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Publié par De La Boisserie

Le ministre de la défense Gérard Longuet - qui a reçu mercredi 12 octobre son homologue britannique Liam Fox - ne cache pas ses préoccupations quant à la coopération entre les deux pays en matière de drone. On sait que les deux pays projettent de s'équiper ensemble d'un drone Male à la fin de la décennie et que BAe et Dassault propose leur Télémos.
Devant les députés de la commission de la Défense, le ministre a rappelé que "les Britanniques sont déterminés à fixer avec nous les capacités et les objectifs du drone MALE de long terme. Mais nous aimerions leur faire comprendre que si nous arrivons à un accord de définition de produit, nous pourrions, dans le respect des directives européennes, ouvrir une négociation qui ne soit pas un appel d’offres mondial. Nous devons les convaincre que, dans notre conception du long terme, nous voulons avoir des fournisseurs européens en partant de ceux qui sont aujourd’hui les plus impliqués, ce qui nous garantirait avec sécurité la continuité de l’évolution du dispositif. Au contraire, un appel d’offres mondial pourrait nous conduire à sélectionner des fournisseurs performants sur l’instant et absents au rendez-vous en période d’évolution des fournitures ou de réparation. Il faut inciter les Britanniques à partager notre conception de la politique industrielle. Nous devrions y parvenir".
Relisons bien ce texte : "Nous aimerions leur faire comprendre", "Nous devons les convaincre". En bon Français, cela veut dire qu'il existe un désaccord entre Londres et Paris sur le sujet. Les Britanniques sont d'accord pour définir un besoin commun avec les Français - un groupe de militaires y travaille - mais c'est ensuite que cela se complique. En bons libre-échangistes, plus en tout cas le le libéral Longuet, les Britanniques veulent lancer un appel d'offres mondial. Cela signifie que les Américains (ou les Israéliens) pourraient emporter le marché...
Les Français plaident, eux, pour un accord direct entre les deux ministères de la défense et les deux industriels (BAe et Dassault). La partie est d'autant plus compliquée que les Britanniques sont divisés entre la Défense, certains militaires très atlantistes et leur ministère des Finances...
Lors du salon du Bourget, en juin dernier, Gérard Longuet avait déjà dû mettre de l'eau dans son vin. A la veille de l'ouverture, il annonçait dans Air et Cosmos que le projet de drone Télémos allait être lancé durant le salon. Or, à la surprise générale, le président de la République n'en toucha mot dans son discours. Les Britanniques étaient passé par là...
Il faut esperer qu'ils soient pleinement au rendez-vous lors du sommet franco-britannique de décembre prochain. C'est à cette occasion que les deux gouvernements doivent lancer les études de faisabilité du drone Télémos... avec les financements nécessaires, soit 25 millions d'euros pour chaque pays.
Même réduite à deux partenaires, pourtant alliés comme ils le sont depuis les accords de Lancaster House de novembre 2010, l'Europe de la défense avance toujours aussi cahin-caha...
 


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