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Publié par Jean Poche

Une fois n'est pas coutume, le Fonds monétaire international se montre très optimiste pour la croissance du Vieux Continent en 2011 et 2012, malgré la crise de la dette dans les pays périphériques de la zone euro.

Ignorant le ralentissement de la production industrielle et une inflation en forte hausse, le Fonds prévoit toujours 2,4 % de croissance pour l'UE cette année, et 1,6 % pour la zone euro en 2011, avant 1,8 % en 2012. Le FMI insiste sur la «forte demande privée» en France, en Allemagne, au Benelux, dans les pays du Nord, et «l'excellente performance» des exportations germaniques et nordiques.

Le FMI se montre également très élogieux à l'égard de la reprise «très robuste» dans les pays d'Europe centrale et orientale, redoutant même un risque de «surchauffe» à l'Est. «Dans l'ensemble, l'Europe - tant occidentale qu'orientale - s'en sort bien et nos projections pour les mois à venir sont même très positives  », estime Antonio Borges, le directeur Europe du FMI, qui présentait hier son rapport à Francfort, au siège de la Banque centrale européenne.

À l'unisson avec les responsables européens, le FMI écarte l'option d'une restructuration de la dette grecque. «La Grèce peut soutenir le poids de sa dette», assure Antonio Borges, contredisant le jugement d'une majorité d'économistes de banque interrogés hier par Reuters.

Premier créancier de la Grèce aux côtés de l'UE, le FMI n'est pas neutre sur la situation financière du pays. Son point de vue n'en reste pas moins instructif, surtout si le Fonds participe à un deuxième sauvetage, comme il le sous-entend. «Leurs dettes sont importantes (350 milliards d'euros en 2011, NDLR) mais leurs actifs aussi», rappelle Antonio Borges.

Patrimoine immobilier et terrien 

Le Fonds évalue à 280 milliards d'euros les actifs, notamment immobiliers, détenus par l'État grec. Ces actifs, qui pourraient servir de collatéraux à de nouveaux prêts internationaux, comprennent les sites construits pour les JO - stades olympiques, marinas, hippodromes -, des terres, des îles ou des plages.

L'État grec reste le premier propriétaire foncier du pays. Intouchables, les biens de l'Église orthodoxe - non séparée de l'État - sont, à eux seuls, évalués à plus 700 milliards d'euros. «Le gouvernement grec dispose d'un portefeuille d'actifs extraordinaire, bien plus important que beaucoup d'autres pays européens», poursuit-il, qui suggère au gouvernement Papandréou de privatiser au-delà des 50 milliards d'euros évoqués. «C'est un processus difficile, il y a des résistances politiques et syndicales», reconnaît l e représentant du FMI, mais la Grèce doit persévérer sur cette voie, afin d'accroître sa «crédibilité» .

Le FMI chiffre la récession en Grèce à - 3 % en 2011. «Un an après le plan de rigueur, c'est toujours le moment le plus dur : le pays subit tous les coûts de l'ajustement sans en voir encore les bénéfices», résume Antonio Borges, qui reste optimiste pour le redressement de la Grèce à long terme.

Seule ombre au tableau : les banques européennes, appelées à se recapitaliser d'urgence pour faire face à un éventuel choc financier sur les dettes d'État.

 

 

 

Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/05/12/04016-20110512ARTFIG00736-le-fmi-jugela-dette-de-la-grece-soutenable.php

 

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