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Publié par ERASME

Prévu par le Traité de Lisbonne, le Service européen d'action extérieure est l'occasion d'un bras de fer entre les Etats membres de l'UE et le Parlement. Les premiers voient ce nouveau corps diplomatique comme un instrument de coordination de leurs politiques étrangères tandis que le second insiste sur la dimension communautaire de ses compétences. L'Allemand Elmar Brok (Parti populaire européen) explique où en sont les négociations et à quoi doit servir ce nouvel organe.

Le Service européen d'action extérieure (SEAE) soutiendra la Haute représentante pour la politique extérieure de l'Union européenne, ainsi que le Conseil, représentant les Etats membres. Elmar Brok est co-rapporteur sur le sujet avec le Belge Guy Verhofstadt (Alliance des démocrates et des libéraux). L'état des négociations a été abordé lors de diverses réunions au Parlement européen la semaine dernière.


Madame Ashton a rencontré de nombreuses difficultés depuis son entrée en fonction. En quoi le Service européen d'action extérieure pourra-t-il l'aider dans son travail ?

Elmar Brok : Le Service d'action extérieure devra soutenir la Haute représentante / vice-présidente de la Commission européenne. Madame Ashton doit assumer trois rôles : commissaire européenne en charge de l'action extérieure, présidente du Conseil des ministres des affaires étrangères (représentants leurs Etats, ndlr) et Haute représentante, le rôle de Javier Solana auparavant. C'est pour cela qu'elle a besoin de soutien, notamment pour coordonner ces différents domaines.


A quoi ce nouveau service diplomatique devra-t-il ressembler ? Quel en est l'enjeu et pourquoi les négociations avec les Etats et la Commission sont-elles si difficiles ?

EB : C'est dû à la combinaison de deux bases légales différentes. La politique étrangère et de sécurité commune est gérée de façon intergouvernementale. Les autres secteurs (politique de voisinage, aide aux pays tiers, programmes de stabilité…) relèvent des politiques communautaires, qui sont décidées par la Commission européenne.

Malgré les différences, tout cela doit être géré par un service unique. Ce qui est difficile, c'est d'organiser tout cela sans changer l'équilibre actuel au sein de l'Union européenne.


Le Parlement européen souhaite des adjoints politiques pour assister Mme Ashton. Pourquoi cela ?

EB : Madame Ashton a beaucoup à faire et ne peut pas toujours rendre compte de ses actions au Parlement, comme celui-ci le demande. Ses adjoints devront être responsables politiquement, ils ne peuvent être de simples fonctionnaires.

Elle ne peut également aller à toutes les conférences et les négociations. Elle a besoin de représentants qui puissent y aller et qui puissent être contrôlés par le Parlement. Selon nous, ce devraient être les commissaires européens pour les domaines communautaires ou mixtes. Pour ce qui relève du Conseil de l'UE, ce devraient être des gens du Conseil, nommés par les Etats.


Quel rôle le Parlement souhaite-t-il jouer dans la mise en place du Service d'action extérieure ?

EB : Le Parlement a le dernier mot sur le budget. Il n'y aura pas de personnel si le Parlement ne donne pas son accord. Nous souhaitons que la moitié de ce personnel provienne de la Commission, le Service d'action extérieure gérant aussi des compétences communautaires.


Quand est-ce que le Service pourra commencer son travail ?

EB : Cela dépend clairement de quand le Conseil et Mme Ashton seront prêts à des compromis. Le Parlement a posé des conditions. Nous ne trahirons pas la méthode communautaire et nous n'accepterons pas que le contrôle budgétaire et politique du Parlement ne soit pas respecté.

 

Source : http://www.europarl.europa.eu/news/public/story_page/030-75594-158-06-24-903-20100607STO75581-2010-07-06-2010/default_fr.htm

 

 

 

 

 

 

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