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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:03

Alors que de fortes incertitudes pèsent sur l'avenir politique des pays traversés par les "printemps arabes", alors que la situation se détériore au Proche Orient, alors que le Sahel et l'Afrique subsahélienne ont plus que jamais besoin d'un Maroc solidement ancré dans le camp des modérés, et alors même que ce pays dont la diplomatie n'a cessé d'oeuvrer à la création de conditions favorables à un renouveau des relations internationales (n'oub!ions pas le rôle majeur joué par Hassan II et sa diplomatie dans les phases les plus constructives du processus de paix au Proche Orient, ou encore que c'est à Marrakech en 1993 que fut décidée la création de l'OMC) vient d'être élue pour deux ans à compter du 1er janvier 2012 membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, le Maroc ne peut pas être abandonné sur le bord du chemin. Et encore moins trahi !

Le Maroc constitue au sud de la Méditerranée le pays le plus stable et le partenaire le plus fiable de l'Union européenne sur les registres politique et économique, quand bien même il traverse lui aussi une crise politique, économique et sociale majeure.

Lorsque l'Union européenne a souhaité réhausser le statut du Maroc au travers d'un partenariat privilégié comme elle l'a également fait à l'égard de l'Etat d'Israël, c'était naturellement après avoir pris toute la mesure de l'intérêt d'un tel réhaussement pour l'ensemble des parties à ces accords stratégiques.

Ne l'oublions pas !

Or que constate-t-on dans la réalité ?

Peu à peu se développe au sein des institutions européennes, et plus précisément, du Parlement européen, une posture idéologique qui participe à fragiliser la relation privilégiée entre l'Union européenne et le Royaume du Maroc.

Inspirée, alimentée et entretenue par des parlementaires et des fonctionnaires européens qui semblent guidés par une volonté de nuir à cette relation, cette crise politique larvée se manifeste en particulier par des tentatives de blocage de la mise en oeuvre des accords UE-Maroc conclus dans les domaines de la l'agriculture et de la pêche (cf. à cet égard Les accords de libre échange agricoles Maroc-Europe vus du sud, par Ahmed Azirar (Fenêtre sur l'Europe) ), ainsi que par des allégations aventureuses à l'égard des responsabilités marocaines dans les drames qui ont affectés au cours des derniers mois le Sahara occidental.

Aussi est-il indispensable que cessent ces manoeuvres qui visent à discréditer le Maroc au sein du Parlement européen et à rendre inapplicables les accords agricole et de pêche conclus avec ce pays par l'Union (voir à cet égard  http://www.fenetreeurope.com/php/page.php?section=chroniques&id=850 )!

Ce n'est ni de déclarations de principes ni de discours lénifiants dont cette relation privilégiée à besoin ! Mais bien, comme le propose la France (cf. «La France souhaite accompagner les grandes réformes structurelles engagées par le Royaume du Maroc»), d'un partenariat réellement stratégique qui apporte au Maroc des réponses structurelles à la multitude de défis endogènes et exogènes auxquels il est et sera confronté.

Antonio Vitorino, le Président de Notre Europe, souligne la nécessité de développer une nouvelle vision politique, tirant les leçons du passé, mais aussi de mettre en place des politiques complémentaires pour soutenir les économies et les sociétés civiles (cf.  The EU and the Arab Spring: a vision for our neighbours (Tribune by António Vitorino published on the occasion of his intervention at the Conference organised by ECFR in Warsaw on 9 November 2011) - en anglais seulement).

Pourquoi l'Union européenne n'offrirait-elle pas dès 2014 un cadre stratégique commun propice à des initiatives appropriées à la nature profonde des réformes qui restent à mener dans ce pays, sur le modèle de celui proposé pour l'Union par 4 Commissaires européens (cf. Quatre commissaires européens recommandent la création d'un cadre stratégique commun post-2013 s'appliquant à une série de fonds européens - nouvelle édition - ) ?

C'est d'abord celà qu'attend une population marocaine qui se sent abandonnée par cette Europe à laquelle ses enfants rêvent encore !

Et c'est de celà que l'Union pour la Méditerranée comme l'Union du Maghreb Arabe ont le plus grand besoin ! 

S'employer à mettre à mal par des comportements erratiques une relation privilégiée que tout concourt à inciter à renforcer procède de l'irresponsabilité politique la plus insalubre à l'égard d'un Etat souveraine qui a choisi en toute liberté d'être le plus fidèle ami, partenaire et allié des Etats occidentaux comme l'atteste son engagement à leurs côtés dans les Balkans et à l'égard du dossier lybien !

 

Voir également :

 * "Après les printemps arabes, priorité Maghreb" (Note n°15 du groupe Orion / Fondation Jean Jaurès)

 * Les promesses du codéveloppement

 * Exposition "Le Maroc et l'Europe : six siècles dans le regard de l'autre" (Hotel de ville de Paris)

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