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Publié par Patrice Cardot

Pour les trois premiers articles :

 * Redonnons force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège ! - première partie -

 * Redonnons force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège ! - deuxième partie -

 * Redonnons force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège ! - troisième partie -

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Ce début du 21ème siècle n'est pas seulement crisogène, il est également polémogène (cf. à cet égard les deux articles suivants : La période actuelle n'est pas seulement crisogène, elle est aussi polémogène ! L'Union européenne doit se réveiller ! (1) ainsi que La période actuelle n'est pas seulement crisogène, elle est aussi polémogène ! L'Union européenne doit se réveiller ! (2)).

 Les institutions de l’Union européenne comme les Etats qui la composent doivent s’interroger sur les processus et le cadre d’action au moyen desquels ils conduiront l’Union dans une dynamique d’intégration politique sur les registres stratégique et sécuritaire.

La dynamique de l’Union qui vise à créer les conditions d’une telle intégration, y compris par la voie de la différenciation, se heurte à de multiples obstacles qui en révèlent les limites.

Il est à craindre en effet que l’Union éprouve encore longtemps des difficultés aussi bien politiques que structurelles pour se constituer en autrechose qu’un « espace politico-économique normatif et idéel » (ce sentiment étant très largement partagé tant au sein qu’à l’extérieur de ses frontières) ; un espace dont la finalité première semble ne se limiter qu’à l’expérimentation d’un modèle de gouvernance régionale et de prescription de normes applicables à lui-même et ayant vocation à inspirer la dynamique de réforme continue du système de gouvernance internationale. Ce sentiment se nourrit – autant qu’il les alimente en retour - des effets néfastes d’un certain nombre de facteurs sur la performance effective de l’Union en matière de Sécurité.

Afin que le lecteur puisse mieux en percevoir la dynamique pernicieuse sur l’efficacité autant que sur la crédibilité de l’Union en matière de Sécurité, il est proposé ci-dessous une grille de lecture synthétique de ces facteurs qui procède d’un regard essentiellement sociocritique.

 1° - Aux yeux du citoyen, l’UE ne semble pas en mesure de refléter et de consolider un modèle de Sécurité qui soit le reflet des aspirations individuelles et collectives qui s’expriment au travers de la démocratie libérale, sous ses formes représentative et participative.

 2° La dynamique sécuritaire de l’UE est en proie à de nombreux dilemmes qui tiennent à des choix – ou à des non choix - politiques, institutionnels, conceptuels ou doctrinaux contestables .

 3° Les textes fondamentaux de l’UE n’ont pas été conçus de manière appropriée pour favoriser l’émergence, en son sein, d’une politique commune de Sécurité adaptée à la réalité du nouveau contexte paradigmatique.

 4° Les Etats membres se trouvent eux-mêmes placés devant de nombreux dilemmes qui fragilisent les efforts de l’UE (cf. notamment à cet égard La Hongrie se moque des valeurs de l'Europe (Editorial du "Monde") ).

 5° L’UE éprouve de réelles difficultés pour atteindre ses objectifs en préservant ses principes, ses valeurs et ses intérêts avec l’efficacité nécessaire lorsqu’elle est confrontée aux exigences de la coopération internationale.

 6° De nombreux paramètres exogènes interviennent dans la construction des réponses que l’UE entend apporter aux enjeux de Sécurité auxquels elle est confrontée.

Tous ces éléments sont développés plus avant dans un document analysant les limites de la dynamique de l'UE sur le registre de la sécurité : Sécurité UE - Les limites actuelles de la dynamique Sécurité UE - Les limites actuelles de la dynamique !  

 Elaborer des réponses européennes  

Afin d’apporter des réponses appropriées aux défis, aux interrogations, aux limites et aux contraintes mises en perspective dans les articles précédents, on ne peut que recommander que l’Union entreprenne, sans délai, son 'individualisation' comme acteur politique et stratégique ‘global’ ; un acteur à même d’apporter les solutions solidaires et efficaces que les citoyens de l’Union attendent d’elle face aux risques qui affectent tout à la fois la Sécurité, la Prospérité et la Stabilité globales, tant à l’intérieur de ses frontières qu’à ses marches et au niveau mondial.

Et ce en faisant sienne les convictions de K. Annan selon lesquelles :

« dans un monde où les dangers et les problèmes sont liés entre eux, tous les pays ont intérêt à ce que des mesures efficaces soient prises face à tous les dangers et problèmes. Une liberté plus grande exige donc une coopération étendue, poussée et continue entre les Etats. Le monde a besoin d’Etats forts et capables, de partenariats efficaces avec la société civile et le secteur privé et d’institutions intergouvernementales régionales et mondiales agiles et efficaces, capables de mobiliser une action collective et de la coordonner. L’ONU doit être transformée. Des changements inédits doivent être opérés avec une audace jamais vue et une diligence sans précédent. » (Cf. le rapport de K. Annan intitulé « Dans une liberté plus grande – Développement, sécurité et respect des droits de l’Homme pour tous »)

Ne serait-ce que parce que l’ambition et la dynamique attachées à une Union dépassent en exigences et en promesses celles attachées à un « simple » ‘espace’, à une « simple » ‘coopération’, à une « simple » ‘alliance’ ou à un « simple » ‘partenariat’, cette individualisation doit s’opérer au travers d’un double processus d’’autonomisation’ et d’’intégration’ dans l’ensemble des domaines politiques où l’Union a la volonté d’agir pour faire face aux enjeux croisés de Stabilité, de Prospérité et de Sécurité ; et ce, quelle que soit la compétence qui lui aura été attribuée par ses Etats membres pour mener à bien son action dans lesdits domaines.

Ce processus d’individualisation doit en faire un acteur à même de garantir à ses membres la liberté de choisir, d’établir et de mettre en oeuvre :

- un système de Droit et de Justice à la fois commun et spécifique, ainsi que des juridictions appropriées (pouvant, le cas échéant, si les autorités compétentes en décidaient ainsi, jouir d’une compétence universelle), qui lui permettent d’articuler avec la sérénité, la légitimité et l’efficacité nécessaires Sécurité, Liberté et Justice conformément aux aspirations profondes des citoyens de l’Union ;

- les moyens d’asseoir et d’affirmer sa souveraineté dans l’ensemble des domaines politiques qui ont, peu ou prou, des effets sur la préservation de son autonomie dans les matières qui touchent non seulement à sa Sécurité, mais également, au-delà, à sa Stabilité et à sa Cohésion ; en consolidant notamment l’assise sécuritaire des stratégies qu’elle déploie et des politiques qu’elle mène pour maintenir sa compétitivité (en particulier dans les domaines politiques revêtant un caractère stratégique), stimuler son marché intérieur, garantir un développement durable, et renforcer la solidarité aussi bien entre ses Etats membres, entre ses territoires qu’entre ses populations ;

- les moyens d’« empêcher le monde de se défaire » (Cf. Javier Solana lors de son intervention devant l’Institut d’Etudes de Sécurité de l’UE en octobre 2006) ; en permettant aux dynamiques attachées à l’instauration de l’EJLS ainsi qu’au développement de l’action extérieure de l’Union - notamment au travers de la construction progressive de la PESC et de la PESD -, dans leurs aspects internes autant que dans leurs aspects externes, de produire véritablement leurs effets dans le cadre d’un système global de Sécurité ;

- les conditions et les modalités d’un engagement durable, aussi bien individuel que collectif, des citoyens à souscrire aux principes et obligations qui en résultent, au travers de l’exercice d’une citoyenneté d’autant mieux assumée, en conscience et en responsabilité, que les processus d’« accountability » et de « co-ownerhip » seront plus efficaces ; ce qui requiert notamment que leur soient offertes les garanties nécessaires afin que tout manquement d’un Etat ou d’une Institution de l’Union au respect des dispositions du traité en pareilles matières puisse faire l’objet d’un avis, d’un jugement et d’une sanction appropriée prononcés par la Cour de Justice de l’Union européenne .

C’est pour satisfaire l’ensemble de ces exigences que le présent blog recommande de manière récurrente (cf. notamment les articles ayant trait à la révision en profondeur de la stratégie européenne de sécurité : Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1) et suivants) que l’UE emprunte une démarche méthodologique appropriée à une prise en compte globale et pragmatique des défis politiques et sociétaux que soulèvent à la fois, en Europe, la question sécuritaire, en soi, et l’édification d’un système européen de sécurité véritablement global.

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Pour le cinquième article : Redonnons force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège ! - cinquième partie -

 

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