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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 17:49

Edouard Martin, l'ancien leader de la CFDT à Florange sera candidat socialiste aux élections européennes dans l’est de la France. La grande circonscription attire les têtes d’affiches médiatiques, ce qui laisse des eurodéputés dubitatifs.

 

Les élections européennes de mai 2014 promettent d’être animées dans la circonscription du grand Est, où les têtes d’affiche se bousculent. La dernière annonce est venue du parti socialiste (PS) qui s’est offert la candidature du syndicaliste Édouard Martin pour mener sa liste dans l’eurocirconscription de Strasbourg.

Du côté de l’UMP, la tête de liste devrait revenir à l’ancienne ministre Nadine Morano tandis que le Front national a choisi son jeune vice-président, Florian Philippot, pour  mener sa liste.

Le casting médiatique qu’ont opéré les partis politiques relègue toutefois en seconde position certains eurodéputés expérimentés. Chez les socialistes, c’est la présidente de la délégation du PS au Parlement européen Catherine Trautmann  qui se voit privée de son statut de chef de file, tandis qu’à l’UMP, l’eurodéputé sortant et président de la commission défense du Parlement  Arnaud Danjean se voit renvoyé en seconde position sur la liste.

Pour l'eurodéputée Modem, Nathalie Griesbeck, élue depuis 2004 dans la circonscription du Grand Est, la surenchère médiatique ne doit pas éclipser le débat sur l’UE, mais cela « risque d’être difficile » reconnait-elle. « Parmi ces trois candidats, aucun ne connait l’Europe » regrette l’eurodéputé, qui espère se représenter en mai 2014.

« J’aurais préféré voir Catherine Trautmann conduire la tête de liste dans le grand Est car il faut aussi savoir faire ses preuves. La candidature d’Édouard Martin est une très bonne nouvelle, mais l’effet aurait été le même en seconde position sur la liste » explique Gilles Savary, ancien député européen socialiste.

« Il est vrai que M. Martin est aux premières loges dans la défense des travailleurs. Il donne au combat en faveur d’une Europe sociale une vrai crédibilité » détaille Gilles Savary.

Figure emblématique de la lutte ouvrière

Le syndicaliste CFDT s’est en effet imposé en 2012 comme une figure emblématique de la lutte ouvrière lors de son combat contre le géant de la sidérurgie Arcelor-Mittal pour le maintien des hauts-fourneaux du site de Florange en Moselle.

Depuis la sortie de son livre intitulé « Ne lâchons rien » en avril racontant les mois de lutte syndicale, Édouard Martin avait laissé entendre qu’il envisageait qu’une reconversion politique n’était pas impossible.  

Dans la continuité de son combat contre Arcelor Mittal, la nouvelle tête de liste du PS dans le Grand Est a d’ores et déjà annoncé les thèmes qu’il compte porter au cours de son mandat à Strasbourg : politique industrielle et droits sociaux des travailleurs.

 Un programme qui devrait lui permettre de s’imposer dans le débat sur les travailleurs « low cost » qui est devenu un véritable enjeu de la campagne et un thème de prédilection du Front National.

Selon un sondage Ifop pour le Nouvel Observateur publié en octobre,  le parti d'extrême droite était crédité de 24% des voix, soit plus que le parti socialiste ou l’UMP.  Chez les ouvriers, les intentions vote en faveur du FN atteignent presqu’un électeur sur deux.

Un signal fort

« Alors que la classe ouvrière, dont l’opinion est manipulée par les partis antieuropéens, a tendance à prendre l’UE comme bouc-émissaire, l’engagement en faveur de l’Europe d’Édouard Martin est un signal fort », affirme Gilles Savary.

Les réactions politiques ont été nombreuses et virulentes à l’annonce de la candidature du syndicaliste.  Au  Front National, un communiqué publié sur le site du parti, le parti d’extrême droite accuse Édouard Martin d’être un « spécialiste du double jeu » passé de « rebelle, prêt au combat pour la défense des ouvriers » au rôle de « faire-valoir, bien récompensé par le PS pour bons et loyaux services ».

Du côté de l’UMP, la déléguée générale adjointe Valérie Debord, a estimé que le syndicaliste avait échangé «  la lutte des classes pour une lutte des places » et qu’il avait trahi «  les intérêts des salariés et de l’industrie »

« Pour beaucoup en Moselle, en Lorraine et dans l'Est de la France, la décision d'Édouard Martin de rejoindre le Parti Socialiste apparait comme un renoncement idéologique pour ne pas dire un abandon »  a déploré  l'eurodéputée Nathalie Griesbeck. 

 

Prochaines étapes : 
  • 22-25 mai 2014: élections du Parlement européen dans les 28 Etats membres

 

Liens externes

Source : http://www.euractiv.fr/specialreport-food-nutrition-security

 

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