Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par De la Boisserie

La lutte contre la piraterie maritime est devenue en quelques années, avec la lutte contre le terrorisme et la lutte contre les armes de destruction massive, le nouvel alpha et omega de la sécurité internationale.

Outre la question des coûts financiers importants qu'occasionnent les différentes opérations engagées par l'Otan et par l'UE pour faire face à une flambée de l'activité de piraterie dans certaines régions du monde où ces trois fléaux contemporains prospèrent à la faveur des jeux et enjeux attachés aux rivalités internationales, régionales et nationales, une autre question mérite qu'on s'y attarde un peu, ici ou là : celle des ressorts en même temps que des effets de cette recrudescence de la piraterie maritime, activité criminelle qui mêle de manière confuse terrorisme, criminalité organisée, renseignement, etc.

Que constate-t-on factuellement ?

1 - Les assureurs des flottes marchandes qui transitent par les régions soumises à cette piraterie maritime en constante évolution ont réévalué le montant des primes d'assurance contractées par les très nombreux armateurs concernés.

2 - La plupart des marines occidentales auxquelles se sont jointes quelques marines orientales mobilisent une partie importante de leur flotte pour participer aux opérations dédiées à la lutte contre une piraterie maritime menée avec des moyens dont les coûts sont particulièrement disproportionnés par rapport aux coûts supportés par les premières, à un moment où les budgets de la défense de ces mêmes Etats sont soumis à des pressions exceptionnellement fortes qui contraignent à faire des choix drastiques en matière d'acquisition, notamment. Ces mêmes marines ont dû modifier leur propre doctrine d'emploi de la composante de leur flotte qu'elles dédient à ces opérations, opérations qui se tiennent loin de leurs propres côtes.

3 - Les doctrines de défense des pays et organisations impliqués dans la lutte contre cette piraterie maritime cèdent peu à peu la place à des doctrines plus globales de sécurité (qu'il s'agisse de sécurité internationale, de sécurité régionale - notamment européenne - ou de sécurité nationale) ; cette évolution se traduit déjà et se traduira inéluctablement par une révision profonde des politiques d'acquisition en équipements dé sécurité et de défense afin de couvrir l'ensemble des fonctions stratégiques attachées aux différents segments du continuum sécurité-défense.

4 - De nouvelles coalitions ad hoc opèrent qui associent des partenaires nouveaux, rompant ainsi avec la logique d'affrontement des blocs qui prévalaient encore il y a quelques années.

5 - Eu égard au vide juridique existant jusqu'ici en la matière, le droit international est tenu d'évoluer de manière à tenir compte des spécificités introduites par cette forme d'insécurité internationale. Cette activité normative mobilise nombre de juristes et diplomates occupés jusqu'ici au réglement d'autres dossiers importants, en même temps qu'elle inaugure un nouveau champ de l'activité de régulation par le droit des relations internationales.

6 - La localisation géographique de ces activités de piraterie maritime coîncide avec les zones de tension et de fracture les plus exigeantes en matière de sécurité internationale, qu'il s'agisse de la lutte contre le terrorisme international, de la lutte contre les armes de destruction massive, ou de la maitrise des milieux dont l'intérêt stratégique et/ou économique est crucial.

Sur la simple base de ce constat sommaire, il ressort très clairement que le dossier de la piraterie internationale mérite bien plus qu'une analyse rapide de ses ressorts, de ses déterminants et de ses effets.

Beaucoup de choses s'y jouent aujourd'hui qui détermineront, tout au moins en partie, les futurs équilibres du monde en matière de relations internationales et de sécurité.

A suivre !

 

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article