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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 13:54

Dans une étude publiée ce mercredi 5 février 2014, l'association caritative souligne une inégalité territoriale dans la gestion de la pauvreté. Un constat qui s'appuie sur une étude auprès d’une centaine de villes de 10000 habitants en région parisienne.

« L’argent va à l’argent, la pauvreté va à la pauvreté » résume l'association après cette étude menée par ses bénévoles, à partir des données sociales collectées auprès d’une centaine de municipalités de plus de 10 000 habitants en Ile-de-France. Selon les conclusions, les inégalités entre communes n’ont jamais été aussi marquées en région parisienne. Près de 80% des communes concernées n'ont pas de place d'hébergement pour les plus pauvres. Le Secours catholique s'inquiète d'un phénomène de "ghettoïsation".

L'association a mené cette enquête au cours du dernier trimestre de l'année 2013, envoyant à 210 communes franciliennes, hors Paris, un questionnaire sur la politique sociale qui y est menée. L'enquête concerne entre autres la domiciliation, l'hébergement et le logement.  Les conclusions font apparaître des disparités préoccupantes entre les communes dans la prise en compte de la pauvreté et de son traitement. Les communes les plus riches ont ainsi tendance à abandonner ces sujets, les laissant aux villes déjà en prise avec la misère. Dans les Yvelines, par exemple, les centres d’accueil qui donnent temporairement un toit aux demandeurs d’asile sont à Sartrouville, à Chanteloup-les-Vignes, aux Mureaux, à Porchevile ou à Trappes,  villes les plus pauvres du département.
 

Le droit au logement opposable toujours à la peine 

L'accès au logement social est dans une "situation catastrophique" : 85% des communes interrogées ont moins de 10% de logements "très" sociaux, destinés aux personnes en très grande difficulté. 76% de ces communes  n’ont aucune place d’hébergement à proposer, alors même que la loi fait obligation aux villes de plus de 10 000 habitants de proposer au moins 1 hébergement pour 2000 personnes.

Dans le même temps, le taux de relogement DALO (droit au logement opposable) ne cesse de se dégrader en Ile-de-France. Ce relogement ne concerne aujourd’hui, selon le comité, qu’un peu plus de 30% des personnes ayant exercé un recours alors qu’il était de 79% cinq ans plus tôt. 36 900 ménages reconnus prioritaires DALO (soit 75% du total national) restent en attente de relogement, et ce, depuis des années pour certains d’entre eux. 

Ce constat s’applique également à « la domiciliation », qui permet aux personnes sans domicile fixe d’avoir une adresse pur accéder à leurs droits, à leur citoyenneté et recevoir leur courrier administratif. Selon l’enquête, 14% des villes admettent ne pas pratiquer la domiciliation, ce qui est illégal. La part de personnes domiciliées, dans les communes qui en proposent, peut passer de 0,02% à 4.5%, selon les villes, soit un rapport de 1 à 200. En outre, seules 24% des mairies domicilient les demandeurs d’asile. L’enquête affirme que «  certaines communes imposent de tels critères de sélection que la domiciliation proposée ne s’adresse qu’à des personnes déjà intégrées et logées ».

Autre fait alarmant : l’étude révèle que près de la moitié des communes , 48,5%, ne font aucune analyse des besoins sociaux (ABS) de leur population, alors que ce diagnostic est obligatoire depuis 1995.

Un constat qui conduit le Secours catholique à lancer un appel aux politiques pour un rééquilibrage des inégalités territoriales.

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