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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 09:57

Le pacte contre le réchauffement climatique conclu dans la nuit en Afrique du Sud englobe pour la première fois tous les pays, s'est félicité la ministre de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Accord dont elle annonçait la forme dans son discours prononcé devant la COP17.

Après deux semaines de discussions et deux nuis blanches de négociation, la conférence sur le climat de Durban a trouvé dimanche à l'aube une issue favorable. Les 190 pays rassemblés en Afrique du Sud ont convenu d'une feuille de route préparant la signature d'un premier accord global en 2015. L'objectif général est de réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre afin que la hausse des températures ne dépasse pas 2°C. Explications de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre française de l'Écologie et du Développement durable.

Pensez-vous que la conférence se termine sur un bon accord? [Lire les vraies réponses de la Ministre aux mêmes questions du Figaro]

France Europe Planète Bleue. - La négociation a été extrêmement longue. À plusieurs reprises, on a failli ne pas aboutir et beaucoup de risques ont été pris avec le calendrier. L'accord intervient en effet plus de 30 heures après la date limite. Enormément de délégués étaient partis, dont un grand nombre des représentants d'Afrique à qui il n'a pas été donné les moyens de changer leurs billets d'avion. Sans l'habileté de la présidence d'Afrique du Sud, il aurait pu y avoir un problème de quorum. Les conditions de négociation ont été particulièrement stressantes pour ceux qui tentaient de faire entendre leur voix.

Les présents ont conclu les accords sur quatre textes. Une fois de plus, l'Union européenne s'est taillée le beau rôle. Mais à quel prix et pour quel résultat ? Notre Ministre considère qu'ils représentent une véritable avancée. Elle est dans son rôle. France Europe Planète Bleue, sans adhérer à toutes les critiques des ONG qui jouent parfois un rôle ambigu, considère que ces accords ne règlent rien.

Quels sont ces accords?

L'Europe et quelques autres pays acceptent une deuxième période pour le protocole de Kyoto. Malheureusement cette option, assez largement issue des discussions discrètes entre les délégations françaises et américaines lors du sommet de Copenhague, est une non décision, le protocole n'ayant aucune force contraignante pour les pollueurs de demain. De plus, il sera décidé ultérieurement si cette période durera jusqu'en 2017 ou jusqu'en 2020.

En échange, la mise en place d'un cadre de négociation pour les 194 pays de l'ONU en vue d'un accord devrait intervenir au plus tard en 2015. Le texte précise qu'il devra entrer en vigueur à compter de 2020. Ce cadre englobe tous les pays. Cette avancée permettra d'engager certes toute la communauté internationale mais elle risque de limiter sérieusement les ambitions affichées !  Cet accord concernera en effet les États-Unis ainsi que  la Chine, l'Inde et le Brésil,  grands états industrialisés d'aujourd'hui ou de demain qui ne sont pas concernés par le protocole de Kyoto. Autant dire que les Etats doivent commencer à privilégier l'adaptation au changement. Aussi les Etats ont plus facilement obtenu un accord sur le fonctionnement du fonds vert qui participera à cet effort pour les pays émergents ou les plus pauvres. Dans le même ordre d'idée, l'agriculture fait son entrée dans cette négociation climat, ce qui constitue en revanche un point important. 

Quels sont les points de déception?

Comme le Giec commence avec peine à le reconnaître, les questions liées au cycle de l'eau sont déterminantes dans le développement du couple infernal "pluie diluvienne-sécheresse", facteur déterminant de l'appauvrissement des terres par le seul fait que l'eau va désormais plus vite du ciel à la terres. L'excès de CO2 encourage ce cycle. Il est loin d'en être la seule cause. Au moment où tous s'accordent enfin sur la réalité du réchauffement et des désordres, un inquiétude sourd sur les vraies causes industrielles des déréglements. Il est clair que cette inquiétude mine les progrès des négociations.

Du coup, les avancées sur le financement du fonds vert sont trop lentes (100 milliards de dollars par an en 2020). En terme de réduction de gaz à effet de serre, le compte n'y est pas. Ce n'est peut-être pas paradoxalement le plus grave. Même si, à la demande de l'Union européenne, il est mentionné dans un des textes que les engagements actuels des pays ne sont pas suffisants au regard des nécessités ! Pour les porte-parole du Giec (IPCC), il faut impérativement infléchir les émissions de gaz à effet de serre avant 2020 pour respecter l'engagement pris à Copenhague en 2009 d'une hausse des températures contenue en dessous de 2°C. Un groupe de travail va se pencher sur cette question. Cela suffit à montrer que cette question n'est plus vraiment prise au sérieux. C'est dommageable, car à nos yeux, la situation est plus grave que le Giec ne la laisse complaisamment apparaître. Les émissions de CO2 ne sont qu'un des aspects du problème. La question du cycle de l'eau - usage des terres, déforestation, destruction des deltas par les grandes métropoles, abandon de la toundra et du pergélisol, etc. - n'est pas près d'être considérée à ce rythme-là !

Ce format de grandes négociations internationales est-il toujours pertinent?

Pour ces questions de climat c'est partout pareil sur la planète: une tonne de CO2 émise en Chine, c'est la même qu'une tonne de CO2 en France. On ne peut donc négocier que globalement. Mettre tout le monde autour de la table a vraiment un sens. En revanche, ce bien commun que représente la répartition de l'eau et de la biodiversité à la surface de la planète - carc'est bien cela qui est en cause EN FAIT derrière la discussio sur le CO2 et les autres gaz à effet dit de serre - ne peut être discuté séparemment des autres grandes questions géostratégiques et financières. Notre organisation, France Europe Planète Bleue - milite pour la convergence des discussions et une réforme du cadre de l'ONU, lequel n'est pas approprié à ces discussions. Nous sommes également pour une gouvernance internationale avec une vraie subsidiarité régionale.

Qu'est-ce qui a fait que cette négociation a finalement abouti?

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet,  la principale ouverture est venue de la Chine, ce qui est assez cohérent avec ses engagements nationaux. Cette avancée est en réalité disctée par ses propres intérêtes à moyen terme. D'où d'ailleurs l'agenda. L'Europe, quasiment éliminée de Copenhague malgré sa prétention, s'est contentée de jouer les mouches du coche. La stratégie de la Chine a donc, NKM a raison sur ce point, fait bouger les États-Unis et a entrainé l'Inde. Ces pays sont dans un jeu d'intelligence concurrentielle. Ne soyons pas naïfs, cela ne prouve rien. Il est dommage qu'à l'instar de la prétendue crise de l'Euro, l'Europe première puissance économique du monde et sans doute la plus vertueuse mais aussi la moins dangereuse pour les futures puissants, ne parviennent pas à accorder les violons de ses intérêts et continuent de nous jouer, peut-être à ses dépends, la mélodie du coq vertueux et moralisateur. A quel prix ? pour quel résultat ?

Note - Les réponses à cette interview virtuelle ont été re-rédigées par Patrice Hernu, président de France Bleue à partir des vraies réponses de NKM à ce vrai-faux questionnaire. si nous soutenons globalement l'action de la Ministre, l'humour n'est pas interdit et nous rendons ainsi hommage à la qualité ce cet exercice de satisfaction malheureusement obligé (vraiment ?)

 

Le communiqué officiel du Ministère suite à Durban

 

Cet article est extrait de la lettre de FRANCE BLEUE

 

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