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Publié par ERASME

Le capitalisme contemporain est inefficace, instable et injuste, affirme d'emblée Joseph Stiglitz. Après avoir traité de l'instabilité dans son précédent ouvrage, il s'attaque cette fois-ci à l'injustice. La montée des inégalités sociales n'étant désormais plus contestable, surtout aux Etats-Unis, l'ouvrage s'attache d'abord à en déterminer les causes. La mondialisation y a une lourde part. Elle donne en effet du pouvoir au capital au détriment du travail et accroît les risques d'instabilité : ceux qui y perdent leur travail peuvent ne jamais en retrouver et les gagnants refusent toujours de redistribuer une partie de ce qu'ils gagnent aux perdants, au nom de la compétitivité ("des impôts, vous n'y pensez pas dans ce monde concurrentiel !").

Coût économique et politique

D'autres facteurs sont également à l'oeuvre : la moindre force des syndicats, une gouvernance d'entreprise qui accepte des salaires démesurés, des politiques fiscales en faveur des riches. Et tout cela se combine : ce sont les sociétés les plus égalitaires qui font le plus pour préserver l'équité, les politiques publiques des pays inégalitaires perpétuant la situation.

Or, la montée des inégalités a un coût. Elle nourrit l'instabilité économique : les riches épargnant davantage, quand ils accroissent trop leur part du gâteau, la demande manque ou ne survit qu'au prix d'un endettement déstabilisant ; les riches poussent aux politiques de déréglementation ; ils refusent les investissements publics nécessaires à l'efficacité économique de long terme ; ils bénéficient de rentes qui nuisent à l'efficacité globale.

Mais le coût est aussi politique, avec le recul de la participation électorale, surtout chez les moins bien lotis, la montée du poids de l'argent dans la politique et la capacité des riches à mener une bataille idéologique pour faire passer leurs intérêts particuliers pour l'intérêt général.

Planche de salut

La bonne nouvelle, affirme Stiglitz, c'est que la politique économique peut jouer un rôle pour réduire les inégalités. Il faut une politique budgétaire orientée vers la promotion de l'investissement public, taxer la pollution plus que le travail, augmenter les impôts sur les riches. Il faut en finir avec la soi-disant indépendance des banques centrales : les sortir du giron public les a mises aux bottes des intérêts privés. L'ouvrage se termine avec une trentaine de propositions pour arrêter la montée d'une société divisée, "le cauchemar vers lequel nous marchons lentement". Peut-on l'éviter ? "Aujourd'hui, cet espoir vacille", conclut un Stiglitz de plus en plus pessimiste au fil des ans.

Christian Chavagneux
Alternatives Economiques n° 316 - septembre 2012

Le prix de l'inégalité, par Joseph E. Stiglitz
Les liens qui libèrent, 2012, 540 p., 23 euros.   

   
 

 

 
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