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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 18:03
LE FIGARO. - Quel bilan tirez-vous du RSA deux ans après ?

Martin HIRSCH. - Je souhaite à toutes les réformes d'avoir été autant préparée et d'être aussi bien évaluée. Le bilan que fait le comité d'évaluation du RSA est clair: il démontre l'absence d'effets pervers et des effets positifs, certes encore insuffisants et trop partiels, sur la pauvreté et le retour à l'emploi. Toutes les critiques qui ont été faites au moment de la conception du RSA s'effondrent.

Le comité démontre ainsi que le taux d'emploi ne chute pas entre 24 et 26 ans alors que beaucoup prétendaient que les jeunes pouvant bénéficier à 25 ans du RMI hier et du RSA maintenant préféreraient toucher l'allocation plutôt que de travailler. Il n'y a donc pas d'épidémie d'assistanat. Le comité n'a pas non plus relevé d'effets d'aubaine sur la multiplication des temps partiels dans les entreprises ni sur une baisse des salaires. Le RSA ne crée pas de précarité. Il l'atténue si elle existe.

Le Comité souligne un fort taux de non-recours pour le RSA activité. Comment l'expliquer ?

Le rapport ne met pas en cause les formalités d'accès mais considère que c'est parce que la transformation n'a pas été complète par rapport à l'empilement précédent. Cela fait regretter qu'on ait rogné les ailes au départ en refusant de fusionner le RSA avec la prime pour l'emploi (PPE) et que, sans coût supplémentaire, on ait une incitation plus élevée. Selon le rapport, si le RSA avait été conforme à son dessein initial, l'impact sur la pauvreté aurait pu être trois fois plus fort.

Que faudrait-il faire selon vous ?

Tout d'abord, des campagnes d'informations pour réduire le non-recours. Ensuite, faire un «RSA 2» plus simple, plus solide et plus incitatif par la fusion avec la PPE, et un nouveau contrat avec les départements qui, révèle le Comité, ont réduit leurs dépenses d'accompagnement par rapport à ce qu'ils faisaient pour le RMI. Les bénéficiaires ont été pris en tenaille par un Pôle emploi débordé par la crise et qui n'avait pas reçu de consigne politique claire et des départements qui ont profiter de l'inscription obligatoire à Pôle emploi pour moins s'engager.

Êtes-vous confiant sur l'avenir ?

Tout le monde sait ce qu'il faut faire. Il ne faut pas réinventer la poudre mais juste appliquer ce qui avait été proposé, consensuellement, au départ. Avec une situation politique paradoxale. La gauche soutient désormais le RSA mais ne s'est pas encore positionnée sur ses évolutions. Elle n'a ainsi pas d'avis arrêté sur la fusion RSA-PPE. Quant à la droite, elle a laissé une partie de ses troupes taper sur le RSA mais préconise de mettre en œuvre cette fusion à laquelle elle avait renoncé en 2008.

 

Martin Hirsch, aujourd'hui directeur de l'agence du service civique, a créé le RSA il y a deux ans.

 

LIRE AUSSI: 

» RSA: 10.000 contrats «Daubresse» expérimentés 

» RSA: un rapport propose 7h de travail obligatoire par semaine 

» Prime pour l'emploi: Bachelot veut une fusion avec le RSA

 

ainsi que : http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/12/15/un-rapport-parlementaire-tres-severe-sur-la-politique-francaise-de-l-emploi_1619312_823448.html#ens_id=1619342



 

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