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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 21:48
Contexte                 

La Banque centrale européenne a abaissé, en novembre 2013, son taux directeur à 0,25 %, ce qui représente le niveau le plus faible de son histoire. Très inquiète de l'inflation dans la zone euro, la BCE a toujours mené, depuis sa création, une politique monétaire rigoureuse qui a un impact sur le taux de change de la monnaie unique. Alors que les Etats-Unis conduisent une politique monétaire plus laxiste, l'euro a tendance a s'apprécier, ce qui pénalise les exportateurs européens.

Son taux directeur est le taux de refinancement auquel elle prête aux banques de la zone euro.           

Les éléments nouveaux

La Banque centrale européenne tient sa réunion mensuelle jeudi 6 février. Les appels à une politique plus expansionniste se multiplient, notamment en France. 

La Banque centrale européenne (BCE) pourrait jeudi s’engager en terre inconnue, en abaissant son taux de directeur, le taux de refinancement des banques, à 0. C’est ce que prévoient certains experts, alors que l’économie de la zone euro montre des risques déflationnistes. Au mois de janvier, l’inflation a atteint 0,7 %, soit nettement moins que les 2 % visés par la BCE.

Les taux d’intérêt réels sont d’ores et déjà négatifs, puisque le principal taux de la Banque centrale européenne, le repo, à 0,25 %,  est inférieur à l’inflation moyenne constatée dans la zone euro.

Dans ces conditions, les banques qui financent l’économie sont théoriquement poussées à placer leurs liquidités ailleurs qu’à la BCE, donc dans le secteur privé. Si elles le placent à la BCE, elles sont « taxées » : elles se retrouvent contraintes à payer pour déposer de l’argent à la BCE. Seule la prise de risque est donc rémunérée. Le risque le plus faible étant les dettes d’État, puis l’investissement dans l’économie réelle (prêt aux particuliers ou prêts aux entreprises) 

L’euro a montré des signes de faiblesse dans l’attente de la décision de la BCE. Il a notamment touché un plus bas contre le dollar cette semaine, ce qui semble montrer que le marché anticipe une politique de relâchement monétaire.

Un outil à manier avec précaution

Mais pour Ken Dickson directeur des investissements chez Standard Life, l’outil du taux d’intérêt réel doit être manié avec précaution. « Les implications pour une monnaie dont les taux d’intérêts principaux deviennent négatifs sont sérieuses : les investisseurs détenant des euros auront tendance à rechercher une autre monnaie » prévient le spécialiste.

Dans le passé, des taux d’intérêt réels négatifs se sont traduits par une dévaluation de la monnaie, notamment pour le yen dans les années 1990, ou pour la livre sterling depuis 2009.

Mais ce n’est pas toujours le cas. Dans le cas de l’euro, il semble que sa stabilité même représente un certain intérêt pour les investisseurs. Depuis 2010, la monnaie fluctue entre 1,20 et 1,40 dollar sans sortir de cette zone. Et à l’heure où les économies des pays émergents décrochent, l’euro pourrait continuer de faire figure de havre de paix, même avec un taux d’intérêt réel négatif.

Mais de nombreux économistes pensent que la politique monétaire est aujourd'hui la seule façon de lutter contre la déflation qui s'installe un peu partout, Allemagne mise à part, selon Patrick Arthus, le directeur de la recherche de Natixis.

Plaidoyer contre l’euro fort en France

En France, de nombreuses voix estiment que le recul de l’euro est aujourd’hui la seule porte de sortie. C’était le cas d’Arnaud Montebourg à l’automne dernier.

C’est aujourd’hui le cas du Conseil d’Analyse Economique (CAE), qui a présenté aux services du Premier ministre durant le mois de janvier une étude allant dans ce sens : l’euro dans la guerre des monnaies.

Les auteurs estiment que la politique menée aujourd’hui par la BCE n’est pas assez expansionniste, alors que les taux de chômage sont importants, et que le marché du crédit reste très fragmenté notamment pour les PME.

La solution de la baisse des taux n’est pas la seule option envisageable, puisque la BCE peut aussi intervenir sur le marché de la titrisation et du financement des PME par exemple.

Le CAE a évalué l’impact d’une baisse de l’euro de 10 % sur l’économie française, qui aboutirait à une hausse des exportations en dehors de la zone euro, à hauteur de +11 % du PIB. Mais le CAE estime que l’impact  reste ambigu sur les importations de la zone euro. Certes particuliers et entreprises perdraient en pouvoir d’achat. Notamment sur les produits pétroliers. Mais selon le modèle économétrique utilisé par le CAE, le PIB progresserait de 0,6 % sur un an, puis de 1 % après 2 ans.

Les auteurs estiment que l’euro n’est pas aujourd’hui surévalué, mais que la situation économique de la zone plaide pour une politique monétaire plus expansionniste.      

Prochaines étapes : 
  • jeudi 6 février : réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE)
>>Voir sur lesechos.fr, "on est en déflation en zone Euro"

Voir également : Vouloir dévaluer l'euro par rapport au seul dollar est une ineptie ! - nouvelle édition -

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