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Publié par Patrice Cardot

Vincent Chriqui, Directeur général du Centre d’analyse stratégique, a rendu public le rapport " Le calcul du risque dans les investissements publics ", en présence de Christian Gollier, Directeur de Toulouse School of Economics, lundi 18 juillet au Centre d’analyse stratégique.

Voir le rapport : cas rapport risque 12juillet 2011 0 cas rapport risque 12juillet 2011 0
La prévention et la gestion des risques sont devenues depuis quelques années des thèmes majeurs du débat public. Cela s’explique notamment par la reconnaissance du principe de précaution : ainsi, de nombreuses incertitudes, qu’elles soient de nature sanitaire, environnementale ou économique, rendent les arbitrages publics plus délicats que naguère.

Comment définir un risque acceptable ou une prévention optimale ? Comment organiser la société pour gérer efficacement les risques ? Quel est en la matière le rôle de l’État ? Ces interrogations sont essentielles non seulement pour comprendre la dimension économique des risques mais aussi, de façon générale, pour élaborer les politiques de prévention. Dans ce contexte, la question de l’évaluation et de la mesure du risque devient centrale.

Un des points sur lesquels la théorie hésite, tandis que la pratique fait encore défaut, tient à la manière opérationnelle de prendre en compte le risque et l’incertitude dans les calculs économiques, en amont de la décision publique.

Comment valoriser les effets attendus de dépenses qui visent à prémunir la collectivité contre des risques ? La réponse serait simple si les dépenses pouvaient garantir la
suppression des risques. Malheureusement, la question ne se pose jamais ainsi, mais plutôt en termes de bilan : quel coût pour quelle diminution des risques ? Ne rien faire serait évidemment condamnable, vouloir supprimer tous les risques entraînerait des coûts prohibitifs. Il s’agit en somme de définir les règles d’une position d’équilibre.

L’approche de l’économiste est ici différente de celles de l’ingénieur, du médecin, du biologiste ou du climatologue, même si elle leur est complémentaire. Elle s’efforce de
répondre à une question : que gagne-t-on collectivement à tel ou tel type d’investissement, et que perd-on à ne pas engager telle ou telle dépense de protection ? Il s’agit bien de mettre en balance des gains possibles ou probables avec des pertes probables, ou improbables mais possibles. Il s’agit de garantir un principe de proportionnalité et de cohérence entre les décisions prises et les enjeux collectifs clairement précisés, de montrer la valeur de l’information qui permet de réviser les jugements, d’éclairer finalement un débat contradictoire favorisant l’analyse des risques et leur acceptabilité sociale.

Élaboré au sein d’un groupe de travail qui réunissait universitaires, praticiens et responsables de différentes administrations, le rapport qui suit est original à plus d’un titre.

Il propose un cadre général, de manière pédagogique, tout en dépassant la simplicité des formules utilisées dans le langage courant sur la gestion du risque, qui masque souvent les enjeux collectifs. Il donne les clés au lecteur et au praticien pour entrer dans une littérature technique, d’un abord difficile.

Il met ensuite en relation la réflexion académique et les pratiques des évaluateurs dans différents secteurs où la question de l’évaluation des investissements se pose pour les pouvoirs publics avec une certaine acuité : l’agriculture, la santé, les transports, l’énergie.

Il montre combien les développements théoriques et les outils calculatoires qui en sont issus, de plus en plus complexes, ne trouvent une réelle efficacité dans la décision publique que s’ils sont pensés et mis en oeuvre dans une gouvernance des études renouvelée et une prise en compte de l’importance stratégique que revêt la production d’une information de qualité.

Il permet ainsi de faciliter et d’harmoniser la mise en pratique des principes et méthodes d’évaluation par les administrations chargées de telles études, dans leurs composantes à la fois économiques, environnementales et sociales. Par ce dialogue instauré entre la recherche universitaire et les attentes des praticiens, ce rapport initie, de manière modeste mais réelle, une démarche qui a pour objectif d’apprivoiser le risque, à défaut de le domestiquer.

 

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Dans le bloc "À savoir", le lecteur trouvera le document intitulé " Risque et calcul socioéconomique ", rédigé par Pierre Féry, ingénieur des Ponts des eaux et des forêts à la Direction générale du Trésor, une approche plus mathématique de la théorie du risque et des concepts qui sont à l'origine du rapport.

 

Pour en savoir plus : http://www.strategie.gouv.fr/node/1193

 
 

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