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Publié par Patrice Cardot

Pour les trois premières parties de cet article :

 * Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement - Et agissons ! - première partie -

 * Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement - Et agissons ! - deuxième partie -

 * Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement - Et agissons ! - troisième partie -

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S'il est inconstestable que l'Union européenne progresse sur les registres capacitaire et de l'armement, c'est tout aussi indubitablement à un rythme, avec une méthode, une volonté et une énergie qui ne sont pas encore à la mesure de l'urgence et de la nécessité pour elle, comme pour ses Etats-membres et ses citoyens, de la doter de la gamme complète des instruments indispensables à une puissance qui se veut globale, ne serait-ce que pour préserver ses intérêts stratégiques et de sécurité et disposer des instruments politiques et programmatiques qui lui sont indispensables pour nouer des partenariats stratégiques et mener à bien ses objectifs propres en matière de sécurité et défense, d'armement, de sécurité intérieure et/ou de protection civile ! (cf. en particulier à cet égard les articles suivants : PSDC : La présidence belge veut un cadre plus politique pour la Défense ; Le futur règlement de l’Agence européenne de défense. Quelle occasion perdue ! (Bruxelles2.eu) ainsi que les articles auxquels ils renvoient ; PSDC : Le cadre de Gand et l'initiative de la présidence belge à l'adresse de C. Ashton ou encore Dans le contexte actuel des finances publiques de ses Etats membres, l'UE peut-elle assurer un développement approprié des capacités requises par celui de la PSDC ? - nouvelle édition - )

Comment réagiront ses responsables politiques à cet appel lancé aux Européens par le Royaume-Uni dans le document stratégique évoqué supra  pour qu'ils s’assurent que " le nouveau budget européen (cadre financier 2014-2020) ait comme objectif le financement des défis-clés de sécurité auxquels doit faire face l’UE "  ?

Comment réagiront-ils à l'appel lancé par l'Assemblée européenne pour la sécurité et la défense - AESD - tant à l'égard des investissements européens dans la R&T et la R&D (AESD : L’UE doit augmenter le financement consacré par l’Agence européenne de défense à la R&D ; R&D et crise économique: les grandes entreprises de l'UE réduisent moins l'investissement que les américaines, mais l'Europe reste à la traîne ; Dans quel cadre, civil ou militaire, faut-il développer les technologies à double usage ? - nouvelle édition - ainsi que De la nécessité de développer une recherche européenne de défense) qu'à l'égard du renforcement de la coopération de l'Union européenne et de l'OTAN (cf. AESD : L’Ambassadeur KOVÁCS juge « inacceptable, illogique et irresponsable » la situation de blocage politique entre l’UE et l’OTAN ) ? Une OTAN et une Union européenne en quête l'une comme l'autre de solutions innovantes en matière d'investissement et de consolidation (notamment par les voies de la spécialisation des tâches, du partage des ressources et de la mutualisation - "sharing and pooling" -) et qui ne trouveront probablement pas dans les budgets des différents signataires des traités bilatéraux qui sont en train de se multiplier en Europe les réponses attendues !

Dans une note écrite par l'ancien ambassadeur américain auprès de l'UE Rockwell Schnabel le 28 avri 2004, le britannique Chriss Patten, qui a occupé le poste de commissaire européen aux Relations extérieures de 1999 à 2004, est cité sur plusieurs sujets selon les révélations rendues publiques récemment par le site Wikileaks. En particulier, il aurait exprimé un point de vue selon lequel l'UE ne sera jamais une puissance. " Pour être une vraie puissance, un pays doit être prêt et capable d'adopter et d'appliquer une politique même si le reste du monde l'estime inapproppriée ; [les Etats-Unis sont capables d'agir de cette manière mais] l'UE ne sera jamais une vraie puissance car il y a toujours quelqu'un dans la salle qui est trop prudent, qui demandera de traiter les choses délicatement [et qui sera suivi !] " aurait dit M. Patten à l'ambassadeur Schnabel.

L'heure est venue de donner tort à M. Patten et de repenser la notion de puissance européenne en des termes compattibles avec son projet politique, si tant est qu'elle en ait toujours un qui soit pleinement partagé par ses membres ! (cf. à l'égard de la notion de puissance l'article suivant : De la puissance d'un Etat ou d'un groupe d'Etats ).

Pour l'Amiral Guillaud, chef d'état-major des armées français (CEMA), face au risque de « décrochage technologique » par rapport aux Etats-Unis, causé par le niveau insuffisant des dépenses militaires européennes (que le CEMA a par ailleurs qualifié de « surprise stratégique »), « l’aggravation de l’environnement financier illustrée par la crise européenne crée un risque capacitaire majeur pour l’Europe de la défense ». « La question qui se pose est de savoir si les Européens vont réussir ou non à s'affirmer comme une puissance militaire ? ».  

Selon lui, une baisse des budgets de la défense, et en particulier ceux des grands pays européens, aura plusieurs conséquences néfastes : la PSDC sera reléguée au rang de « soft power », privant ainsi « les possibilités futures d’une Europe autonome dans le domaine militaire », tentation d’un « repli national » qui « compromettrait le fragile bilan des dix années » de défense européenne, « décrochage » technologique et capacitaire entraînant des « problèmes d’interopérabilité » au sein de l’Otan, « remise en cause des modèles de forces ».

Cela conduirait à une « démission de l’Europe » car cette dernière serait ainsi privée de toute « autonomie de décision et de réaction ». « C’est le scénario d’une Europe de la défense avortée, une Europe spectatrice de l’Histoire, une Europe, à terme, victime potentielle de l’Histoire. C’est à dire, une Europe qui n’a pas su ou voulu tirer les leçons de l’Histoire et qui s’est laissée bercer ou berner par les sirènes du court terme ! » a-t-il ainsi lancé, sans langue de bois.

Comment l'Union européenne et ses Etats-membres doivent-ils réagir ? 

Quelles sont les conditions à satisfaire et les modalités d'action requises pour pallier les niveaux d'effectivité et d'efficacité requis autant par l'affirmation d'une volonté d'autonomie stratégique que par le souci d'efficacité opérationnelle de l'Union européenne sur le registre de la défense ?

Conscient que des réformes menées individuellement par les Etats pour mieux investir afin de mieux équiper les formes, aussi performantes soient-elles (cf. par exemple à cet égard Le comité ministériel d'investissement : structure stratégique interne du ministère de la défense), ne permettront à elles seules d'apporter les réponses attendues à de tels défis, l’amiral Guillaud formule des propositions pour éviter le scénario du pire.

De son point de vue, il s’agirait de profiter de la crise européenne pour « mettre en oeuvre de nouvelles synergies », en « serrant les rangs » et créer une dynamique autour de « quelques avancées concrètes » selon quatre axes :

 - promotion de « coopérations bilatérales pragmatiques », destinées à devenir ensuitre des « coopérations locomotives »,

 - mise en place, sans tarder, d’une stratégie industrielle européenne,

 - restructuration des « processus capacitaires de supervision des programmes au niveau européen »;

 - et enfin, prise en compte de toutes les menaces, avec l’élaboration éventuelle d’un Livre blanc européen sur la stratégie de sécurité et de défense commune (cf. L’amiral Guillaud, chef d'état-major des armées, appelle à des initiatives européennes ambitieuses en matière de capacités et d'armement).

En d'autres termes, l'heure est venue de (re)déployer la fonction "armement" dans le cadre politique, institutionnel et fonctionnel qui résulte de l'entrée en vigeur du Traité de Lisbonne, afin de donner le maximum d'atout à la base industrielle et technologique de sécurité et de défense européenne dans sa quête d'une véritable "autonomie compétitive" ; ce qui passera par une recomposition de l'économie générale des structures et des méthodes impliquées aujourd'hui dans la mise en oeuvre, tantôt coopérative, tantôt collaborative, en Europe, de  chacune des fonctions de base de la fonction "armement", qu'il s'agisse de la préparation des décisions d'investissement, de l'acquisition ("procurement"), de la fonction "expertises et essais", de la R&T et de la R&D, du maintien en condition opérationnelle, etc..  

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 Pour la cinquième partie de cet article : Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement ! Et agissons ! - cinquième partie -

 

 

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