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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 19:30

Je tiens tout d'abord à féliciter le Président Hollande pour ce Sommet France-Afrique très réussi. Non seulement l'organisation a été impeccable, mais les échanges ont aussi reflété une grande convergence d'opinions sur les principales questions auxquelles nous Européens et Africains devons répondre ensemble.

Avant de continuer, je tiens aussi à souligner combien ce sommet a été marqué et inspiré par ce grand personnage qu’est Nelson Mandela. Il y aura une Afrique avant et après le Président Mandela. Il nous a quittés pour toujours. Il est rentré pour toujours dans l’histoire de l’humanité.

Je salue les percées démocratiques et économiques remarquables que nous avons vues en Afrique ces dernières décennies. Une Afrique nouvelle est née. La détermination qui a permis d’avancer dans ces domaines est aussi présente quand il s’agit d’aborder d’autres défis.

Ces défis concernent tout d'abord la paix et la sécurité. C'est la condition essentielle pour garantir la protection des populations, pour leur permettre de travailler, de se former, de se développer socio-économiquement.

Cela a été dit maintes fois: sans paix, le développement n'est pas possible.

Malheureusement, et la réunion de ces deux derniers jours nous a permis d'en parler utilement, il y a encore des défis sécuritaires importants en Afrique, que ce soit au Mali et au Sahel, en République centrafricaine, au Soudan, dans la Corne de l'Afrique ou les Grands Lacs pour n'en citer que quelques-uns - situations souvent aggravées par la montée de groupes extrémistes.

Je tire toutefois une conclusion très positive de cette rencontre. Jamais auparavant, parmi nos partenaires africains, n'y a-t-il eu une telle conscience et une telle volonté de s'attaquer aux problèmes auxquels ils font face, et de s'unir pour y répondre avec efficacité. Et à cet égard, je salue particulièrement le rôle remarquable joué par l’Union africaine. Cet engagement déterminé, nous l'avons vu par le passé au Darfour et surtout en Somalie.

Nous le constatons aujourd'hui au Mali et en République Centrafricaine.

Et cette volonté africaine est appuyée par la communauté internationale. Je tiens à cet égard à rendre hommage au Président Hollande. L'intervention française en soutien aux forces africaines au Mali a sauvé le pays des dangers de la désintégration et de la guerre civile. Cela a aussi permis d'éviter la déstabilisation de toute la région. Et aujourd'hui, l'intervention française en République centrafricaine est clé. Nous ne pouvons pas laisser des pays, et surtout des hommes, femmes et enfants, tomber victimes de la non-gouvernance, des groupes terroristes ou criminels qui profitent de la faiblesse des structures étatiques. La France démontre ainsi ses relations fortes avec les Etats d'Afrique.

Elle est aussi, souvent, précurseur ou leader des actions européennes.

L’Union européenne poursuivra son soutien déterminé à la stabilisation de la situation en République centrafricaine dans le cadre d’une approche globale, y compris par un apport financier à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique à hauteur de 50 M€. Au total l’Union européenne a mobilisé des ressources financières considérables (800 M€) pour soutenir les opérations africaines de maintien de la paix.

En réponse à cette crise, l'Union européenne, avec ses Etats Membres, a aussi augmenté son aide humanitaire pour la République centrafricaine, afin de renforcer l'accès aux soins de santé, l'aide alimentaire, les interventions de secours, les distributions d'eau potable, les services sanitaires, etc. Et l’Union européenne reste résolue à appuyer les efforts des autorités de transition pour rétablir l’administration et en assurer le fonctionnement régulier et impartial.

L'Union européenne est fortement engagée dans les efforts africains de stabilisation sur le continent, en particulier avec nos missions civiles et militaires. Nous soutenons les Etats africains dans le développement de leurs forces armées et de police, et contribuons à leur formation pour leur permettre d’assurer leur propre sécurité à long terme.

Nous avons déployé à plusieurs reprises des opérations militaires à la demande des Etats africains concernés, par exemple en République Démocratique du Congo, ou bien à la demande des Nations Unies, comme cela a été le cas au Tchad en appui des efforts menés au Darfour et en République centrafricaine même. Il s'agit tout d'abord de la sécurité des pays de la région, sans aucun doute. Mais il s'agit aussi de notre sécurité en Europe.

Hier, devant le Président de la République, devant les Chefs d'Etat Africains, devant le Secrétaire Général des Nations Unies, devant la Présidente de la Commission de l’Union africaine, j'ai eu l'occasion de rappeler et reconfirmer cet engagem

ent européen. Et je tiens ici à souligner le rôle irremplaçable de l’organisation mondiale, sous la direction éclairée de M. Ban Ki-moon, et notre partenariat étroit. Je transmettrai les messages reçus aux Chefs d'Etat et Gouvernement des 28 Etats Membres.

Dans deux semaines, nous aurons au Conseil européen une discussion sur la défense et la sécurité. Cette discussion abordera également la question de comment renforcer la coopération avec nos partenaires internationaux, y compris bien sûr l'Union africaine.

Mais, et on ne le sait que trop bien, la réponse aux crises sécuritaires ne peut être uniquement sécuritaire. Il faut une approche globale, ce que les Anglo-Saxons appellent « a comprehensive approach », qui traite les racines des problèmes.Il faut renforcer nos efforts pour soutenir le développement des pays les moins favorisés et pour lutter contre la pauvreté. Il faut combattre l’extrémisme, le fanatisme et la polarisation violente.

Comme vous le savez l’Union européenne est depuis plusieurs années à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique et nous nous sommes donné des objectifs ambitieux.

Mais, soyons réalistes; pour que les choses bougent réellement, nos seuls efforts au niveau européen – l’Union ne représentant que 11% des émissions globales – n’auront de sens que si nous parvenons à avoir la masse critique et la cohérence indispensable pour convaincre les Etats-Unis et les grandes économie asiatiques de nous suivre sur cette voie.

A partir des résultats de la conférence sur le climat de novembre à Varsovie, nous devons maintenant intensifier notre coopération Afrique-UE afin d’obtenir un nouvel accord contraignant sur le climat lors de la conférence de Paris fin 2015. L’Union Européenne et ses Etats Membres sont le plus grand bailleur de fonds en matière de changement climatique. L’Union Européenne a rempli et même dépassé les promesses de financements qui avaient été faites lors du Sommet de Copenhague en 2009.

C'est ce partenariat entre égaux qui a occupé nos discussions ces deux derniers jours. Les échanges ont été riches et je remercie vivement le Président Hollande d'y avoir associé l'Union européenne. Nous avons fait des pas importants, reflétés dans le communiqué final.

Ceci contribuera de façon significative à la préparation du sommet entre l'Union Européenne et l'Afrique qui se tiendra à Bruxelles en avril prochain.

 

Voir également : Allocution du Président de la République pour l’ouverture du Sommet de l’Elysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique

 

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