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Publié par De La Boisserie

Les Chinois ainsi que Taïwan revendiquent la souveraineté des îles Diaoyu (Senkaku en japonais), qui sont sous administration japonaise et que les Japonais considèrent comme partie de leur territoire. Sur quelles bases s'appuient leurs revendications ?

Jean-Pierre Cabestan : Les Chinois avancent de nombreux arguments historiques : leur inclusion dans le système de défense côtière de l'Empire, leur mention sur des cartes et, surtout, le don de trois de ces îles par l'impératrice Cixi à l'un de ses herboristes, Sheng Xuanhuai en 1893, c'est-à-dire deux ans avant la prise de possession physique des îlots par les Japonais.

Mais le problème est que les Chinois n'ont jamais occupé les îles Diaoyu. L'édit de Cixi ne constituait qu'une simple "prétention de souveraineté". Ces îles étaient donc, au regard du droit international, une terra nullius ["territoire sans maître"]. Les Japonais, qui étaient très au fait du droit occidental à la fin de l'ère Meiji, l'ont très bien compris. En pleine guerre sino-japonaise, et quelques mois avant le traité de Shimoneseki (1895), ils ont annexé ces îles à la demande.

La position chinoise sur les îles Diaoyu est donc assez faible. Les Japonais les occupent physiquement depuis plus de cent ans. En 1945, les Chinois, quand ils reprirent possession de Taïwan après la défaite nippone, n'ont pas demandé le retour dans leur giron des îles Senkaku, qui seront placées avec Okinawa sous administration américaine jusqu'en 1972. Les Américains les utilisent alors comme champ de tir. Il faudra attendre la fin des années 1960 pour qu'une revendication chinoise et taïwanaise prenne forme.


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Jean-Pierre Cabestan est directeur de recherche au CNRS et auteur de "La Politique internationale de la Chine", sorti en 2010 aux éditions des Presses de Sciences-Po ; il dirige le département de science politique et d'études. 
 
 
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