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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 08:23

Le conflit qui oppose Palestiniens (bien au-delà de la seule Autorité palestinienne) et Israéliens (bien au-delà du seul Etat d'Israël) n'est pas un conflit comme les autres !

Tout le monde en convient !

Ne serait-ce que parce que la création de l'Etat d'Israël est le résultat d'un processus aussi légal en regard du Droit international défini par le système des Nations Unis que légitime en regard de l'Histoire.

Pour en savoir plus à son propos, le lecteur peut consulter sur ce blog le dossier que l'ONU a consacré à la Palestine (http://www.un.org/french/Depts/palestine/history.shtml) 

En 2002, le Conseil de sécurité a adopté un certain nombre de résolutions dans lesquelles il se déclarait profondément préoccupé par l’aggravation de la situation et exigeait la cessation immédiate de tous les actes de violence et de tous les actes de terreur et le retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes et demandait que le droit international humanitaire soit respecté.

Dans une résolution historique adoptée en mars 2002, le Conseil de sécurité s’est déclaré attaché à la vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières reconnues et sûres.

La « Feuille de route » conçue pour réaliser cette vision (http://www.un.org/french/Depts/palestine/quatuor.shtml), qui a été élaborée par le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Fédération de Russie et ONU), prévoyait que les Israéliens et les Palestiniens agiraient parallèlement de façon à aboutir à un règlement définitif et global à la fin de 2005. Les deux parties ont pris le ferme engagement d’appliquer la Feuille de route au sommet d’Aqaba en juin 2003. Le Conseil de sécurité a approuvé la Feuille de route en novembre 2003.

Malgré quelques signes de progrès, le cycle de la violence, des représailles et de la revanche s’est poursuivi et le processus de paix s’est enlisé. 

La recherche d'un règlement pacifique au Moyen-Orient se heurte à un certain nombre de questions qui restent en suspens :

Le Président B. H. Obama, le Président N. Sarkozy et la Chancelière A. Merkel s'emploient à rechercher avec l'Etat d'Israël, l'Autorité palestinienne, leurs partenaires du Quatuor ou Quartette (USA, UE, ONU, Russie), l'Egypte, la Turquie, les différentes dynasties du Golfe, la ligue des Pays Arabes, la Syrie, le Liban, la Jordanie, etc., les conditions d'une reprise de négocations sérieuses en vue d'un règlement - définitif - du conflit.
Feu le processus de paix pourrait renaître de ses cendres, tel le phoenix ! A la seule condition que les termes de ces nouvelles négociations ne soient pas à leur tour source de nouveaux embrasements, et qu'ils soient en mesure de dissiper les crispations des parties au processus en cours, un processus des plus vain et vaniteux à la fois.
L'histoire récente offre une illustration éloquente à maints égards de ce que la Communauté internationale parvient à produire pour mettre un terme à un conflit ayant des ressorts à la fois politiques, ethniques et religieux : accorder un statut d'Etat indépendant à l'un de ses protagonistes, placer ce nouvel Etat en construction sous la protection et la 'perfusion' financière et économique de la Communauté internationale et offrir à l'ensemble des protagonistes une perspective commune d'intégration à des structures supranationales, étayer cette perspective par le déclenchement immédiat d'un processus de stabilisation et d'association (cf. notamment à cet égard les termes de la résolution 1244 : http://www.un.org/french/docs/sc/1999/99s1244.htm ; les termes du rapport Ahtismaari sur le statut futur du Kosovo :  http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/rapport_Ahtismaari.pdf ) .
La solution retenue par l'ONU et entérinée par le Conseil européen à l'égard du Kosovo constitue-t-elle pour autant une formule de référence pertinente pour la création d'un Etat Palestinien souverain, viable et sûr, et  qui offre en même temps l'ensemble des garanties régionales et internationales attendues ?

Cinq Etats-membres de l'Union européenne sur 27 n'ont à ce jour toujours pas reconnu la République du Kosovo, laquelle vient d'être admise au FMI, alors que tous ont finalement accepter d'accorder à la Serbie le bénéfice d'un accord d'association et de stabilisation avec l'Union européenne. Et pourtant, les choses progressent !
Cette situation semble comparable, dans une certaine mesure, avec celle que l'on rencontre au Proche-Orient.
La mise en oeuvre effective des plans d'action associés aux accords bilatéraux UE - Pays X établis avec cette partie du voisinage de l'Union européenne dans le cadre de sa politique de voisinage, y inclus leur dimension sécuritaire (cf. La propagation de la sécurité : l’Europe et la schengenisation de la Politique de voisinage, par Ruben Zaïoti (Revue Cultures & Conflits) ), le lancement du processus instaurant une Union pour la Méditerranée simultanément à celui du processus visant à établir un "upgrading" des relations de l'Etat d'Israël avec l'Union européenne (" tout sauf les institutions") engagé avant les évènements dramatiques de décembre 2008 - janvier 2009, le support multiforme de l'UE à l'autorité palestinienne, etc., participaient indubitablement de cette même volonté partagée que celle qui se manifesta au sein du Conseil européen à l'égard du Kosovo (cf. la Déclaration sur le Kosovo adoptée par le Conseil européen du 18 juin 2005 : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/kosovo_650/colonne-droite_2743/textes-reference_2741/declaration-sur-kosovo-adoptee-par-conseil-europeen-du-18-juin-2005_14288.html ).
Mais le Proche-Orient est une région complexe où se déploient des jeux d'acteurs d'acteurs 'ambivalents' ! Les Pays qui le constituent n'ont pas - spontanément - vocation à intégrer les " structures euroatlantiques " ! Les mobiles qui ont présidé à la création de l'Etat d'Israël n'ont rien en commun avec ceux qui ont conduit à la création de nouveaux Etats après l'éclatement de l'ancienne Fédération de Yougoslavie.
Comme l'ont constaté - publiquement - nombre des intervenants à une table ronde organisée par la Commission européenne sur les leçons tirées à propos du conflit du proche-orient dans le cadre de sa conférence des 2 et 3 juin 2009 intitulée : "Making the difference - strengthening capacities to respond to crisis and security threats ",  " aucune leçon n'a été véritablement tirée par quiconque ni des échecs et des ouvertures obtenues lors des processus antérieurs, ni des impacts in situ des initiatives unilatérales qui ont été prises par l'une ou l'autre des parties " ; et pis encore, " le respect des principes, des valeurs et des règles de l''Etat de droit ne constitue désormais plus ni pour Israël ni pour les forces politiques en présence dans les territoires palestiniens l'alpha et l'oméga de leur propre action politique ! ".
Commençons d'abord par tirer les vraies leçons en regardant la réalité en face !

Qui a vraiment cherché jusqu'ici à amener les dirigeants de l'Etat d'Israël à s'acquitter des obligations établies par l'ONU, que celles-ci prennent ou non la forme de résolutions (cf. Retour sur image : "L'ONU appelle à la levée immédiate du blocus de Gaza" (Le Monde - 3 juin 2010) ) ?

La position souvent jugée radicale de l'Etat d'Israël ne saurait être assimilée à une simple posture ! Son opposition quasi systématique à la mise en oeuvre des résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité des Nations Unies en atteste de la manière la plus démonstrative qui puisse être ! Le refus de la solution des deux Etats trouve sa justification dans la réalité géographique sur le terrain : il suffit de regarder la carte de la région pour mieux en saisir la portée réelle !
Comment les parties aux différentes négociations en cours - et en panne - peuvent-elles prétendre qu'il est possible de garantir à la fois la viabilité et la sécurité de ces deux Etats sans procéder à une profonde modification des frontières actuelles de la Région toute entière, ce qui exige de dépasser les propositions émises à propos des échanges de territoires ?
Comment peuvent-elles affirmer qu'elles s'emploient à rechercher les conditions les plus favorables pour garantir à Israël sa propre sécurité et sa viabilité à terme sans chercher à comprendre les raisons qui ont poussé cet Etat à poursuivre sa politique de colonisation et à prendre des mesures unilatéralement (cf. à cet égard Observer la Cisjordanie offre l’occasion de découvrir un extraordinaire laboratoire géographique ) ?

Comment le président français François Hollande peut-il s'être "laisser aller" à exiger un arrêt total et immédiat du processus de colonisation en Cisjordanie (cf. A Ramallah, Hollande demande "l'arrêt total et définitif de la colonisation" israélienne (Francetvinfo) ) alors qu'il sait parfaitement qu'il est évidemment impensable que l'Etat d'Israêl puisse un jour renoncer à contrôler ce territoire qui fait partie intégrante de sa zone de sécurité vitale ? Sauf à considérer que le double langage en la matière passerait bien aux yeux des dirigeants israéliens après les garanties apportées par la France dans le dossier nucléaire iranien  (cf. Nucléaire iranien : un parfum de revanche pour la diplomatie française, par Michel Colomès (LePoint.fr) ; Iran/Non prolifération : la position de la France aux Nations Unies et les textes internationaux de référence ou encore Accord "historique" sur le nucléaire iranien (Le Monde, AFP et Reuters) )!
Comment les dispositions relatives aux échanges de territoires entre Israêl et les territoires palestiniens actuels pourraient-elles concourir à déterminer l'assise territoriale d'un Etat palestinien à la fois viable et sûr : c'est à dire un Etat qui dispose de frontières reconnues, en même temps que d'une pleine capacité à les protéger, à assurer le contrôle et la gestion du trafic aérien au-dessus de son territoire, à assurer sa sécurité extérieure autant que sa sécurité intérieure, en toute souveraineté, et à développer une économie domestique à la mesure des besoins de ses populations autantg que des exigences des relations commerciales qu'il doit avoir la possibilité d'établir sans mettre en péril la recherche légitime d'équilibre de ses différentes balances (balance des paiements, etc.) ?
Ayons le courage et la force de n'avoir ni la vue basse, ni la mémoire courte !
A la suite des accords Sykes-Picot de 1916, la Société des Nations confia à la France le 25 avril 1920 à San Rémo un mandat A sur la Syrie et le Liban, détachés de la Turquie vaincue, le même type de mandat ayant été confié à la Grande-Bretagne sur la Palestine et l’Irak.
 
L’organisation administrative du mandat aboutit à la constitution de l’Etat de Syrie, formé des Etats d’Alep et de Damas et du sandjak d’Alexandrette (arrêté du 5 décembre 1924) avec Damas pour capitale, de l’Etat des Alaouites avec les sandjaks de Lattaquié et de Tartous (arrêté du 5 décembre 1924) avec Lattaquié pour capitale, de l’Etat du Djebel druze (arrêté du 24 octobre 1922) avec Soueida pour capitale et de l’Etat du Grand Liban (arrêté du 31 août 1920) dont l’indépendance fut proclamée le 1er septembre 1920 par le général Gouraud.

L’Etat du Grand Liban fut divisé, par arrêté du 1er septembre 1920, en quatre sandjaks : Liban-Nord ; Mont-Liban ; Liban-Sud et Bekaa et en deux municipalités autonomes : Beyrouth et Tripoli.

En juin 1941, les troupes anglaises pénétraient en Syrie et au Liban et, après la conclusion d’un armistice le 14 juillet avec les forces françaises, les deux territoires passaient sous le contrôle de la France libre – le Haut-Commissariat devenant par la même opération la Délégation générale de la France libre au Levant. L’indépendance de la Syrie et du Liban fut proclamée en septembre et novembre 1941 mais ne devint effective qu’à la fin de la guerre. Les dernières troupes françaises et anglaises n’évacuèrent les deux Etats qu’en 1946.
Le 14 mai 1948, alors que les derniers soldats britanniques quittent le territoire, David Ben Gourion proclame la création de l'Etat d'Israël dans le cadre des frontières délimitées par les Nations unies. Le nouvel Etat est immédiatement reconnu par de nombreux Etats, dont la France, les Etats-Unis et l'URSS. Dès le lendemain, il est menacé de tous côtés par les armées de la Ligue arabe.  
Au cours des neuf mois qui suivent, les forces arabes ne parviennent à occuper que les territoires qui n'ont jamais été sous contrôle juif, à une seule exception près : la légion de Transjordanie investit Jérusalem. Les Nations unies délèguent sur les lieux un médiateur, le prince Bernadotte de Suède, pour tenter de mettre un terme aux hostilités. Mais il est assassiné le 17 septembre 1948, sans doute par le groupe Stern. L'Américain Ralph Bunch lui succède dans son entreprise et parvient à obtenir un accord d'armistice en février 1949. L'accord donne à Israël un territoire légèrement plus étendu que celui que prévoyait le découpage de l'ONU. L'Egypte conserve la bande de Gaza et le el-Auja sur le Néguev. Quant à la Transjordanie, rebaptisée Jordanie, elle annexe la majeure partie de la Samarie et de la Judée, sur la rive droite du Jourdain. Jérusalem reste coupée en deux. Le territoire arabe sous contrôle de l'ONU est désormais partagé entre Israël et la Jordanie
Est-il déraisonnable de requérir que soient réexaminées, avec le recul et l'objectivité nécessaires, les buts et objectifs, les insatisfactions de l'ensemble des protagonistes de ces conflits, de ces médiations et de ces décisions qui ont conduit le Proche Orient dans cette situation inextricable, en même temps que leurs  responsabilités respectives dans la formulation des ouvertures qui ont permis de sortir de chacun de ces conflits ?
Ne serait-ce que pour que les propositions qui seront mises sur la table du processus de règlement de ce conflit ne créent pas un terrain propice à la reproduction des mêmes effets au cours du XXIème siècle !
Demandons-nous, non pas à qui profite le crime, mais à qui profite l'absence de règlement du conflit au Proche Orient ?
Agissons pour que cessent enfin les doubles langages, et l'incitation - explicite ou implicite - à la violence qui les accompagnent ! 
Sachons reconnaître les erreurs de la Communauté internationale, et d'abord celles qui ont contribué à rigidifier et à sacraliser des propositions dont chacun sait qu'elles n'ont aucune chance d'être un jour mises en oeuvre !
Les bonnes volontés, les intelligences, les consciences, les énergies et les instruments ne manquent pas dans le Monde pour parvenir à dépasser les difficultés et les obstacles qui ont entravé les différents processus qui se trouvent en panne aujourd'hui ! Y compris en Israël et au sein de la diaspora juive, comme dans les Territoires palestiniens et au sein de la diaspora palestinienne, ou encore sur le Pourtour méditerranéen !

Mais faut-il encore que ces bonnes volontés, ces intelligences, ces consciences, ces énergies et ces instruments soient effectivement mobilisés par ceux qui monopolisent aujourd'hui les leviers du jeu diplomatique, malgré leur inefficacité notoire et/ou leur parti-pris idéologique !

Et ne restons pas les bras croisés afin que la Palestine puisse être elle aussi reconnue dans ses droits et ses frontières les plus légitimes ! Nous en sommes probablement encore loin (cf. Echec au Conseil de sécurité pour les Palestiniens (Le Monde) ) ... mais qui sait ce qu'il ressortira in fine de la crise syrienne ? (cf. Géopolitique fiction : et si la crise syrienne annonçait un vaste chantier de reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l'est de la Méditerranée ? (nouvelle édition) ainsi que Zones maritimes : Les États-Unis font une nouvelle proposition au Liban et à Israël (L’Orient le jour - 30 novembre 2013)

NB : La première publication de cet article est intervenue le 6 juin 2010.

 Voir également à cet égard :

 * Pour en finir avec la politique de gribouille de la France en Méditerranée, par Roland Lombardi (pour JFC Conseil)

 * Retour sur images : Triste Orient (Le Monde)  

 * B. Obama : "A Moment of Opportunity in the Middle East and North Africa (May 19, 2011 Washington, DC)

 * Les Palestiniens veulent être membre à part entière de l'ONU

 * Les Palestiniens à l'ONU pour "changer les règles du jeu" (Le Point)

 * Etat palestinien : les Etats-Unis prônent des négociations directes avec Israël (Le Monde)

 * Le parlement européen pour la reconnaissance de la Palestine  

 * La reconnaissance d'un Etat palestinien sur base des frontières de 67 est d'un intérêt vital pour Israël (Collectif de signataires israéliens)

 * Proche Orient : De quoi parle-t-on lorsque l'on évoque 'les frontières d'avant 1967' ?)

 * B. Netanyahu exclut un retour aux frontières de 1967 pour Israël

 * Israël et la notion de « frontières défendables »

 * Nétanyahou veut réunir 30 pays de l'ONU hostiles à un Etat palestinien (Le Monde)

 * Il faut sauver le soldat "Israël" !

 * L'olivier, symbole du conflit israélo-palestinien, par Crispian Balmer (Reuters)

 * Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - première partie - (nouvelle édition)

 * Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - deuxième partie - (nouvelle édition)

 * Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - troisième partie - (nouvelle édition)

 *Gaza: "Ne plus se contenter de sortir le chéquier mais s'impliquer largement", par Nicolas Gros-Verheyde (bruxelles2)

 * Proche Orient : une nouvelle enquête internationale ? Pour en faire quoi ensuite ?

 * Israël est bien membre de la Fondation internationale dédiée au contrôle démocratique des forces armées (DCAF) !

ainsi que :

 * Géopolitique fiction : et si les printemps arabes annonçaient un vaste chantier de reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l'est de la Méditerranée ?

 * Retour sur images : Sept messages pour redonner de l'espoir et une perspective au Proche Orient

 

 

 

 

 

 

 












 

 




 

 

 

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Published by ALMONIDE, ERASME & AVERROES - dans Israël - Palestine et Processus de Paix
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