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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 14:47

Régulièrement revient sur le devant de l'actualité politique française la double question de la réalité et de l'orientation d'un hypothétique vote juif en France.

A cette double question épineuse, le CRIF a tenu à répondre en février 2012 en affirmant que 'le vote juif n'existait pas' (cf. http://www.crif.org/fr/revuedepresse/le-%C2%ABvote-juif%C2%BB-n%E2%80%99existe-pas)

De son côté, pour Sylvie Strudel, professeur de sciences politiques, chercheur associé au Centre de recherches politiques de Sciences-Po, « il s’agit à la fois d’un fantasme antisémite avec en arrière-pensée l’idée de la “toute-puissance juive ».

« Il n’y a pas un vote juif, mais “des” votes juifs », ajoute Nonna Mayer, directrice de recherche au CNRS (Centre d’études européennes de Sciences-Po). Pour cette spécialiste, cependant, les craintes quant à l’avenir d’Israël, « qui reste un sujet de préoccupation central », l’incertitude actuelle autour de l’avenir du « printemps arabe » et l’inquiétude à propos de la politique nucléaire de l’Iran peuvent motiver ces votes. 

Voir la note du CEVIPOF établi à ce sujet : http://www.cevipof.com/fichier/p_publication/955/publication_pdf_notefourquet.1.pdf

Le quotidien La Croix a consacré un article plus étoffé sur ce sujet dont Regards-citoyens.com reprend ci-dessous quelques éléments majeurs. (Source : Martine de SAUTO / http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Les-hommes-politiques-a-l-ecoute-de-la-communaute-juive-_NG_-2012-02-07-766223)

Le rôle de « lobby pro-israël » du Crif

Le Crif, qui se refuse à donner des consignes de vote, exerce-t-il une influence sur le débat politique ? « L’existence publique du Crif a débuté dans les années 1980, avec la présidence de Théo Klein, qui a lancé le dîner annuel en 1985, rappelle Samuel Ghiles-Meilhac, auteur du livre «  Le Crif » (Robert Laffont). Dès lors, le Crif intervient avec force dans le débat public sur ses thèmes de prédilection : mémoire de la Shoah, combat contre l’antisémitisme, laïcité, défense d’Israël. Dans les années 1990, avec les politiques publiques liées au “devoir de mémoire”, sa légitimité s’est encore accrue. Depuis 2000, le Crif est cependant de plus en plus souvent présenté comme un lobby pro-Israël. Son influence est pourtant relative, comme l’a montré à l’automne dernier le “oui” de la France à l’adhésion des Palestiniens à l’Unesco. » 

Contesté par ceux qui lui reprochent son manque de légitimité et son soutien inconditionnel à Israël, le Crif n’est de toute façon pas le seul interlocuteur des politiques. 

Le Consistoire israélite et le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, ont ainsi rencontré en décembre dernier Nicolas Sarkozy pour évoquer des sujets tels que « la protection de l’abattage rituel, la pérennité de l’éducation juive et les efforts déployés pour une laïcité tolérante », ainsi que « les inquiétudes de la communauté juive face à la montée des extrémismes politiques et identitaires ». 

Les autres voix des juifs de France

D’autres voix se font également entendre. Parmi elles, celle de l’Union des étudiants juifs de France, qui interpelle les candidats sur les sujets concernant les étudiants, mais aussi – associée notamment à SOS Racisme – sur les questions liées à la lutte contre le racisme et les discriminations. 

 « Nous ne défendons aucun parti politique, précise Jonathan Hayoun, président de l’UEJF, mais si le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme, prend le visage d’un candidat, en l’occurrence Marine Le Pen, nous nous mobilisons. » 

Reste une question : existe-t-il un vote juif ? Pour Sylvie Strudel, professeur de sciences politiques, chercheur associé au Centre de recherches politiques de Sciences-Po (1), cette notion relève de la « mythologie sociale ». « Il s’agit à la fois d’un fantasme antisémite avec en arrière-pensée l’idée de la “toute-puissance juive”, souterraine ou affichée, explique-t-elle, et/ou d’un moyen utilisé par certains juifs de conjuguer l’hétérogénéité de la judaïcité française avec l’unité proclamée d’une communauté. » 

La défense d’Israël, seule volonté commune

 « Il n’y a pas un vote juif, mais “des” votes juifs, ajoute Nonna Mayer, directrice de recherche au CNRS (Centre d’études européennes de Sciences-Po). Les juifs ne votent pas de la même manière selon qu’ils habitent Sarcelles, Strasbourg ou Marseille, que leur famille est originaire d’Europe centrale ou d’Afrique du Nord… Le fait d’être juif n’est qu’une dimension de l’identité. Ils peuvent aussi bien voter en fonction de leur feuille de paie ou de la défense de l’environnement, que de leur identité juive. » 

Pour cette spécialiste, cependant, les craintes quant à l’avenir d’Israël, « qui reste un sujet de préoccupation central », l’incertitude actuelle autour de l’avenir du « printemps arabe », l’inquiétude à propos de la politique nucléaire de l’Iran peuvent activer cette identité juive. 

De même, ajoute-t-elle, « la peur d’un islam radical et un sentiment anti-arabe peuvent conduire certains à se détourner de la gauche, perçue comme plus favorable aux immigrés et au multiculturalisme. Voire, pour une minorité, à se laisser séduire par une Marine Le Pen qui, à la différence de son père, se défend de tout antisémitisme et cherche à acquérir une nouvelle respectabilité. » 

(1) Votes juifs. Itinéraires migratoires, religieux et politiques, Paris, Presses de Sciences-Po, 1996.

  

 

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