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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 14:45

Les Français n'ont plus confiance dans la politique, selon une enquête réalisée par le Cevipof et OpinionWay. Députés européens et Union européenne sont les premières cibles de cette défiance

« Cette fois ce n'est plus le baromètre de la confiance, mais de la défiance » a reconnu Pascal Perrineau, directeur du Centre d'études de la vie politique française, en présentant le 5e Baromètre de la confiance politique en France. Une étude qui s’appuie sur un sondage réalisé fin novembre 2013 auprès de 1803 personnes, par l’institut Opinionway.

Ce mouvement de rejet de la chose publique s'est développé comme une lame de fond, progressant systématiquement et régulièrement depuis 2009, date de démarrage de l'enquête.

Pour la première fois, le terme de morosité saute à la bouche des sondés pour qualifier le climat actuel. « Il y une forme de blues de l’opinion, la société se morfond et peine à se projeter dans un futur heureux » constate le directeur du Cevipof, Pascal Perrineau.

L'Union européenne, cible de la défiance

La confiance envers autrui est aussi en chute libre, preuve que la défiance face à la chose politique est symptomatique d’un malaise plus large : seulement 24 % des Français pensent que l’on peut faire confiance à la plupart des gens. Les Français sont globalement sceptiques de tout ce qui les représente, qu’il s’agisse de politiques, de journalistes, d’analystes ou de syndicats.

Parmi les institutions qui les représentent, l’Union européenne leur semble également peu crédible. Si les échelons locaux comme le conseil municipal ou le conseil régional conservent globalement la confiance des électeurs, les autres types de représentation s’effondrent.

Le gouvernement ne remporte que 25 % des suffrages, le président 31 %. L’Union européenne, en qui 42 % des sondés avaient confiance en 2009, chute de 10 points : elle ne convainc plus aujourd’hui que 32 % de la population. Une hiérarchie de la confiance que l’on retrouve à l’évaluation des personnalités politiques : 61 % des Français ont confiance dans le maire de leur commune, mais seulement 25 % dans le premier ministre.

Les députés européens se situent juste au-dessus : ils ne rassemblent que 27 % de la confiance des électeurs, contre 41 % pour les députés nationaux.

Protectionnisme et repli sur soi

« L’érosion est sévère, c’est certain ; est-ce qu’elle peut aller plus bas ? Oui, certainement », affirme le directeur du Cevipof.

Le président Hollande fait consensus contre lui ; non seulement il ne convainc pas, mais il « inquiète » 67 % des Français, soit plus du double qu’en 2011, où il n’inquiétait que 33 % de la population.

Selon le Cevipof, cette défiance généralisée se traduit aussi par un déboussolement qui conduit au durcissement des valeurs. Qui se manifeste par un repli de la nation et une exclusion de l’autre.

Sur le terrain économique, un nombre croissant de Français demandent des mesures protectionnistes, et une majorité écrasante, soit 67 %, pense qu’il y a trop d’étrangers en France. Même la légitimité de la peine de mort est de nouveau questionnée : un Français sur 2 serait pour la rétablir, 30 ans après son abolition.

Les Français estimant que l’appartenance à l’Europe est une bonne chose ne sont plus que 35 %, alors qu’ils étaient encore 47 % en 2009.

« Cela montre l’ampleur de la tâche pour les candidats aux élections européennes ! », conclut Pascal Perrineau.

Une opposition forte, mais...fragile

Parmi les personnalités à qui les Français font confiance, les absents ont toujours tort puisque Nicolas Sarkozy, dont la carrière politique est officiellement entre parenthèses, collecte le maximum de confiance des Français avec une cote de confiance de 36 %, devant Marine Le Pen qui obtient 34 %, Jean-Louis Borloo 23 % et François Bayrou 21 %.

Pascal Perrineau prévient : « Mais attention, l'opposition est forte lorsqu'elle est unifiée ». Ce qui est loin d'être le cas. Les quatre personnalités politiques récoltant le plus de confiance ne collaborent absolument pas pour l'heure en France et il n'est pas question qu'elles le fassent.

CONTEXTE : 

La crise financière puis économique qui frappe l'Europe depuis 2008 entraîne aussi une crise de défiance à l’égard de la classe politique qui favorise la montée des extrêmes. Les partis d'extrême droite et d'extrême gauche ont particulièrement le vent en poupe en France. Pour les européennes, ils devraient rassembler environ un tiers des électeurs, selon les derniers sondages.

L'extrême droite projette notamment de monter un groupe au Parlement européen après les élections, avec d'autres partis nationalistes.

Source : http://www.euractiv.fr/eu-elections-2014/la-defiance-legard-des-politique-news-532721?utm_source=EurActiv%20Newsletter&utm_campaign=710d6c876e-newsletter_dernieres_infos&utm_medium=email&utm_term=0_da6c5d4235-710d6c876e-55414033 

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commentaires

Jean-Guy Giraud 15/01/2014 15:31

Si l'on compare (quantitativement) la politique de communication du Gouvernement à celle de l'UE (cad de la Commission), on est étonné de voir la deuxième demeurer plus "populaire"(32%) que le
premier(25%).

Les français n'entendent parler de l'UE qu'à travers les déclarations des politiques français (et notamment de Mme Le Pen, rarement contredite par les autres politiques) ou des journalistes,
majoritairement peu familiarisés avec les questions européennes.

Les relations de la Commission avec la presse sont gérées par des porte-paroles junior dont la langue de bois s'accompagne d'une attitude condescendante assez irritante. Seuls deux ou trois
commissaires (Rehn, Barnier, Reding) s'efforcent d'expliquer et de justifier personnellement leurs propositions et leurs actions. Le pire exemple étant celui de la HR et du SAE - comme cela est
illustré dans le cadre des négociations avec l'Iran et des crises africaines.

Seule une poignée de parlementaires européens (Mme Goulard, M Lamassoure) s'efforce de franchir ce mur de silence ou de désinformation.
(Ceci qui est exposé brièvement dans la note "2014 : amorcer la réforme de l'Union" à la page 36
).

Ce problème mériterait une analyse plus approfondie par des experts en communication.

La première tâche du futur Président de la Commission devrait être de prendre directement en charge une nouvelle politique de communication professionnelle et décomplexée.

Le pire est que, en période pré-électorale, la Commission s'auto-censure afin de ne pas subir de critiques des gouvernements eurosceptiques (not. le RU). Nous aurons donc un silence radio de
celle-ci pendant le débat pré-électoral, ce qui laissera le champ libre aux à l'"euro-bashing" et à la désinformation. C'est probablement, dans notre société hyper médiatisée, une des principales
raison du risque d'un triomphe abstentionniste et eurosceptique en Mai 2014.

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