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Publié par Patrice Cardot

Pour les deux premières parties de cet article :

 * Redonnons force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège ! - première partie -

 * Redonnons force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège ! - deuxième partie -

.../...

Souvenons-nous du Discours du Président N. Sarkozy sur le thème de la France et l'Europe) et notamment de ce passage :

" Alors que la crise économique est en train de changer le monde.
Alors que des difficultés de toutes sortes rendent la vie de chacun plus dure, alors que le présent est si lourd, nous devons nous tourner vers l'avenir.
Nous avons le choix d'être le jouet des évènements ou d'être les acteurs de notre propre histoire. Ou nous nous battons pour les valeurs qui sont les nôtres, pour le modèle de société que nous voulons, pour la croissance dont nous avons besoin ; ou ce sont les autres qui nous imposeront leurs valeurs, leur modèle de société, leurs choix économiques.
Se tourner vers l'avenir ce n'est pas attendre les bras croisés que la crise s'arrête et que la croissance reparte toute seule. On sait que la crise s'achèvera un jour. Mais nul ne peut prévoir à partir de quand les choses iront mieux. Nul ne peut prévoir quand l'économie se remettra à créer des emplois, quand les bilans bancaires seront assainis, quand la confiance reviendra.
Le travail des responsables politiques n'est pas de prévoir ce que tous les experts du monde ne savent pas prévoir.
Le travail des responsables politiques n'est pas de prévoir le calendrier de la reprise. Ce n'est pas ce que les Français attendent d'eux.
Le travail des responsables politiques c'est d'agir pour que les effets de la crise soient les moins douloureux possibles, pour que les sacrifices soient le plus équitablement répartis, pour que la reprise intervienne le plus tôt possible, qu'elle soit la plus forte possible, pour que la France soit en position de tirer le meilleur profit de la reprise mondiale lorsqu'elle interviendra. Le rôle des responsables politiques c'est de travailler jour après jour à lever tous les obstacles à la croissance, à corriger tous les défauts qui empêchent notre pays de tirer le meilleur parti de ses ressources, du courage et de l'intelligence des Français.
Voilà ce que l'on attend des responsables politiques.
La crise est là.
Il faut combattre les angoisses et les peines qu'elle engendre.
Il faut atténuer les souffrances des plus fragiles, des plus démunis, qui payent les conséquences d'une crise dont ils ne sont absolument pas responsables.
La crise a sa part de psychologie.
Nous n'en sortirons pas si le plus grand nombre n'arrive pas à se persuader que demain sera meilleur qu'aujourd'hui et, que l'avenir ne doit pas être vécu comme une menace.
Nous nous en sortirons si nous rendons l'espoir à tous ceux qui l'on perdu. "

Sera-ce suffisant ? Bien évidemment, la réponse à une telle interrogation est négative ! Car un autre enjeu consiste à cesser de penser que notre messianisme européen peut triompher sans opérer une véritable rupture au niveau de stratégie mondiale !

Qui peut contester la justesse du propos de Zaki Laïdi lorsqu'il affirme (cf. Le messianisme européen en échec, par Zaki Laïdi (nouvelle édition)) : " La préférence pour la norme est au coeur du projet européen depuis 1957. Elle exprime un double choix. Celui de réguler le monde par le droit plutôt que par la force. Celui de mettre d'accord des Etats ayant décidé de partager leur souveraineté dans un nombre substantiel de domaines. Cette démarche, l'Europe s'est efforcée de l'exporter dans le monde à mesure que les enjeux de la construction européenne ont débordé du cadre communautaire. Le point de départ se trouve dans le traité de Maastricht, entré en vigueur au lendemain de la guerre froide.

L'Union européenne croit alors que la disparition de l'antagonisme entre les deux blocs, doublée de la montée en puissance des enjeux globaux (environnement, commerce, migrations, justice pénale internationale, etc.), favorisera structurellement les dynamiques d'interdépendance garanties par des normes contraignantes au détriment des jeux classiques de puissance.

Dans un premier temps, cette hypothèse se trouve validée : sommet de la Terre de Rio en 1992, création de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en 1994, mettant en place un système contraignant de règlement des différends, signature du protocole de Kyoto en 1997, création de la Cour pénale internationale en 1998.

L'Europe aura été, par exemple, l'acteur mondial le plus en pointe dans la survie du protocole de Kyoto au moment où les Etats-Unis voulaient empêcher son entrée en vigueur. De fait, sa préférence pour la norme est aisément vérifiable. Sur les 40 textes considérés par les Nations unies comme constitutifs du socle de la gouvernance mondiale, l'Europe en a ratifié 37, alors que les Etats-Unis et la Chine en ont respectivement ratifié que 17 et 11. De surcroît, la consolidation du marché intérieur a donné à la norme européenne un poids considérable dans le monde. Microsoft en sait quelque chose en matière de concurrence...

La question n'est donc pas de savoir si la norme européenne est influente dans le monde. La vraie question est de se demander si cette préférence pour la norme lui permet de s'imposer sur la scène mondiale. A l'évidence, la réponse est non. Pourquoi ?

D'abord parce que, depuis le début du XXIe siècle, la donne géopolitique mondiale s'est sensiblement modifiée. La mondialisation, loin d'affaiblir les logiques étatiques, n'a fait que les renforcer. Le marché n'a pas détruit les Etats. Il a fait de ces derniers des acteurs au service des marchés. C'est ce qui explique pourquoi, par exemple, les pays émergents sont aujourd'hui les plus grands partisans d'une libéralisation des échanges et les adversaires les plus acharnés du protectionnisme.

Mais, tout en se coulant dans le modèle libre-échangiste inventé par l'Occident, ces mêmes pays émergents n'ont nullement l'intention de se plier à nos choix. A cet égard, le blocage de Copenhague n'est pas sans faire penser à celui de l'OMC.

Dans les deux cas, nous avons affaire à une négociation multilatérale à ciel ouvert. Et dans les deux cas, le verrou est indo-américain (OMC) et sino-américain (Copenhague). Dans un tel contexte, la grande erreur des Européens est de croire que la multipolarité rampante favorise le multilatéralisme.

C'est le contraire qui est en train de se produire. La Chine, l'Inde ou la Russie ne valorisent le multilatéralisme que si celui-ci leur permet de faire avancer leur agenda national. Les Etats-Unis ne sont d'ailleurs pas loin de penser la même chose.

D'où la convergence stratégique entre eux, par-delà leurs différends. Washington, voulant éviter l'émergence d'un monde multipolaire, a avantage à privilégier, selon les dossiers, un partenaire clé pour rester au coeur du jeu mondial. Cette attitude convient aux émergents, et notamment à Pékin, qui se voit reconnu comme le partenaire indispensable de l'Amérique.

Dans ce jeu, l'Europe est la seule à n'apparaître comme indispensable à personne. D'une part parce qu'elle n'est pas un Etat capable de menacer ou de contraindre, d'autre part parce qu'elle a choisi d'abattre toutes ses cartes avant de commencer à négocier. L'Union européenne prétend s'imposer par l'exemple. Mais à Copenhague, la Chine a refusé de voir figurer dans le texte final l'engagement unilatéral de l'Europe à réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 !

La leçon est amère. Comment en sortir ? A l'évidence, l'Europe doit rester fidèle à ses principes, à ses valeurs et à ses intérêts. Mais elle doit se défaire de ce messianisme par l'exemple, qui se révèle au mieux naïf, au pire catastrophique. Au demeurant, si l'UE prône l'exemple, c'est aussi parce que le coût économique de son ambition climatique est objectivement plus faible que pour les Etats-Unis ou la Chine.

De surcroît, en matière de négociations internationales, la vertu est d'un faible secours. Les Européens doivent se rendre compte que les normes ne s'imposent pas par la seule force de leur exemplarité. Il ne faut surtout pas opposer la norme à la politique, comme le font les souverainistes, mais travailler à leur complémentarité. A Copenhague, ils auraient dû refuser le diktat chinois de ne pas mentionner leur engagement unilatéral. .../... "

Et tirons en quelques enseignements féconds pour redresser la barre pendant qu'il est encore temps !

Redonnons force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège !

Sinon, gare au déluge ! un déluge qui pourrait nous mener dans des eaux particulièrement tourmentées !

 

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