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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 10:55

Les questions européennes occupent une bonne place dans les nouvelles priorités du président français. Qui compte sur la convergence entre la France et l'Allemagne pour relancer l'Union économique et monétaire.

Très attendue pour des raisons plus people que politiques, la conférence de vœux du président de la République François Hollande mardi 14 janvier s’est avant tout placée sous le signe de la réforme économique du pays. Le président a avancé l’argument de sa vie privée et évoqué une crise de couple pour refuser de répondre à une question concernant sa relation avec l’actrice Julie Gayet, documentée durant la seconde semaine de janvier par le magazine Closer. Il a simplement affirmé qu’il répondrait à la question de la « Première dame » de France d’ici sa visite d’état aux Etats-Unis, en mars prochain. Un sujet qui passionne les foules : sur Twitter, le sigle de la conférence de presse #confPR a été le plus utilisé au monde durant l'évènement.

Un pacte de responsabilité social-démocrate

Il s’est ensuite lancé dans un plaidoyer pour l’emploi et la croissance, au sein duquel l’Europe a pris une bonne place, dans un exercice qualifié par la presse française mercredi de « social-démocrate » plutôt que socialiste.

« J'ai une conviction profonde: si la France veut garder son influence dans le monde (...) alors elle doit impérativement retrouver de la force économique », a affirmé M. Hollande avant de décrire un programme de baisse d’impôts pour les entreprises et de simplification de l’administration française- le nombre de régions par exemple est amené à passé de 22 à 15.

La principale mesure annoncée, qui prend la forme d’un Pacte de responsabilité qui serait noué avec les entreprises, propose de supprimer 30 milliards d’euros de charges liées aux cotisations familiales qui pèsent actuellement sur les entreprises. Un Observatoire des Contrepartie sera chargé de vérifier si, en échange, les entreprises embauchent, notamment des jeunes et de seniors.

Appel à « un véritable gouvernement européen »

Mais au-delà de l’aspect purement français, le président a évoqué les élections européennes en appelant à la formation d’un véritable gouvernement après le suffrage du 25 mai prochain. Il a ainsi évoqué un exécutif européen qui ait des compétences en matière de croissance et d’emploi, et qui soit donc doté de capacités financières qui lui soient propres. Une référence à la capacité de la zone euro de pouvoir émettre des obligations pour financer un programme de relance de l’économique, qui est loin d’être acquis pour l’heure et qui constitue une prolongation logique de l’Union économique et monétaire que le président français souhaite relancer.

«L'avenir de la France c'est l'avenir de l'Europe, et je pourrais retourner la formule» a assuré le président.

Le couple franco-allemand en première ligne

« Les initiatives en Europe doivent être d'abord entre la France et l'Allemagne », a-t-il dit, saluant la décision du gouvernement allemand « d'instaurer un salaire minimum » qui est selon lui « un premier pas ».

Le souhait du président est aussi d’accélérer la coopération entre les deux pays. Quasiment tous les ministères auront un rencontre bilatérale avant le sommet franco-allemand du 19 février prochain, dont les chantiers seront nombreux.

Trois initiatives franco-allemandes principales devraient selon lui permettre de relancer la construction européenne :

  • la convergence sociale et économique des deux pays
  • la collaboration pour la transition énergétique, avec la création d’un champion franco-allemand de l’énergie de type EADS
  • une initiative en matière de défense commune

La convergence sociale et fiscale entre les deux principales économies européennes est un corollaire de l'intégration européenne. En effet les divergences provoquent des décalages de compétitivité qui nuisent à l'économie européenne. La question du salaire minimum est le principal sujet de cette convergence; pour l'heure le dumping social permet à l'Allemagne de gagner des parts de marché et par conséquent d'avoir une balance commerciale largement excédentaire. La convergence fiscale, qui permettrait d'avoir des taux de TVA harmonisés mais aussi des taux d'imposition des sociétés comparables - ils sont aujourd'hui légèrement plus faibles en Allemagne- est un des sujets de la convergence.

Une alliance Siemens-Schneider Electric ?

En matière de transition énergétique, « il faut dépasser l'image de choix divergents, ils ne le sont qu'en apparence » assure une source proche de l'Élysée. L'Allemagne veut réduire la part du nucléaire de 17 % de son énergie à 0, alors que la France veut le ramener à 50 %, ce qui équivaut à réduire la part du nucléaire dans les mêmes proportions selon la présidence française.

En matière d'énergies renouvelables, la question de la gestion des réseaux alors que la production d'énergie est intermittente est commune aux deux pays. La question de l'efficacité énergétique.

Pour créer ce mystérieux champion européen, « on ne procédera pas comme dans les années 60 pour la mise en place d'EADS, mais on peut favoriser des alliances» assure une source proche de l'Elysée.

L'idée d'un rapprochement entre Schneider Electric et Siemens par exemple, qui oeuvrent tous deux sur la question de l'efficacité énergétique pourrait correspondre à ce projet. Dans les matériaux utilisés dans le bâtiment, Saint-Gobain pourrait aussi prétendre à participer au concours de beauté des entreprises européennes les plus performantes.

Un drone de surveillance franco-allemand en projet

En matière de défense, les discussions ont déjà commencé en décembre lors de la visite d'Angela Merkel; elles portent sur une collaboration industrielle désormais organisée par l’UE depuis le sommet du 20 décembre à Bruxelles, qui prévoit des coopérations bilatérales en matière de défense. L'idée de la construction commune d'un drone de surveillance franco-allemand serait dans  tuyaux.

En plus du redémarrage de projets franco-allemand, le président français a continué de défendre bec et ongles un approfondissement de l’intégration européenne, quand bien même la population française affiche une certaine défiance à cet égard.

Ne pas avoir peur de l'Europe

« Il ne faut pas avoir peur de l'Europe il faut plutôt craindre qu'elle s'affaiblisse », a-t-il insisté. « Je ne laisserai pas faire ceux qui veulent en terminer avec l'idée européenne ».

Il a rappelé que les élections européennes revêtaient un réel enjeu démocratique face à la montée des extrêmes, tout en évitant de se prononcer sur les postes des institutions européennes auxquels la France pourrait prétendre.

Le président a simplement « constaté que la candidature du président Schultz était soutenue par le parti socialiste », sans en dire plus. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne le soutiendrait pas, le PS étant avant tout son parti ; mais aucune porte n'est fermée à l'heure actuelle. Le président Hollande devait rencontre Jean-Claude Juncker, candidat pour être chef de file du Parti populaire européen, mercredi 15 janvier.

PROCHAINES ÉTAPES : 

19 février 2014: sommet franco-allemand

Source : 

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