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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 10:08

A l'occasion du lancement de la nouvelle plateforme de débats du Figaro, Bruno Le Maire publie une tribune sur les défis de la droite, plaidant pour une réforme profonde de la vie politique.

"Le conservatisme est l'ennemi de la droite, l'audace, sa meilleure alliée. Nos faiblesses et nos renoncements après dix ans de pouvoir nous ont fait perdre les élections de 2012. Notre audace nous fera gagner en 2017. Une certaine politique est finie, un certain mode de gouvernement est fini, une certaine manière de décider de tout par la loi est finie, pourtant la France garde en elle une vitalité et une capacité de résistance exceptionnelles. La droite peut-elle demain incarner un espoir? Certainement. Mais la route de la reconstruction sera longue et nous demandera une vraie force de caractère.

Premier pas: le renouveau démocratique. Quand il ne reste plus qu'une poignée de Français pour défendre leurs élus nationaux, mieux vaut que ces élus prennent - vite - les mesures nécessaires pour renouveler la classe politique et redonner confiance dans nos institutions. De la réduction du nombre de parlementaires à la limitation à trois du nombre de mandats nationaux successifs en passant par l'obligation de démission pour les hauts fonctionnaires qui entrent en politique, les idées simples et fortes ne manquent pas. Une seule solution pour les faire adopter: la consultation par référendum du peuple français. Une seule condition: le courage. Tout change en France, sauf la politique, il est temps que la politique change aussi, pour redonner vie à notre démocratie. En faisant résolument ce choix, nous pouvons espérer que nos concitoyens cessent de nous écouter avec une moue distraite et de nous envoyer à la figure cette remarque: «Vous avez tellement promis et si peu tenu, nous nous ne vous écoutons plus.» Pour reconquérir les amoureux déçus de la droite, il ne suffira pas de belles paroles, il faudra des actes. Des actes sur nous-mêmes.

Sur cette base, notre famille politique doit bâtir un nouveau modèle français. Personne en France ne se contentera de nouvelles rustines sur un modèle usé jusqu'à la corde. Sinon, pourquoi ne pas continuer avec la valse-hésitation de François Hollande, qui nous fait danser au-dessus du déclin? La revalorisation de la place des entrepreneurs dans notre contrat social, la redéfinition du rôle et de la place de l'Etat, le rapprochement du monde éducatif et du monde professionnel, le renforcement de la responsabilité individuelle contre la tutelle permanente des pouvoirs publics, ce sont les premiers piliers de ce modèle.

«Et comment? Comment comptez-vous vous y prendre pour mettre en place ce nouveau modèle?» Nous devrons à la fois adopter en urgence absolue les mesures économiques qui libèreront le potentiel productif du pays, et engager des chantiers de long terme, par exemple en matière éducative. On ne gagne pas des batailles idéologiques en un jour, mais en dix ans. Pour passer du vieil objectif de 80% d'une classe d'âge au bac au défi de 100% d'une classe d'âge avec un emploi, nous devrons redéfinir les filières, oublier le collège unique, préciser les orientations, revaloriser les formations en alternance, trouver une mission claire pour nos universités. Ces défis, nous ne les relèverons pas seuls, nous ne les relèverons pas la nuque raide et le regard fermé. La France demande une autorité ferme ; mais autorité ne veut pas dire autoritarisme. La France se gouverne avec les Français, pas contre eux. La droite n'accomplira rien de grand si elle n'adopte pas une pratique différente du pouvoir, qui associe le citoyen, qui lui rend régulièrement des comptes, qui fait preuve de transparence sur les résultats, qui le fait participer à la décision et lui ouvre des voies de recours. La droite ne construira rien de durable si elle ne prend pas la peine de se tourner vers tous les Français, vers ces jeunes qui désespèrent et plient bagage, vers ces enseignants lassés de leurs conditions de travail difficiles et des perspectives de carrière bouchées, vers ces salariés modestes qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts, vers ces immigrés qui veulent être reconnus dans leur respect de la France, vers ces personnes dépendantes qui voudraient finir leur vie chez elles et que la société relègue en silence.

«Mais pourquoi? Pourquoi avancerions-nous dans cette direction?» La politique a besoin de sens. Affirmons nos valeurs. Rappelons que les mots de solidarité, de responsabilité, de famille ou de justice veulent dire quelque chose pour nous. Rappelons que nous croyons à une intégration dans la société par le travail et par les valeurs républicaines. Rappelons que nous croyons dans la possibilité de vivre mieux en France. Nos propositions ne doivent pas être des dogmes: elles doivent donner à chacun le moyen de vivre demain ses aspirations.

Enfin ne laissons pas tomber la grande absente des débats actuels: l'Europe. Il suffit de prononcer le mot pour que chacun réprime difficilement un bâillement d'ennui. Ou un geste de colère. Contre une Europe qui cède et qui se dilue, affirmons donc haut et fort une Europe qui protège nos intérêts économiques, qui se construit en priorité dans le cadre de la zone euro, qui dit clairement non à la Turquie, qui clarifie son organisation politique.

Quoi? Comment? Pourquoi? Trois questions. Trois défis pour la droite. Elle peut relever le gant, si elle pense à demain, plutôt que de rêver à hier, si elle pense un peu moins à elle, et un peu plus à la France."

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