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Publié par ERASME

Lors de l'édition 2010 du Forum de Paris dont le thème avait pour intitulé : " Les Etats-Unis, l'Europe et la Méditerranée " (pour en savoir plus : http://www.forumdeparis.org/presse/3/), Marc Otte, Envoyé spécial de l’Union européenne au Proche-Orient pour le Processus de paix israélo-palestinien et Vincent Peillon, Député au Parlement européen, Membre de la commission des Affaires étrangères, Responsable du suivi de l’UpM, ont faut part de leur analyse respective sur la place de l'Europe dans le processus de paix.

Regards-citoyens propose ci-dessous un résumé de leurs interventions.

Intervention de Marc Otte, Envoyé spécial de l’Union européenne au Proche-Orient pour le Processus de paix israélo-palestinien.

Marc Otte a introduit son discours en expliquant qu’il voulait s’écarter de la mécanique habituelle, de ce qui se passe sur le terrain, pour regarder le vrai défi auquel sont confrontés l’Europe et ses alliés au Proche-Orient.

L’Envoyé spécial a défini les deux missions de l’Europe dans la région, la projection de son modèle politique et  économique et la nécessité d’adopter une position claire sur le conflit israélo-palestinien.

Marc Otte a fait état du pessimisme ambiant face aux problèmes régionaux. Il en veut pour exemple la situation du Yémen, de la Somalie et le délitement des Etats arabes. Cet état d’esprit s’est manifesté lors du dernier sommet de la Ligue Arabe. Il a ainsi noté la poussée de plus en plus forte vers la confrontation : les pays qui soutiennent les négociations avec Israël

sont mis en difficulté, sous la pression de ceux qui veulent la confrontation. Cette situation a pour corollaire une détérioration de l’image de l’Occident, dont les propositions de solution sont regardées avec soupçon.

Il a commenté la nouvelle politique d’ouverture américaine. Il en a souligné les aspects positifs, et notamment la stratégie nationale de sécurité qui tend à ne plus considérer l’Islam comme une menace en tant que telle. Par ailleurs, il a accueilli favorablement le discours du Général Petraeus, faisant de la résolution du conflit israélo-arabe une priorité.

L’Envoyé spécial a souligné l’importance du nouvel environnement stratégique. Il a noté le poids des nouvelles menaces, le rôle dynamique de l’Iran et de la Turquie, et l’activisme des acteurs non gouvernementaux. Il est indéniable qu’il existe aujourd’hui une interconnexion des problèmes régionaux, comme en témoignent le rôle de l’Iran dans le conflit israélo-palestinien et la relation entre la résurgence d’Al-Qaïda et la situation en Irak. Pour lui, il est nécessaire d’adopter une approche globale sur les politiques au Proche-Orient.

Il est impératif que l’Europe soit engagée dans le dossier israélo-palestinien car la stabilité dans la région aura des répercussions immédiates en termes économiques et sécuritaires. En effet, les Etats de la zone MEDA sont des partenaires commerciaux stratégiques de l’Union Européenne. Cet engagement répondrait à la fois aux intérêts de l’Union européennes mais aussi aux demandes des deux parties.

Du coté palestinien, l’appui solide de l’Union européenne a permis au Plan du Premier Ministre Fayyad de voir le jour. Israël bénéficie par ailleurs d’un partenariat privilégié avec l’Europe. L’ensemble des Etats de la région bénéficierait d’une solution au conflit pour développer une politique de voisinage.

Pour Marc Otte, l’Union européenne s’est dotée des instruments pour mener à bien cette politique, à la fois sur le plan normatif et sur le plan des valeurs. L’Union pour la Méditerranée est l’institution par excellence de solidarité et de développement, pour la prévention et le règlement des conflits. Les accords régionaux d’Euromed participent de cette même dynamique. Enfin, depuis les accords de Lisbonne, l’Union européenne a choisi de renforcer la cohérence et la visibilité de sa politique extérieure.

L’Envoyé spécial a réitéré la volonté européenne de contribuer au règlement du conflit. Cet engagement se manifeste très concrètement :

- Sur le plan normatif, avec la solution des deux Etats.

- Sur le plan économique et commercial, avec l’aide apportée aux territoires

palestiniens.

- Dans la gestion des crises, avec le déploiement de missions de police en Palestine.

- Sur le plan diplomatique, par son rôle au sein du Quartet.

Marc Otte a conclu sur sa conviction que l’Union pouvait faire la différence dans la poursuite des négociations de paix.

 

Intervention de Vincent Peillon, Député au Parlement européen, Membre de la commission des Affaires étrangères, Responsable du suivi de l’UpM.

Vincent Peillon a d’abord insisté sur la nouvelle donne géopolitique, liée à l’élection de Barack Obama et à sa politique étrangère : la volonté d’un multilatéralisme assumé, la rupture avec l’idée du choc des civilisations et la modification profonde dans la conception du rapport entre Américains et Israéliens. Il a noté des inquiétudes sur les priorités de la politique américaine, notamment sur la place accordée par les Etats-Unis à l’Europe par rapport aux puissances émergentes. Pour être efficaces, les politiques américaines et européennes doivent être coordonnées, convergentes et solidaires, dans la méthode et les principes.

Le député a souligné l’importance de l’engagement européen dans le processus de paix. Sur les plans économique et politique, l’Union européenne joue en effet un rôle déterminant dans la région. Il a appelé à l’adoption d’une politique « des petits pas », à l’image de la construction européenne. Selon lui, des solidarités économiques permettront de construire la paix et la sécurité dans la région. Il a néanmoins relevé un déséquilibre dans les initiatives de l’Union européenne, très présente au niveau économique mais qui peine à s’affirmer sur le plan politique. Par ailleurs, l’Europe n’est pas considérée, par les deux parties comme un interlocuteur de même niveau. Pour Vincent Peillon, il est important de surmonter cette asymétrie et de faire savoir aux Israéliens que les politiques de l’Union européenne visent à garantir, dans la durée, la sécurité, la paix et la prospérité dans la région.

Vincent Peillon a conclu son intervention sur l’initiative de l’Union pour la Méditerranée (UpM), qu’il a qualifiée de projet historique. Il a insisté sur l’interdépendance entre les deux rives de la Méditerranée. Cette institution est unique, c’est la seule enceinte qui met côte à côte des représentants palestiniens et israéliens. Si les progrès de l’UpM ont été freinés par le conflit de Gaza de décembre 2008, la Conférence des Présidents qui doit avoir lieu en juin devrait relancer ce processus. Vincent Peillon a modéré les attentes concernant cette réunion.

L’UpM peut certes créer les conditions de la paix mais elle n’est pas le lieu où doit se résoudre le conflit.

Le député européen a conclu sur la responsabilité de l’Europe de tracer des perspectives et donner espoir.

 

Voir également à cet égard les articles suivants (ainsi que les articles auxquels ils renvoient) :

  * Il faut sauver le soldat "Israël" !

  * Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien

  * Proche Orient : Et si malgré les provocations et les violences quotidiennes, nous étions proches de la solution politique et territoriale tant attendue !

  * La Méditerranée, espace de sécurité pour l'Union européenne (IHEDN - 61e session nationale 2008-2009) - nouvelle édition -

  * De la sécurité durable au Maghreb : un autre regard ! - nouvelle édition -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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