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Publié par ERASME

Plusieurs dossiers rythment actuellement l'action extérieure de l'Union européenne. Hier, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a rencontré Islam Karimov, président de l’Ouzbékistan, lors d'une "tentative inédite d’amorcer un dialogue avec le leader autoritaire qui est au pouvoir depuis 1990 et qui se trouve accusé de graves violations des droits de l’Homme" [Euractiv.com]. Epinglée par Human right Watch, qui l'accuse de faire "une grave erreur en misant sur la persuasion en coulisses et non sur la condamnation publique pour amener les régimes répressifs, comme celui de la Chine, à cesser de violer les droits de l'homme" [Le Monde], la diplomatie européenne l’est aussi par Jean Quatremer qui dénonce "l'honneur perdu de Barroso". Dans son blog Coulisses de Bruxelles, le journaliste ironise en affirmant que c'est le mois des dictatures pour Barroso, "puisque la semaine dernière il s'est aussi rendu en Azerbaïdjan et au Turkménistan, autres charmantes contrées". Le quotidien belge De Standaard, traduit par Presseurop, porte lui aussi un sévère jugement sur la diplomatie européenne, affirmant que "lorsqu’elle a affaire à des dictateurs, l’Europe applique deux poids, deux mesures : prompte à sanctionner le biélorusse Loukachenko, nettement plus conciliante avec l’ouzbek Karimov, comme jadis avec Ben Ali". Pour rappel, c'est essentiellement pour parler de coopération énergétique que l'UE a accueilli Islam Karimov [Euronews]. Face aux évènements tendus de ces derniers jours en Albanie, la Commission incarne un rôle plus conforme aux valeurs qu'elle entend porter. Elle s'est effectivement déclarée "favorable au principe d'une 'enquête commune' en Albanie, rassemblant gouvernement et opposition" [Le Monde]. Une vague de protestations inspirée de la révolution du "jasmin" a désormais atteint l’Albanie, membre des Nations unies et candidate à l’UE. Le 22 janvier dernier, le Premier ministre Sali Berisha avait violemment critiqué l’opposition pour ce qu’il avait appelé une révolte de "style tunisien". "C'est aux Albanais eux-mêmes, gouvernement et opposition, de dégager des priorités" a rétorqué une porte-parole de la Commission, Natasha Butler, rappelant que l'Albanie était un "pays candidat potentiel" à l'UE. Elle a souligné aussi que l'adhésion ne pouvait se faire que sur des "principes très clairs". Le pays traverse depuis les législatives de 2009 une crise politique, "la plus longue du pays depuis la chute du régime communiste au début des années 1990" rappelle Le Monde. Enfin les bouleversements en Tunisie infléchissent eux aussi la politique extérieure de l'UE, qui a décidé d'apporter son soutien à l'émergence de la démocratie tunisienne. Ce virage se traduit par la volonté de l'UE d’augmenter l'aide qu'elle a programmée en faveur de la Tunisie pour les trois années à venir dans le domaine économique. Elle attend cependant "que la situation se stabilise avant de pouvoir agir", nuance Le Figaro. 240 millions d'euros seraient prévus pour la période 2011-2013, qui seront fournis dans le cadre de soutiens à moyen terme pour la Tunisie. De son côté, le Président français a indiqué que la France appuierait auprès de l’UE l’accès de la Tunisie à un "statut avancé", un projet qui avait déjà lieu à la fin de l'ère Ben Ali. "Réservé aux 16 pays concernés par la politique européenne de voisinage, ce statut permet à un Etat d’avoir des relations très étroites avec l’Union européenne. Outre la facilitation des échanges commerciaux, il rend possible l’organisation de sommets réguliers avec l’UE ou la participation à quelques agences communautaires", explique Euractiv.fr.


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