles" dans la société. Par contraste, 89 % des Chinois partagent cette opinion, mais aussi 88 % des Russes, 84 % des Marocains, 81 % des Turcs, 80 % des Sud-Africains, 75 % des Indiens, 72 % des Mexicains, 71 % des Brésiliens et 56 % des Américains. Parmi les jeunesses d'Europe, les différences sont importantes. Ce sont les Français et les Allemands qui sont les moins nombreux à vouloir accorder plus de place aux valeurs spirituelles (31 %).

L'engagement religieux des jeunes.

L'engagement religieux des jeunes.Fondapol

Les jeunes des pays émergents ont confiance dans leurs gouvernements. Alors que 71 % des Chinois et des Indiens expriment leur confiance dans leur gouvernement, le scepticisme domine la jeunesse européenne, au sein de laquelle seuls les Suédois se disent majoritairement confiants dans leur gouvernement (51 %). Les Marocains et les Israéliens témoignent également d'un fort sentiment de confiance à l'égard de leur gouvernement (60 %). A l'autre extrémité, on trouve les Mexicains (14 %), les Français (17 %), les Espagnols et les Italiens (20 %). Les médias ne sont pas mieux lotis : 28 % des Européens leur font confiance.

Niveau de confiance dans les institutions.

Niveau de confiance dans les institutions.Fondapol

Malgré une forte défiance à l'égard des institutions et du personnel politique, les jeunes restent attachés à la procédure qui constitue le cœur du système démocratique : 81 % des jeunes pensent que voter est un devoir. Ce score très élevé se retrouve partout dans le monde, l'Inde voyant sa jeunesse se placer en tête sur la question du devoir citoyen (94 %), suivie par les jeunesses turque (92 %) et mexicaine (90 %).

Partout, l'armée recueille la confiance d'au moins 40 % des jeunes, à l'exception des Japonais (36 %). Les Russes (41 %) et les Allemands (43 %) manifestent une confiance relativement faible à l'égard de leurs militaires. En revanche, elle fait un triomphe chez les Indiens (93 %), les Chinois (84 %) ou les Israéliens (80 %). En Europe, les Finlandais et les Britanniques (67 %) sont les jeunesses qui ont le plus confiance dans leur armée.

...

Pour la suite de cet article : http://www.lemonde.fr/international/article/2011/01/21/a-quoi-reve-la-jeunesse-mondiale_1468116_3210.html

Méthodologie de l'étude

L'enquête "2011, la jeunesse du monde" a été conçue par la Fondation pour l'innovation politique. Sa réalisation a été confiée au groupe TNS Opinion qui a interrogé 32 714 personnes sur la base d'échantillons nationaux comprenant 1 000 individus âgés de 16 à 29 ans, ainsi qu'un échantillon supplémentaire par pays de 300 individus âgés de 30 à 50 ans. Le questionnaire a été administré dans 25 pays et dans chacune des langues nationales, soit 20 langues au total. Il comportait 242 questions. La collecte des données a été effectuée dans un intervalle de cinq semaines afin de neutraliser les effets de conjoncture (entre le 16 juin et le 22 juillet 2010). La méthode des quotas d'âge, de genre et de lieu d'habitation a été utilisée.

Les vingt-cinq pays concernés sont les suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Chine, Espagne, Estonie, Etats-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Inde, Israël, Italie, Japon, Maroc, Mexique, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Suède, Turquie.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

Recherche

Catégories