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Publié par De La Boisserie

"Aujourd'hui, nous disons clairement que les choix et les aspirations du peuple tunisien doivent être entendus." Dans la première interview qu'il consacre aux dossiers de défense, le nouveau ministre Alain Juppé confirme, dans Le Monde, le virage sur l'aile opéré depuis quarante-huit heures par l'exécutif français face au soulèvement populaire en Tunisie et au départ du président Ben Ali, soutenu jusqu'au bout par Paris.
 " Pour tous, Européens et Américains, la Tunisie connaissait un développement économique important et avait toutes les apparences de la stabilité politique. Une classe moyenne émergeait, le statut de la femme s'améliorait, un effort important était porté sur l'éducation. Sans doute avons-nous sous-estimé le degré d'exaspération de l'opinion publique face à un régime policier et dictatorial ", précise M. Juppé.

Partenariats, mutualisation des moyens : sur tous les sujets, le ministre insiste sur le fait que la France ne peut plus agir seule. Le ministre réfute tout " virage stratégique " face au terrorisme au Sahel.

"Une coopération bilatérale" au Tchad

 Il refuse de parler de guerre, après l'intervention militaire française qui a échoué, au Mali, à libérer les deux otages français enlevés par Al-Qaida pour le Maghreb islamique (AQMI). " La France entend donner le signal de sa détermination pour décourager les actes de terrorisme ", admet-il cependant. Mais elle " ne doit pas mener seule cette bataille, qui concerne d'abord les pays de la région ". Les obsèques de Vincent Delory et Antoine de Léocour se sont tenues en présence du président Nicolas Sarkozy lundi 17 janvier à Lincelles (Nord).

M. Juppé évoque plus globalement les partenariats de la France en Afrique, et annonce une évolution de l'opération Epervier au Tchad vers " une coopération bilatérale ".

"Accentuer nos efforts" en Afghanistan

Au regard de la situation en Afghanistan, il convient qu'il faudra " accentuer nos efforts " pour tenir le calendrier, fixé à 2014, d'un transfert par l'OTAN de la sécurité du pays aux forces nationales.

Il appelle à une relance de la politique européenne de sécurité commune, mais regrette, à ce sujet, que la haute représentante de l'Union, Catherine Ashton, n'ait pas encore donné suite à l'initiative menée avec l'Allemagne et la Pologne à ce sujet : " Nous n'avons pas de réponse. Nous en attendons une. "

Il affirme enfin que la réforme en cours des armées sera pour lui " une priorité en 2011 " : " je veux qu'on aille plus loin dans le domaine de la concertation, sujet difficile dans les armées ", annonce-t-il à cette occasion.


Lire l'intégralité de l'entretien exclusif avec Alain Juppé sur la défense française dans l'édition Abonnés du site et dans Le Monde daté mercredi 19 janvier .

 

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