Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 10:36

Peut-on être pro-européen et républicain ? Autrement dit, chaque partisan d’une « union sans cesse plus étroite entre les peuples européens » n’a-t-il pas l’ambition, plus ou moins cachée, d’affaiblir la République française ? Si la République est la forme de notre État-Nation, il faut distinguer si on se réfère plus spécifiquement à l’État ou à la Nation.

Plaçons-nous au niveau de l’État. Des structures infra-étatiques existent : communes, intercommunalités, départements et régions. Celles-ci concourent, en théorie, au bon fonctionnement de notre société, et apportent une plus-value par rapport à l’action de l’État, ce qui légitime ce transfert de compétences. On gouverne mieux au plus près, à la condition que les moyens nécessaires soient accordés. Mis à part quelques irréductibles jacobins, plus personne ne remet en cause le principe de la décentralisation. Il s’agit de renforcer la République par une meilleure organisation.

Cependant, à l’heure de la mondialisation, de la libre circulation des personnes, services et marchandises, l’État peut-il encore agir sur des phénomènes européens ou mondiaux ? Que peut faire la France pour lutter contre le réchauffement climatique, les paradis fiscaux ou le dumping fiscal et social ? Aujourd’hui, le «Grand Capital » peut échapper à toute taxation ou presque en se jouant des États dans un jeu de bonneteau géant, au détriment des citoyens. Et les incantations de certains responsables politiques ne changeront pas cette réalité : la France seule ne peut imposer sa volonté à l’Humanité et ce qui se passe ailleurs a forcément un impact chez nous.

Il faut donc une structure supranationale capable d’agir comme super-régulateur, de peser dans les discussions internationales, d’atteindre une masse critique qu’on ne peut contourner pour remettre la finance au service de l’économie et des hommes, afin de mettre un frein à la cupidité obscène de ceux qui rêvent d’un monde où les profits sont privatisés et les pertes nationalisées, les dettes économiques, écologiques, sociales et démocratiques laissées à nos enfants.

L’Union européenne peut être l’instrument de cette régulation espérée. Construire l’Europe des solidarités, c’est retrouver sa souveraineté à travers elle, agir dans l’intérêt des peuples et permettre aux États d’œuvrer conformément au principe de subsidiarité qui vise à privilégier le niveau inférieur d’un pouvoir de décision aussi longtemps que le niveau supérieur ne peut pas agir de manière plus efficace.

Ainsi, décentralisation et européanisation de la vie politique sont les deux faces d’une même pièce qui redonnent du sens à la politique et à l’action publique.

Maintenant, plaçons-nous au niveau de la Nation. On touche ici à quelque chose de plus intime lié à l’identité de chacun. Le climat actuel est mauvais : les immigrés, l’islam, les Roms, etc., menaceraient l’identité d’une Nation fantasmée.
Il faut sortir d’une vision défensive et exclusive de la Nation. Le modèle d’intégration républicain se traduit par une volonté d’arrachement qui permet de fonder une Nation de citoyens égaux et unis parce qu’ils mettent et construisent en commun. La Nation est un ensemble unifié de citoyens, unis par une communauté de va – leurs, fraternité et laïcité en étant les clés de voûte. Personne ne remet donc en cause notre nationalité française. Pour autant, doit-on exclure d’autres aspects de son identité ? On peut très bien assumer plusieurs appartenances sans porter atteinte à sa fibre nationale, être pleinement Français et avoir une identité régionale, bretonne, corse ou autre. On peut aussi revendiquer l’héritage de la nationalité de ses parents. Tout cela ne prive pas du sentiment de faire partie d’une même communauté nationale.

Au contraire, cumuler les sentiments d’appartenance permet de garder l’esprit ouvert à d’autres cultures, de refuser repli sur soi et rejet de l’autre. On peut dès lors être également un citoyen européen et un citoyen du monde sans être moins français. Partageons plus pour fraterniser plus. En effet, n’avons-nous pas, citoyens européens, une volonté commune de vivre dans une économie sociale de marché, soumise au respect des droits de l’homme et garantissant l’État de droit ? N’existe-t-il pas une culture européenne indiscutable ? À quel modèle aspirent les classes moyennes chinoise ou brésilienne si ce n’est le nôtre ?

L’Europe, bien loin de s’opposer à la République, en est l’alliée, le complément et le prolongement indispensable. Dès lors, une conclusion s’impose : les adversaires de l’Europe sont aussi les adversaires de la République.

Fabien Chevalier est Président de Sauvons l’Europe

Cet article a été initialement publié dans Témoignage Chrétien n°3566 du 13 décembre 2013

Source : http://www.sauvonsleurope.eu/leurope-contre-la-republique/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=leurope-contre-la-republique

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

Recherche

Catégories