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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 12:10

Lors de son discours sur l'état de l'UE prononcé devant les membres du Parlement européen à Strasbourg ( Discours sur l'état de l’Union 2012, prononcé par José Manuel Durão Barroso, président de la Commission européenne (Strasbourg, 12 septembre 2012)), le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a appelé mercredi 12 septembre 2012 à transformer l'Union européenne en fédération d'Etats-nations moyennant à terme un nouveau traité, un sujet sensible alors que l'opinion se détourne du projet européen.

"Nous devons progresser vers une fédération d'Etats-nations. C'est notre horizon politique", a affirmé le chef de l'exécutif européen lors de son discours sur "l'état de l'Union" au Parlement européen à Strasbourg.

"La création de cette fédération d'Etats-nations exigera au final un nouveau traité", a-t-il souligné, prenant ainsi le risque d'ouvrir une dangereuse boîte de Pandore moins de trois ans seulement après la ratification du traité de Lisbonne et alors que l'opinion européenne, échaudée par la crise, se détourne du projet européen, voire le rejette.

"Une véritable union économique et monétaire en profondeur peut être engagée dans le cadre des traités actuels, mais ne pourra être menée à bien qu'avec un nouveau traité", a aussi expliqué M. Barroso dans un discours d'une quarantaine de minutes en anglais.

Il a justifié le concept de fédération d'Etats-nations --déjà préconisé par l'ancien président de la Commission Jacques Delors au milieu des années 1990-- parce "qu'en ces temps d'anxiété, ce serait une erreur que de laisser les nations en proie au nationalisme et au populisme".

M. Barroso a estimé que l'UE ne pouvait "continuer à résoudre les problèmes européens juste avec des solutions nationales", ce qui a déclenché les foudres des députés eurosceptiques.

"J'ai sous-estimé le fanatisme de M. Barroso", s'est exclamé le chef de file des eurosceptiques, le Britannique Nigel Farage.

Au contraire, le chef de file des Libéraux européens, l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, a encouragé M. Barroso à aller plus loin dans la voie du fédéralisme.

"N'attendez pas le feu vert ou le feu rouge de Paris ou Berlin", a-t-il lancé."Les problèmes ne seront résolus que si nous avons le courage d'avoir cette union fédérale", a-t-il dit.

M. Barroso présentera une "esquisse" de cette nouvelle architecture institutionnelle avant les prochaines élections européennes de 2014, au moment où son propre mandat à la tête de la Commission se terminera.

Cette fédération d'Etats-nations devrait être, selon lui, "une union avec les Etats membres et non contre les Etats membres". Il s'est défendu de vouloir mettre en place un "super Etat" supranational.

Le concept de fédération d'Etats-nations --déjà préconisé par l'ancien président de la Commission Jacques Delors au milieu des années 1990-- est nécessaire parce "qu'en ces temps d'anxiété, ce serait une erreur que de laisser les nations en proie au nationalisme et au populisme", a expliqué M. Barroso.

Il a affirmé que l'UE ne pouvait "continuer à résoudre les problèmes européens juste avec des solutions nationales". "Au XXIe siècle, même les pays européens les plus grands risquent d'apparaître comme des nains face à des pays comme la Chine", a-t-il mis en garde.

"Nous avons besoin d'une authentique union économique fondée sur une union politique", a martelé M. Barroso en réclamant "plus d'unité, plus d'intégration, plus de démocratie".

La chancelière allemande Angela Merkel plaide depuis longtemps pour une révision du traité de Lisbonne pour avancer vers une union monétaire, budgétaire, bancaire mais aussi politique.

En France, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud Belkacem, a expliqué que Paris ne fait pas du "fédéralisme" européen un "tabou" mais préfère "mieux" d'Europe à "plus" d'Europe.

Du côté des propositions concrètes, M. Barroso a avancé l'idée d'une "européanisation" des enjeux des prochaines élections européennes en juin 2014. Les partis politiques européens pourraient y contribuer en désignant à l'avance leur candidat pour la présidence de la Commission européenne, a-t-il dit.

A propos de la crise de la dette, M. Barroso a affirmé que l'Europe ne devait "laisser aucun doute sur l'irréversibilité de l'euro". "Les pays les plus forts ne doivent laisser aucun doute sur leur volonté de faire face ensemble", a-t-il ajouté.

Il a officialisé les propositions du commissaire chargé des services financiers, Michel Barnier, pour la supervision centralisée des 6.000 banques de la zone euro, avec un rôle majeur donné à la Banque centrale européenne (BCE).

"Plus dangereux que le scepticisme des anti-européens est le silence des pro-européens" en ces temps de "crise de confiance" de l'Union européenne, du fait de la crise de l'euro, a insisté M. Barroso.

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