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Publié par ERASME

Dans un précédent article, déjà ancien (Sécurité internationale : L'Union européenne n'est-elle pas entrain de se laisser entraîner dans une dynamique susceptible d'en briser l'élan ? - nouvelle édition -), Regards-citoyens avait soulevé la question des risques que pouvaient faire peser sur l'Union européenne la fuite en avant que constitue la multiplication des opérations extérieures auxquelles elle, ou plutôt ses Etats membres et leurs " capacités ", prenai(en)t part.

Depuis quelques semaines, alors que son Service d'action extérieure n'en finit pas de se mettre en place, et que la disponibilité des capacités nationales, civiles, civilo-militaires ou militaires indispensables à la réalisation de ses missions en cours continue de poser problème, le Conseil multiplie les annonces relatives à des stratégies en cours de développement pour lui permettre d'intervenir, si le besoin s'en faisait sentir, au Sud-Soudan (cf. Crise au Sud-Soudan ? Les Européens envisagent toutes les options (Bruxelles2.eu)), au Sahel (cf. Catherine Ashton et la Commission européenne préparent une "stratégie" pour le Sahel), en Palestine (cf. L’UE va-t-elle s’impliquer davantage sur les frontières de Gaza ? par Nicolas Gros-Verheyde (Bruxelles2.eu)) ou ailleurs (cf. en particulier à cet égard La politique extérieure de l'Union européenne sur tous les fronts (Toutel'europe.eu) ).

La conflictualité qui est attachée aux impasses de la situation politique en Côte d'Ivoire issues des imbroglios à répétition qui ont accompagné la proclamation des derniers résultats électoraux et les réactions internationales qui l'a suivi, comme les offres de service récurrentes de l'Union européenne pour intervenir au Proche Orient si la situation le recommandait, pourraient encore ajouter à cette nouvelle liste de théâtres d'interventions potentielles.

Que les instances compétences de l'Union européenne s'activent à préparer des opérations en fonction d'analyses géopolitique, géostratégique, sécuritaire, etc. et d'une vision claire de ses objectifs et intérêts stratégiques et de sécurité, c'est naturellement souhaitable.

Mais que le Conseil communique comme il le fait à cet égard en laissant à penser que l'Union se prépare à jouer elle aussi au gendarme du monde sans jamais annoncer de retrait des forces civiles et militaires qu'elle a engagées, et sans jamais entreprendre les évaluations qu'impose l'exigence démocratique d' "accountability", bien que celà accroisse sa prévisibilité, constitue quelquepart une maladresse politique qu'il conviendrait de ne pas reproduire trop souvent si l'on souhaite que les citoyens européens comme ceux, qui hors d'Europe, sont intéressés par ce que fait et dit l'UE, n'y voit pas une tentation néoconservatrice, voir même néocolonialiste, de mauvaise augure.

L'image catastrophique des Etats-Unis, et de leurs alliés les plus serviles, qu'ont produit sur les opinions publiques européennes et internationales leurs dernières épopées guerrières suffit en elle-même pour que l'Union ne s'engage pas dans une démarche qui suscite la comparaison !

Chercher à devenir un acteur (ou une puissance) global(e) ne doit pas conduire l'Union européenne à plagier le seul modèle qui a suscité un véritable consensus de rejet !

Ni à prétendre faire mieux que ne le fait l'OTAN ; Surtout quand, en prime, elle ne dispose absolument pas des ressources financières ni des capacités opérationnelles nécessaires pour jouer les mêmes partitions !

 

 

 

 

 

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