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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 10:44

Pour la première partie de cet article : La période actuelle n'est pas seulement crisogène, elle est aussi polémogène ! L'Union européenne doit se réveiller ! (1)

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Dans un précédent article, déjà ancien (Sécurité internationale : L'Union européenne n'est-elle pas entrain de se laisser entraîner dans une dynamique susceptible d'en briser l'élan ? - nouvelle édition -), Regards-citoyens avait soulevé la question des risques que pouvaient faire peser sur l'Union européenne la fuite en avant que constitue la multiplication des opérations extérieures auxquelles elle, ou plutôt ses Etats membres et leurs " capacités ", prenai(en)t part.

Depuis quelques semaines, alors que son Service d'action extérieure n'en finit pas de se mettre en place, et que la disponibilité des capacités nationales, civiles, civilo-militaires ou militaires indispensables à la réalisation de ses missions en cours continue de poser problème, le Conseil multiplie les annonces relatives à des stratégies en cours de développement pour lui permettre d'intervenir, si le besoin s'en faisait sentir, au Sud-Soudan (cf. Crise au Sud-Soudan ? Les Européens envisagent toutes les options (Bruxelles2.eu)), au Sahel (cf. Catherine Ashton et la Commission européenne préparent une "stratégie" pour le Sahel), en Palestine (cf. L’UE va-t-elle s’impliquer davantage sur les frontières de Gaza ? par Nicolas Gros-Verheyde (Bruxelles2.eu)) ou ailleurs (cf. en particulier à cet égard La politique extérieure de l'Union européenne sur tous les fronts (Toutel'europe.eu) ).

La conflictualité qui est attachée aux impasses de la situation politique en Côte d'Ivoire issues des imbroglios à répétition qui ont accompagné la proclamation des derniers résultats électoraux et les réactions internationales qui l'a suivi, comme les offres de service récurrentes de l'Union européenne pour intervenir au Proche Orient si la situation le recommandait, pourraient encore ajouter à cette nouvelle liste de théâtres d'interventions potentielles.

Que les instances compétences de l'Union européenne s'activent à préparer des opérations en fonction d'analyses géopolitique, géostratégique, sécuritaire, etc. et d'une vision claire de ses objectifs et intérêts stratégiques et de sécurité, c'est naturellement souhaitable.

Mais que le Conseil communique comme il le fait à cet égard en laissant à penser que l'Union se prépare à jouer elle aussi au gendarme du monde sans jamais annoncer de retrait des forces civiles et militaires qu'elle a engagées, et sans jamais entreprendre les évaluations qu'impose l'exigence démocratique d' "accountability", bien que celà accroisse sa prévisibilité, constitue quelquepart une maladresse politique qu'il conviendrait de ne pas reproduire trop souvent si l'on souhaite que les citoyens européens comme ceux, qui hors d'Europe, sont intéressés par ce que fait et dit l'UE, n'y voit pas une tentation néoconservatrice, voir même néocolonialiste, de mauvaise augure.

L'image catastrophique des Etats-Unis, et de leurs alliés les plus serviles, qu'ont produit sur les opinions publiques européennes et internationales leurs dernières épopées guerrières suffit en elle-même pour que l'Union ne s'engage pas dans une démarche qui suscite la comparaison !

Chercher à devenir un acteur (ou une puissance) global(e) ne doit pas conduire l'Union européenne à plagier le seul modèle qui a suscité un véritable consensus de rejet !

Ni à prétendre faire mieux que ne le fait l'OTAN ; Surtout quand, en prime, elle ne dispose absolument pas des ressources financières ni des capacités opérationnelles nécessaires pour jouer les mêmes partitions !

L'Union doit impérativement repenser en profondeur ce qu'elle appelle bien pompeusement sa " stratégie de sécurité " pour disposer enfin d'un véritable 'concept stratégique pour sa politique de sécurité' comme, sans le savoir, à la manière de M. Jourdain,  elle est en train d'écrire le concept stratégique de sa politique économique comme celui de sa politique étrangère (voir notamment supra) et de réécrire, le concept stratégique de sa politique monétaire (cf. les articles de la rubrique intitulée UE, gouvernance économique et enjeux monétaires ).

Or un tel concept ne saurait, en ce qui la concerne, se limiter aux seules dimensions de sécurité, de défense et de gestion de crises à la manière du concept stratégique de l'OTAN quand bien même la politique de sécurité et de défense commune a elle aussi besoin d'une clarification doctrinale spécifique (cf. à ces différents égards l'article intitulé : Interrogations préalables à l'établissement d'un ‘concept stratégique global’ pour la politique de Sécurité de l'Union européenne ainsi que la série d'articles débutant par l'article suivant : Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1)).

C'est là une différence fondamentale entre l'OTAN, qui constitue une simple alliance politico-militaire organisée comme telle, et l'Union européenne, qui a vocation à communaliser selon une dynamique fédératrice des objectifs (stratégiques, de sécurité, diplomatiques, économiques, etc.), des intérêts (vitaux, stratégiques, de sécurité, diplomatiques, économiques, etc.) et des moyens aux fins d'un but politique défini en commun qui transcende et inspire les stratégies nationales en même temps qu'il oblige les Etats qui en sont membres !

Au-delà de cette incompréhension au fond de ce que sont réellement les enjeux stratégiques pour l'Union, une autre lacune, d'une toute autre nature, affecte en profondeur l'efficacité de l'Union sur le registre capacitaire : trop peu de protagonistes impliqués dans les différents processus capacitaires ont véritablement compris comment traduire en programmes industriels les systèmes de forces et/ou capacités militaires, civilo-militaires et civiles identifiés pour que les produits finis répondent effectivement aux besoins opérationnels !

Produire des armements a longtemps été une activité sans risque opérationnel puisque rares étaient les occasions de les tester en opérations réelles pendant la période de la guerre froide !

Or si les programmes d'armement d'hier et d'aujourd'hui ne répondent que très partiellement aux besoins opérationnelles, une analyse sérieuse de leur seule alternative, les programmes d'achats en urgence ("AUO"), met en exergue un problème structurel affectant les entités chargées de recueillir le besoin opérationnel – en évolution rapide – et de le retranscrire dans une procédure rapide de validation et d’achat du matériel requis (cf. "Achats en urgence vs. programmation : l'efficacité des opérations d'armement en temps de guerre", par Louis-Marie Clouet (Focus stratégique n°15 - IFRI - CERFA) ).

En outre, recourir à une politique d'achat sur étagère ne constitue pas une option durable !

Il faut par conséquent réfléchir à de nouveaux programmes d'équipement à même de produire les capacités opérationnelles dont les forces ont réellement besoin, autant qu'à la manière de les conduire.

Aujourd'hui, c'est de systèmes et d'armements réellement adaptés aux besoins des acteurs opérationnels dont les systèmes de force ont besoin : c'est là que se situe l'idée novatrice qui préside à la philosophie de l'approche capacitaire !

Les aventures militaires de ces 20 dernières années ont montré à quel point la démarche capacitaire n'est pas un caprice de quelques auteurs de doctrines en mal de reconnaissance. L'heure est au mouvement, à un mouvement global cohérent (cf. les articles suivants : Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement - Et agissons ! - première partie - ; Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement - Et agissons ! - deuxième partie -Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement - Et agissons ! - troisième partie - ; Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement ! Et agissons ! - quatrième partie - (nouvelle édition) ainsi que Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement ! Et agissons ! - cinquième partie - ).

Enfin, la PSDC ne doit pas devenir le cadre d'une extension à l'infini des coopérations en tous genres avec des pays tiers, notamment avec ceux qui n'ont pas vocation à intégrer l'Union européenne (cf. L’UE facilite l’implication de 20 Etats tiers dans les missions de défense (Bruxelles2.eu)) !

L'UE n'est pas l'ONU ! Cette une organisation politique à vocation régionale qui poursuit d'autres buts ! Prendre appui sur les lacunes capacitaires de ses membres pour ouvrir ses portes et ses fenêtres procède d'une logique étrangère à celle qui doit guider les Européens dans la recherche des grands équilibres entre les poles de stabilité et de prospérité qui s'organisent peu à peu sur la planète !

Faire de la PSDC une tour de Babel est dangereux pour la sécurité de l'Europe autant que pour la sécurité internationale !

La dimension stratégique de l'Union politique exige des ruptures profondes sur l'ensemble de ces dossiers !

Ce qui nécessite en premier lieu une mise à niveau appropriée de tous ceux qui ont un rôle à jouer dans ces différents dossiers !

Et d'user d'une toute autre pédagogie pour que ces difficultés soient comprises et maitrisées dans les enceintes idoines.

Des initiatives sont à l'oeuvre !

Elles sont indispensables !

Encourageons les !



Voir également les articles des rubriques intitulées UE, partenariats stratégiques et défis globaux et UE, sécurité & défense

 











 

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