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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:42

Selon l'institut de sondage Ifop, qui a suivi l'évolution de l'engagement européen des Français vis-à-vis de l'Union européenne, c'est le clivage entre les hommes et les femmes qui est le plus frappant.

C'est le résultat le plus étonnant de ce sondage qui reconstitue les ondulations du sentiment européen depuis le référendum sur le traité de Maastricht, en septembre 1992. L'Ifop a comparé les intentions de vote des partisans et des adversaires de l'intégration européenne au moment de la création de la monnaie unique puis à l'occasion du référendum sur la Constitution européenne, en mai 2005, et enfin récemment, par sondage, entre septembre et décembre. Si le pourcentage de Français favorables à « davantage d'intégration » s'est inversé en vingt ans, passant de 51 % en 1992 à 45 % en 2005 et 47 % aujourd'hui, c'est le contraste entre l'opinion des hommes et des femmes qui est le plus saisissant : «  Alors que les femmes avaient voté majoritairement "oui" à Maastricht (53 %), leur adhésion à plus d'intégration a reculé en 2005 (47 %) et semble avoir encore perdu du terrain depuis, avec un score de 41 %  » en 2011, note l'Ifop. Les hommes, de leur côté, plébiscitent aujourd'hui l'Europe à 55 %, après avoir affiché des chiffres moins élevés que ceux des femmes en 1992 (49 %) et en 2005 (43 %).

« Puissant décrochage »

«  Ce puissant décrochage dans l'électorat féminin renvoie sans doute à une méfiance et à une déception à l'égard de la construction européenne, perçue comme en lien avec la dégradation de leurs conditions de vie  », expliquent les analystes de l'Ifop, qui rappellent qu'en novembre, 38 % des femmes se disaient favorables à un retour au franc, contre 26 % des hommes. Elles étaient aussi plus opposées que les hommes (68 % contre 59 %) au soutien financier à la Grèce.

On retrouve le même phénomène de ciseaux dans le champ politique entre l'UMP et le PS. Les sympathisants UMP constituent aujourd'hui le deuxième électorat «  le plus en soutien  » d'une Europe plus intégrée (57 %), après celui du Modem, alors qu'à l'époque de Maastricht, seuls 30 % des sympathisants RPR avaient voté « oui ». L'électorat socialiste, lui,qui avait voté massivement pour la monnaie unique en 1992 (76 %), se montre aujourd'hui moins enthousiaste envers l'Union européenne (53 %). Cette étude comparée apporte encore deux enseignements : majoritairement proeuropéens en 1992, les jeunes de 18 à 34 ans ont « décroché » en 2005 et restent apparemment pleins de doute. Enfin, la progression du « non » dans les classes moyennes, déjà enregistrée en 2005, se poursuit en 2011, les professions intermédiaires ayant désormais majoritairement basculé dans le camp du « non », ce qui n'était pas le cas en 2005.


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