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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 15:33

Face aux différents maux qui affectent aujourd’hui la France comme un grand nombre d’autres pays de la zone euro et la France, la stratégie mise en avant par les instances européennes est double :

Redresser la compétitivité par des réformes structurelles renforçant la flexibilité de l’économie, augmentant la productivité et baissant le coût du travail (par la compression des salaires et le basculement de la pression fiscale des entreprises vers les ménages) ;

Redresser les finances publiques en mettant fin aux déficits excessifs selon les délais prévus par la gouvernance européenne, ce qui passe également ici par des réformes structurelles sur les administrations publiques et la protection sociale pour maîtriser la hausse tendancielle des dépenses publiques.

A l’appui de cette stratégie, la politique monétaire ultra accommodante de la BCE avec un taux directeur (0,25% depuis le mois dernier) proche de zéro, des banques noyées sous les refinancements, et la promesse de « faire tout ce qu’il faut » en cas de nouvelle crise grave sur les marchés menaçant la survie de l’euro. Le coût des dettes publiques se trouve ainsi maintenu à des niveaux soutenables le temps que les pays aient achevé leur ajustement budgétaire; les banques ont suffisamment de fonds pour continuer de prêter à l’économie.

Mais la politique monétaire semble largement impuissante face aux deux écueils qui risquent de faire dérailler cette stratégie de sortie de crise.

La surévaluation de l’euro. Le taux de change contre dollar atteint 1,36 aujourd’hui alors qu’il était de 1,17 au moment de l’entrée dans l’Union Monétaire en 1999. Cette surévaluation accroît les phénomènes de délocalisation et empêche les pays membre soumis à l’austérité budgétaire de compenser par une hausse de leurs exportations la baisse de la demande intérieure. A chaque conférence de presse, Mario Draghi rappelle rituellement que le taux de change ne constitue pas un objectif de la politique monétaire et, au demeurant, les mesures récentes de la BCE n’ont absolument eu aucun impact sur l’évolution du taux de change. Le vrai moyen pour obtenir une dépréciation de l’euro serait que la zone accumule des déficits extérieurs croissants : hors c’est tout le contraire qui se produit aujourd’hui sous l’effet des excédents commerciaux qu’accumule l’Allemagne vis-à-vis du reste du monde. La balance des transactions courantes de la zone euro devrait ainsi afficher un excédent de 3% du PIB alors qu’elle était tout juste équilibrée avant le début de la crise.

L’absence d’inflation dans la zone, qui est aussi le résultat de la surévaluation de l’euro mais pas seulement, pose le problème du redressement de la compétitivité des pays membre vis-à-vis de l’Allemagne. Pour cela, ils ont besoin d’avoir des coûts de production qui augmentent durablement moins vite ce qui suppose donc une inflation plus basse qu’en Allemagne. Ceci est bien le cas aujourd’hui mais les niveaux très bas d’inflation constatés partout dans la zone euro font que le différentiel d’inflation entre les pays membre est trop faible pour obtenir rapidement des gains de compétitivité significatifs. Au rythme actuel, et sauf à ce que les pays d’Europe du sud entrent en déflation ce qui poserait d’autres problèmes, il faudrait des dizaines d’années pour que le handicap de compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne accumulé depuis le début de l’Union monétaire puisse être résorbé

Comme on le voit, les problèmes actuels de la zone euro ne sont pas liés au Monetary stance qui est allé jusqu’au bout de ses possibilités mais à la divergence qui s’est créé entre l’Allemagne d’une part, le reste de la zone euro d’autre part. Pour corriger cette divergence, il n’y a que deux options théoriquement possibles : soit une politique reflationniste en Allemagne, soit une politique déflationniste dans le reste de la zone euro. C’est la seconde option qui a jusqu’ici été poursuivie mais qui rencontre les limites décrites plus haut. La première option se heurte pour sa part au refus absolu des allemands de générer chez eux plus d’inflation et plus de déficit public – refus qui tient à la fois à leur histoire et à l’état de leur démographie. Dans ces conditions, le débat autour de la politique économique à mener pour sortir de la crise en zone euro n’est pas près de se terminer.

Billet du blog des auteurs de l’ouvrage les politiques budgétaires dans la crise

Source : http://www.sauvonsleurope.eu/les-deux-verrous-qui-bloquent-la-sortie-de-crise-en-zone-euro-la-surevaluation-de-leuro-et-labsence-dinflation/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-deux-verrous-qui-bloquent-la-sortie-de-crise-en-zone-euro-la-surevaluation-de-leuro-et-labsence-dinflation

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