Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 13:48

La Serbie vient officiellement de commencer ses négociations d'adhésion avec l'UE le 21 janvier. Mais la question des relations avec le Kosovo et la faible volonté citoyenne de rejoindre l'UE pèse sur le processus d'adhésion.

Le processus d'adhésion est en marche pour la Serbie, mais ne réjouit par particulièrement les citoyens du pays. « La Serbie deviendra le prochain État membre de l'Union européenne, » a affirmé, Ivica Dačić, le premier ministre serbe, à l'occasion du lancement officiel des négociations d'adhésion.

« Événement le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale » en Serbie, le chemin de l'adhésion à l'UE ne sera pas simple pour autant. 

Le peuple serbe sceptique

L'adhésion de la Serbie à l'UE devra en premier lieu faire l'objet d'un référendum auprès des citoyens serbes, qui sont pour l'heure seulement 36 % à penser que rejoindre l'UE serait une bonne chose.

Il s'agit du taux le plus faible jamais connu dans un pays candidat, selon un sondage de l'Eurobaromètre de novembre 2013, à l'exception de l'Islande, qui a d'ailleur stoppé ses négociations avec l'UE l'été dernier. 

Les eurosceptiques du Parti démocratique de Serbie, dirigé par l'ancien premier ministre Vojislav Koštunica s'oppose à une adhésion à l'UE, à l'OTAN, à l'accord avec le Kosovo et réclame un référendum en 2015 sur la question de l'adhésion à l'UE.

Selon Vojislav Koštunica, l'adhésion à l'UE ne fera qu'aggraver la situation de son pays. « On ne peut regarder ça passivement, » s'est-il agacé.

La reconnaissance de l’indépendance de Kosovo 

Le peu d'enthousiamse des Serbes n'est cependant pas le premier obstacle auquel sera confonté le pays, puisque L’examen analytique de l’acquis communautaire commence dès le 22 janvier 2014).

Le chapitre 35, consacré à la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina, sera l'un des premiers à être ouverts.

Normalement réservé à la rubrique « autres questions » et abordé à la toute fin du processus de négociation, le chapitre 35 sera cette fois-ci crucial dans le processus d'adhésion de la Serbie. En effet, les relations avec l'ancienne province sécessionniste représentent l'une des problématiques politiques les plus délicates de la Serbie.

Le Kosovo a déclaré son indépendance en 2008. Il est depuis reconnu par la majeure partie de la communauté internationale, mais pas par Belgrade.

Le chapitre 35 se fonde sur un accord historique conclu entre Pristina et Belgrade le 19 avril 2013.

Tanja Miščević, en tant que négociatrice en chef de la Serbie, reconnaît que « le chapitre 35 représente un défi à la fois pour la Serbie et pour la Commission européenne, car il s’agit d’une véritable nouveauté » dans le processus de négociation d'adhésion.

En décembre dernier, les chefs d'État et de gouvernement ont conclu, après examen du cadre de négociations de l'UE, que les deux parties devaient trouver « un accord légalement contraignant sur la normalisation complète des relations [avec le Kosovo] avant que la Serbie ne devienne membre de l'UE. »

Ivica Dačić, même s'il ne peut parler au nom de l'UE, a déclaré que cette formulation portait à confusion.

« Personne ne sait vraiment ce que cela signifie. Étant donné qu'il existe différentes approches sur la question du statut du Kosovo au sein de l'UE, à l'heure actuelle il n'y a aucune volonté de changer notre position sur le statut du Kosovo, » a-t-il déclaré.

Certaines sources européennes expliquent que la reconnaissance du Kosovo n'est, et ne sera certainement jamais, une condition formelle dans les négociations. Elles ajoutent néanmoins qu’il est « évident que l’on s’attende à ce que la normalisation du processus aboutisse à terme à la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par la Serbie. Les États membres espèrent que ce sera fait sans qu’ils aient à le demander ».

La question pourrait néanmoins être soulevée à la toute fin du processus d'adhésion d'une manière plus franche, selon les mêmes sources. « Dans tous les cas, il revient à l'élite politique de préparer l'opinion publique. »

L'UE a retenu les leçons du passé

En plus du chapitre 35, la Serbie doit respecter d'autres nouvelles procédures dans le cadre du processus d'élargissement.

L'UE est en train de tirer les leçons des erreurs commises lors des élargissements antérieurs et les nouveaux candidats doivent maintenant commencer le processus par les chapitres les plus difficiles: le chapitre 23 sur l'appareil judiciaire et les droits fondamentaux ainsi que le chapitre 24 sur la justice, la liberté et la sécurité.

Une façon pour l'UE d'obtenir des résultats positifs sur le terrain « le plus rapidement possible », a expliqué Štefan Füle, commissaire à l'Élargissement. Il a ajouté que la Serbie aurait à suivre un processus « exigeant » certes, mais « juste ».

Alors que tous les regards sont rivés sur le processus d'évaluation, Štefan Füle n'exclut pas l'ouverture de chapitres lors du premier semestre de cette année, sous la présidence grecque du Conseil de l’UE.

« L'accent principal sera mis en 2014 sur les préparatifs pour l'ouverture des chapitres 23 et 24. Nous pourrions nous appuyer sur l’analyse de ces deux chapitres et nous serons capables de faire parvenir le rapport aux autorités en quelques semaines... [Nous espérons y arriver] avant la fin de l'année. Plus tôt les négociations sur les chapitres sont ouvertes, plus tôt d'autres chapitres seront ouverts également, » a souligné Štefan Füle.

Le ministre grec des Affaires étrangères, Evangelos Venizelos, a indiqué que la présidence grecque, très favorable à l'entrée de la Serbie, ferait le nécessaire en vue « d'accélérer » le processus. 

Le premier ministre serbe et son vice-premier ministre, Aleksandar Vučić, ont assuré que la Serbie pouvait boucler les négociations d'adhésion en six ans. Ils sont convaincus que le pays entrera dans l'UE en 2020 « en même temps qu'une nouvelle période financière européenne débute».

CONTEXTE : 

L'UE a accordé le statut de pays candidat à la Serbie en mars 2012.

Belgrade et Pristina ont trouvé un accord sous la médiation de l'UE afin de normaliser leurs relations en avril 2013.

L'accord stipule la mise en place d'une association des municipalités serbes et la dissolution des institutions serbes toujours en place au Kosovo.  Des accords ont été conclus dans plusieurs domaines : la libre circulation des personnes et des biens, les cachets de douane, la reconnaissance des diplômes, la gestion intégrée de la frontière dans le nord du Kosovo et la représentation du Kosovo lors de conférences régionales.

PROCHAINES ÉTAPES : 
  • 22 janvier 2014 : examen du chapitre 35
  • Juil. 2014 : le début de la présidence italienne

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

Recherche

Catégories