Le chef de l'Etat a "usé jusqu’à la corde les arguments de peur allant jusqu’à évoquer le risque de rééditer le scenario catastrophe des années trente (…) et prédit donc : ce sera l’austérité ou la guerre", a déploré le Parti socialiste dans un communiqué.

" Il cède aux injonctions de Berlin en faveur d’un nouveau traité européen et de l’adoption de la règle d’or budgétaire avant les élections présidentielles sur le modèle de la constitution allemande ", précise le Parti. 

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a quant à elle accusé le " candidat à la Présidence " d’avoir " essayé d'auto justifier son échec et de trouver les responsables ailleurs ". " Il n'a eu que le mot vérité à la bouche et n'a fait que des fausses promesses et des contre-vérités ", a-t-elle ajouté.

Un monde entre Toulon et Bruxelles 

Pour le président du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, le chef de l'Etat a prononcé " un discours totalement défensif, d'autoamnistie ", conclu " par une envolée tout à fait insupportable puisqu'il dénonce la totalité des effets du traité dont il est l'auteur, celui de Lisbonne ". 

Jean-Michel Baylet a dénoncé pour sa part «le manque de volontarisme politique de Nicolas Sarkozy», estimant que " l’Europe a besoin d’une refondation démocratique et non d’un simple toilettage de ses institutions que l’on sait inefficaces et technocratiques ". 

" Il est nécessaire d’aller au bout de la logique fédérale non seulement pour démocratiser les institutions mais surtout pour doter l’Europe d’une véritable gouvernance économique et budgétaire. Nicolas Sarkozy a fait le choix d’une Europe impuissante et paralysée par les divisions entre Etats ", a-t-il poursuivi. 

Pour Eva Joly, candidate d'Europe-écologie-Les-Verts (EELV) à la présidentielle, il y a " un monde entre les discours d'estrades du président et les réformes qu'il soutient à Bruxelles ". Elle estime par ailleurs que " l'accord qui se dessine entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n'est pas à la hauteur de la crise traversée par l'Europe ".

" Plus de discipline budgétaire en échange d'un peu plus de solidarité : ce sera un coup d'épée dans l'eau si nous n'y ajoutons pas l'harmonisation fiscale et l'approfondissement de la démocratie européenne ", a-t-elle poursuivi. 

Fédéralisme et perte de souveraineté

Le député de l'Essonne et candidat à l'élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, a estimé que le Président " a réalisé l’exploit de dérouler sans ciller un discours souverainiste afin de justifier des mesures fédéralistes et des pertes de souveraineté au profit de l’Union Européenne ". 

Marine Le Pen a évoqué pour sa part " une Europe à la schlag " et déclaré: " Il a fait un constat dramatique, en oubliant qu'il est depuis 5 ans président de la république. Nicolas Sarkozy dit ce soir ‘je n'ai rien pu faire et je vais me soumettre intégralement aux desiderata de cette Europe punitive que réclame l'Allemagne’ ".

"A travers cette crise qui est sans nul doute la plus grave qu'ait connue notre continent depuis les années 30, le président a pris les mesures pour protéger les français et c'est ça qui a permis à notre pays de mieux résister à la crise que d'autres. Mais l'essentiel du message du président est d'avoir expliqué aux français que nous ne sommes pas simplement en train d'affronter une crise, mais nous sommes en train de changer d'époque", a déclaré pour sa part le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé

François Fillon a loué jeudi soir la " franchise ", la lucidité ou encore la " vision " d' " homme d'Etat " de Nicolas Sarkozy, et réaffirmé l'engagement de son gouvernement dans la réduction des déficits, " première pierre de la stratégie de désendettement ". Le Premier ministre a opposé cette attitude aux " fausses solutions " et aux " renoncements qui caractérisent le discours de l'opposition ".

 

Source : http://www.euractiv.fr/classe-politique-francaise-critique-vision-sarkozy-crise-article