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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 08:14

Avec son Parlement, sa Commission et sa Cour de justice, l'Europe est un espace de liberté, de paix et de démocratie reconnu dans le monde. Avec un marché intérieur de 500 millions d'habitants, l'Europe des 27 est la première puissance commerciale du monde. Elle a la taille nécessaire pour négocier efficacement avec le reste du monde.

Mais composée de 27 pays bientôt de 28 et peut-être de 30, l'Union Européenne ne peut fonctionner qu'à l'unanimité. C'est une garantie pour chaque État mais une faiblesse pour l'ensemble. Il est pratiquement impossible d'aller plus loin dans l'intégration à 27 ou à 30. C'est pourquoi a été approuvé dans le traité européen de Lisbonne le principe de coopération renforcée à plusieurs Etats, dont la principale réalisation à cette heure est la monnaie unique commune à 17 pays.

Ainsi pour aller plus loin, un petit groupe d'avant garde pourrait comprendre par exemple les 6 pays fondateurs de l'Europe, plus l'Espagne.

 Ces 7 pays pourraient entamer une 'coopération renforcée' dont les objectifs pourraient être :

- de réaliser une harmonisation fiscale,

- de réaliser une coopération budgétaire étroite et de se doter d'un budget commun substantiel,

- en fusionnant progressivement une partie des budget nationaux.

Et surtout ces 7 pays pourraient ensemble prendre des mesures fortes pour relancer la croissance.

 En effet, la crise financière qui s'abat sur l'Europe est ressentie surtout comme une crise de l'endettement souverain.En conséquence, la plupart des gouvernements vont être bon gré mal gré, contraints de pratiquer une politique budgétaire restrictive par une réduction des dépenses, par une augmentation des prélèvements obligatoires ou par les deux simultanément. Le rendement fiscal pourrait baisser rendant plus difficile la maîtrise de la dette.

On risque, en prime, de détruire ce qui reste de croissance. On entre alors dans un cycle de désespérance avec baisse du niveau de vie, troubles sociaux puis politiques. L’aventure ne serait pas loin. Il faut donc retrouver le chemin de la croissance.

Faut-il le faire par un accroissement de la consommation ?

Cela déséquilibrerait nos budgets et on pourrait, en plus, risquer de relancer l'inflation.

La seule solution est donc une relance de la croissance par l'investissement.

Comme l'écrit Joseph Stieglitz : « la vraie réponse au moins en ce qui concerne les pays qui peuvent emprunter à faible taux est simple : utiliser l'argent pour procéder à des investissements à haut rendement cela tout à la fois relancerait la croissance et génèrerait des recettes fiscales faisant ainsi baisser à moyen terme le ratio de la dette par rapport au PIB en améliorant la durabilité de la dette. En Europe le ratio de la dette par rapport au PIB est plus bas qu'aux EU.

Si elle disposait également d'un cadre budgétaire commun adéquat, l'Europe serait en meilleure position que les EU. »

Le projet serait alors de relancer immédiatement la croissance par l'investissement productif en une Initiative Européenne de Croissance financée par un emprunt de 500 milliards d'Euros sous forme d'Eurobonds ou de Projectbonds levés sur le marché avec l'aide et l'intermédiaire de la Banque européenne d'investissement (BEI).

L'idée directrice serait d'investir exclusivement dans des projets industriels ou d'infrastructure financièrement rentables, c'est à dire capables de rembourser les emprunts qui les financent.

Le projet pourrait être confié à une Agence Européenne d'Investissement dont les 7 partenaires se partageraient le capital au prorata de leur PIB ou d'un commun accord, l’essentiel des investissements étant financé par emprunt.

Le rôle de cette agence serait d’identifier des projets à haut rendement et d'évaluer leur faisabilité financière avec l'aide de la BEI en s'assurant notamment de la capacité des projets à rembourser eux-mêmes les emprunts qui les financent, afin que sur le long terme l'ensemble ne soit pas considéré comme un endettement net supplémentaire des 7 pays participants.

Les secteurs d'investissements seraient prioritairement : la recherche, les infrastructures de transport et communication intra-européennes, le secteur de l'énergie.

L'effort de 500 milliards d'euros est significatif au niveau de l'investissement et il est à l'échelle des capacités financières des 7 pays.

En effet, suivant l'idée de Joseph Stieglitz, les 7 pays ont un PIB de 10 500 milliards de dollars et un endettement de 9 200 milliards de dollars. Or les Etats-Unis sont endettés à 100 % de leur PIB qui est de 15 000 milliards de dollars. Si les 7 États étaient endettés au même taux de 100 % de leur PIB que les USA, leur endettement serait donc de 10 500 milliards de dollars, ce qui signifie pour les 7 une marge d'endettement de 1 300 milliards de dollars. Or les 500 milliards d'euros de l'Initiative Européenne de Croissance représentent 650 milliards de dollars, soit la moitié de la marge constatée.

Les 7 Etats resteraient donc significativement moins endettés que les USA.

Cette 'coopération renforcée' à 7 serait alors une réelle relance de l'Europe. On imagine les 7 se diriger progressivement vers une structure fédérale qui serait un pôle important de l'Europe en représentant plus de la moitié de la population de l'Union et les 2/3 de sa richesse. Elle représenterait aussi les 2/3 de la richesse des USA.

Elle pourrait jouer un rôle dynamique, celui mené pendant longtemps par le seul couple franco-allemand, qui reste son double pilier fondateur.

Ainsi l'Europe amènerait la croissance, alors que les États ne le peuvent plus.

 

Source : www.inventeragauche.com/.../Relancer-lEurope-par-la-croissance-pa...

 

NDLR Regards-citoyens.com : Seule petite faiblesse juridique du propos, pour constituer une coopération renforcée au sens du traité de Lisbonne, il serait alors nécessaire d'adjoindre 2 à 3 Etats à ces 7 Etats identifiés par Roger Godino, car aucune coopération renforcée ne peut réunir moins d'un tiers du nombre des Etats membres de l'Union (cf. L’instrument de la coopération renforcée )

 

 



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