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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 11:19

Lors d'un débat au Sénat, l'ensemble des partis a émis de vives critiques à l'encontre du Partenariat Transatlantique en négociation avec les Etats-Unis. Le gouvernement tente de défendre les atouts de l'accord. (cf. La fronde des sénateurs français contre les négociations transatlantiques (Euractiv.fr))

Ce fort tropisme atlantique de ce gouvernement, qui fait écho et prolonge celui de la majorité précédente sous l'inspiration tonique de son leader charismatique d'alors ...., est désormais plus visible que jamais avec la position radicale exposée publiquement par le président de la République, sous l'empire d'une diplomatie toute acquise à cette réorientation stratégique majeure de la politique étrangère et de sécurité de la France !    

Mais comment un gouvernement dont les principaux membres sont élus dans des territoires dont les économies, la géographie et l'histoire les lient étroitement aux pays anglo-saxons les plus belligènes de la sphère dite 'occidentale', à savoir les Etats-Unis et le Royaume-Uni, aurait-il pu laisser penser une seule seconde que sa conception - superficielle - des relations internationales n'exigeat pas de la France qu'elle s'alignat sur les principaux acteurs occidentaux des jeux et lutte de puissance sur les mers au cours de l'histoire contemporaine !    

Outre le Premier ministre dont la carrière politique doit tant à cette belle ville de Nantes dont le passé témoigne de son ancrage dans une économie maritime toute entièrement orientée vers le commerce maritime et des intérêts faisant fi de considérations éthiques, qui n'a pas remarqué que le ministre des affaires étrangères et européennes, ancien Premier ministre lui-même, entretient avec l'ouest atlantique - et la Manche - ces mêmes rapports historiques que l'agglomération de Rouen a su établir au cours de sa longue histoire ?    

Qui n'a pas remarqué l'empressement à nommer à la tête de la diplomatie européenne quotidienne dès la composition du gouvernement Ayrault le député-maire de Cherbourg, devenu depuis ministre du Budget ?    

Qui n'a pas remarqué l'ancrage très atlantique du ministre de la Défense, ancien député-maire de Lorient, ancien président de la Région Bretagne et, plus encore ... de l'association européenne des régions périphériques atlantiques ?    

Qui n'a pas remarqué, dans ce même champ d'activités, la nomination à la tête de la commission de la défense de l'Assemblée nationale, de la députée de Brest ?    

Qui n'a pas remarqué en outre la nomination à la tête du ministère important des transports, de la mer et de la pêche du sénateur-maire de Dunkerque ?       

Qui n'a pas remarqué la place restreinte réservée à des représentants d'autres régions françaises nettement moins en prises avec un tropisme atlantique historique, et notamment des régions de l'Est de la France dont l'histoire, la géographie, l'économie et l'avenir sont naturellement liés au destin d'une autre France, et même d'une autre Europe, nettement plus continentale !    

Qui n'a pas remarqué non plus les liens particulièrement forts qu'entretiennent les leaders politiques des partis dits de gouvernement avec la Méditerranée, une Méditerranée moins greco-romaine que sémitique (au sens le plus large et le plus riche de ce terme noble) !

Et j'en passe, et des moins visibles !    

Comment, dans ces conditions aurions-nous pu imaginer un seul instant une autre politique étrangère et de sécurité de la part d'un exécutif auquel la Constitution livre sans ambage, et surtout sans entrave, la responsabilité exclusive de la décision de l'emploi de la force armée quand bon il le juge nécessaire ? Car si rien dans la Constitution en vigueur n'oblige l'exécutif à recourir à un vote  préalable du Parlement pour engager militairement la France dans une crise grave (cf. La faiblesse du débat sur la politique étrangère en France, par Michel Roche ainsi que Pouvoirs constitutionnels du Parlement français en matière d'intervention extérieure ) à la différence des principales démocraties libérales (y compris aux Etats-Unis et au Royaume-Uni), rien n'y est inscrit relativement à la Sécurité nationale et son organisation au sein de l'Etat ... et celà semble ne soucier personne ..... dans la classe politique et la haute administration de l'Etat s'entend, naturellement ! (cf. à cet égard Intégrer la Sécurité nationale dans la Constitution de la Vème République : un enjeu important de la prochaine réforme de la Constitution )    

Les Français ont plus que jamais le sentiment de ne pas être considéré et traité en citoyen détenteur premier de la souveraineté nationale !    

Seule une toute autre Constitution peut concourir à changer une telle donne !    

Bien évidemment, dès lors qu'ils sont parvenus au pouvoir suprême, il ne vient jamais à l'esprit du président de la République et de son entourage - officiel .... et officieux (souvent plus efficace !!) - de lancer une réforme réellement ambitieuse de la Constitution ! Je veux dire une réforme profonde qui adapte l'Etat aux nouvelles réalités du monde et de l'Europe et qui réponde aux aspirations nouvelles de souveraineté des peuples dont la capacité à comprendre les enjeux majeurs et à formuler des réponses collectives robustes à leur égard est désormais au moins équivalente, technologie aidant, à celle de ces élites politiques et technocratiques confortablement installées dans leurs institutions et leurs statuts protecteurs ..... !    

L'urgence est à la restauration de l'efficacité - et dont de la crédibilité - de l'action de l'Etat et de ses institutions en regard des intérêts essentiels de la nation française et de ses aspirations les plus légitimes !    

Voir également :

 * Des traités !  

 * Retour sur images : Pourquoi il faut s'opposer à une France atlantiste, par Hubert Védrine (Le Monde - mars 2009) 

 * Jusqu'à quel niveau d'intégration l'agenda transatlantique nous entraînera-t-il, sans aucun débat démocratique ?

 * De l'intérêt général     

 *  " Servir la France '' !  

 * L'Union européenne pourrait-elle enfin faire la démonstration qu'elle dispose d'une véritable vision stratégique ? 

 * Ce dont l'Union européenne a le plus besoin aujourd'hui, c'est d'une vision stratégique de sa véritable place comme acteur global dans le monde  

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