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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 13:04

Le ministre du Redressement productif n'a pas ménagé les effets de manche, dans une grande plaidoirie pour moins de concurrence dans les télécoms, ciblant indirectement Free.

Il est des cérémonies de vœux moins ennuyeuses que les autres. Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, s'est chargé, vendredi soir, d'animer la dernière de cette saison, celle des vœux de la Fédération française des télécoms (FFT). Très en verbe, le ministre a ciblé ses attaques, avec en première ligne l'Autorité de la concurrence et celle de régulation des télécoms (Arcep).

Arnaud Montebourg a vite donné le «la» de son discours en expliquant être pour «l'ordonnancement de la France des télécoms». Il assimile «le régulateur européen à la cavalerie américaine qui arrive quand tout le monde s'est fait scalper». Voilà pour l'Europe. Le ministre s'est ensuite attaqué aux «Comités Théodule, qui font office d'autorités indépendantes. Elles ne peuvent être chargées de la politique économique qui relève de la puissance publique, et elles ne peuvent pas devenir irresponsables. Ce n'est pas à elles de dire ce qui est bon ou mauvais dans le secteur des télécoms». Seules autorités épargnées par les foudres ministérielles, la Cnil (la Commission nationale de l'informatique et des libertés) et le CSA (le conseil supérieur de l'audiovisuel), chargées de protéger «la liberté les droits fondamentaux».

Réformer l'Arcep, réduire ses pouvoirs, la remettre à sa place

Reprenant de plus belle sa charge, Arnaud Montebourg a déclaré que «nos concitoyens demandent de l'État, pas des autorités indépendantes qui disent le droit. Ils ne veulent pas qu'on applique des règles, ils veulent qu'on fasse des choix». Avant d'ajouter, de manière théâtrale: il faut «réformer l'Arcep, réduire ses pouvoirs, la remettre à sa place». Les intéressés apprécieront.

Le ministre a justifié ses positions par la nécessité faite aux opérateurs d'investir dans les déploiements de la fibre pour offrir l'Internet fixe à très haut débit à tous les Français. Un chantier chiffré à 30 milliards d'euros, sachant qu'un premier rendez-vous d'étape a été fixé: apporter la fibre à 60% de la population française dans les dix ans. Pour cela, il faut des moyens financiers. Des moyens menacés, selon le ministre, par «une guerre des prix aussi irresponsable que destructrice».

«Vous, vous êtes nommé, moi je suis élu. Qui a raison? Forcément moi!»

Bien décidé à porter l'estocade à l'Arcep et à l'Autorité de la concurrence, Arnaud Montebourg a déclaré: «La concurrence, ce n'est pas une politique, c'est l'absence de politique.» Il s'est déclaré en faveur des ententes entre concurrents pour gagner des marchés, surtout à l'exportation. Pour lever toute ambiguïté, il relate: «Lorsque je reçois l'Autorité de la concurrence, je leur dis: vous, vous êtes contre les ententes, moi, je les organise. Vous, vous êtes nommé, moi, je suis élu. Qui a raison? Forcément moi!»

Son objectif est de lutter contre «la balkanisation et le morcellement des opérateurs». Sa crainte étant de voir les mastodontes américains et chinois du secteur «venir faire leur shopping dans le grand désordre des lilliputiens qui s'engueulent sur la place publique». Comme quoi, agiter un chiffon rouge reste une arme d'actualité. Pour illustrer son propos, il relève que l'Allemagne «est passée à trois opérateurs. La France ne doit pas être soumise à la conjoncture, il faut une évolution ordonnée». Il en a profité pour saluer l'accord de mutualisation passé entre Bouygues et SFR et dont la signature a été annoncée quelques minutes avant le début de son discours. Arnaud Montebourg l'a qualifié de «prometteur pour consolider le retour du secteur aux bénéfices».

Négocier la fin de l'itinérance Free/Orange en 2014

Après avoir salué deux bons élèves, place au «mauvais»: Free. Jamais cité, le groupe de Xavier Niel est clairement ciblé. Le ministre en a appelé à la fin de l'itinérance de Free par Orange pour la 3G. «La fin de l'itinérance est une issue logique au principe selon lequel chaque opérateur doit investir pour disposer d'infrastructures lui permettant de proposer ses offres de manière autonome. Les facilités qui avaient été octroyées pour introduire plus de concurrence dans le marché avaient été données comme transitoires, le moment est donc venu d'ouvrir la fin de cette période transitoire d'itinérance. 2014 doit être l'année de négociation de la fin de l'itinérance par les opérateurs.» Bien sûr, pas question de brusquer les choses, il faut une «sortie progressive et anticipée». Ce qui laisse le temps aux intéressés de négocier, tandis que le contrat d'itinérance court jusqu'en janvier 2018. Une sortie est envisageable en janvier 2015, mais elle serait alors assortie de pénalités financières. C'est peut-être sur ce point que devront porter les négociations, les intéressés n'ont toutefois pas souhaité réagir.

Source : http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2014/02/02/01007-20140202ARTFIG00107-arnaud-montebourg-pourfendeur-des-autorites-de-regulation-et-de-free.php

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