Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Patrice Cardot

Nicolas Sarkozy et Hu Jintao sont parvenus vendredi à Nice à une " vraie convergence " sur les objectifs d'une réforme du système monétaire international (SMI), a déclaré la présidence française.

Les présidents français et chinois se sont retrouvés sur la promenade des Anglais pour accorder leurs violons à huit jours du début de la présidence française du G20, sur fond de relance de la polémique sur la politique monétaire de Washington.

Le président français voulait s'assurer du soutien de la Chine dans sa croisade pour un nouvel ordre monétaire et la régulation des prix des matières premières.

Il était " particulièrement opportun ", a-t-il dit entre un entretien et un dîner de travail dans un restaurant du vieux Nice, de discuter avec Hu Jintao de ces questions "pour essayer d'avoir un monde plus équilibré, plus stable".

" Il faut bien comprendre que pour régler les grands problèmes du monde, on a besoin de la Chine et d'un dialogue franc, constructif, amical  ", a-t-il ajouté. " C'est ce que nous avons fait depuis deux jours. "

Le président chinois, en visite d'Etat en France depuis jeudi, veut pour sa part s'assurer que la démarche française ne se traduira pas par des pressions accrues sur Pékin en faveur d'une réévaluation brutale de la monnaie chinoise, le yuan.

A l'issue de l'entretien, l'entourage de Nicolas Sarkozy a fait état d'une " vraie convergence de vues entre la Chine et la France, à la fois sur les objectifs à atteindre et sur la voie " à suivre pour préparer la réforme du SMI.

Éviter la confrontation

" Chacun est conscient du fait qu'une réforme du système monétaire prendra du temps. Mais ce qui est important c'est de commencer, d'avoir des objectifs, une méthode pour progresser ", a souligné un conseiller de Nicolas Sarkozy.

Hu Jintao a donné son accord à l'organisation dans une ville chinoise, au printemps prochain, d'un séminaire sous présidence française, avec les " meilleurs experts ", a-t-il précisé.

La France s'efforce d'éviter que ce débat dégénère en confrontation, notamment entre la Chine et les Etats-Unis.

" L'ambition de la France, c'est que tout le monde accepte de se mettre autour de la table pour poser les bases d'un nouveau système qui garantisse la stabilité du monde ", a expliqué Nicolas Sarkozy. " C'est ça, plutôt que chacun s'invective. "

L'annonce par la Réserve fédérale américaine d'une injection massive de liquidités a provoqué un nouvel accès de faiblesse du dollar et de mécontentement des pays émergents, dont la Chine, mais aussi de l'Allemagne (cf. à cet égard La baisse du dollar s'accélère après la décision de la Fed d'acheter massivement des bons du Trésor pour éviter la déflation ).

Hu Jintao avait souhaité achever sa visite d'Etat à Nice, sur une Côte d'Azur très appréciée des touristes chinois.

Le président français et son homologue chinois ont fait quelques pas ensemble sur une promenade des Anglais bouclée par d'importantes forces de police et presque déserte.

Une soixantaine d'étudiants chinois cornaqués par une association et venus d'universités voisines ont salué la sortie de Hu Jintao de l'hôtel Negresco en criant "président, président !" et en agitant des drapeaux des deux pays.

"Vraie réussite"

Les deux chefs d'Etats sont allés vers eux pour serrer des mains avant de gagner la Villa Masséna voisine - une imposante bâtisse de la fin du XIXe siècle - pour leur entretien.

" Atmosphère excellente ", " vraie réussite " : la délégation française n'a pas de mots assez fort pour se féliciter d'une visite marquée par la signature de quelque 16 milliards d'euros de contrats pour les entreprises françaises et un bond en avant de la coopération franco-chinoise dans le nucléaire civil.

Hu Jintao avait commencé la journée par un tête à tête, dans son hôtel parisien, avec l'ancien président français Jacques Chirac, qui jouit à Pékin d'une réputation d'ami de la Chine.

Nicolas Sarkozy, dont les positions sur le Tibet avaient provoqué en 2008 une crise entre Paris et Pékin, est resté très discret sur la question des droits de l'homme et sur le sort du prix Nobel de la Paix 2010, Liu Xiaobo, opposant condamné à 11 ans de prison.

Il a consenti en fin de journée seulement à dire qu'il avait évoqué " tous les sujets sans tabou ", y compris les droits de l'homme.

Pékin a averti vendredi que tout soutien de l'Europe à Liu Xiaobo serait perçu comme un affront.

" Ce n'est pas un sujet qui est à aborder entre la Chine et la France ", avait pour sa part déclaré jeudi la vice-ministre chinoise des Affaires étrangères, Fu Ying.

 

Source : Reuters

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article