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Publié par Olivier Jehin

De ces trois mots, le premier est plus que jamais porteur de craintes dans une société européenne qui voudrait appliquer une 'tolérance zéro'. Le second connaît une nouvelle jeunesse, mais de l'expression du concept à sa mise en oeuvre, il y a encore un long chemin à parcourir. Quant au troisième, il a quelquechose de surrané dans un monde qui consacre l'individualisme et la compétitivité. Alors pourquoi les avoir rassemblés ici ? Tout simplement parce qu'ils participent d'un même esprit de défense et qu'ils posent aujourd'hui un défi majeur aux responsables politiques et à la société dans son ensemble.
Loin de moi l'idée de faire l'apologie du risque. En matière financière, on mesure clairement où celà peut mener. Mais vouloir une société où le risque n'existerait plus est purement utopique. Quels que soient les efforts déployés par les gouvernements, y comrpis les plus coûteux systèmes de surveillance - qui peuvent devenir autant de dangers pour les libertés -, il subsistera toujours un risque terroriste, criminel, accidentel ou tout bonnement naturel. Il est tout aussi indispensable de réapprendre qu'un officier de police ou un militaire, dans l'exercice de ses fonctions, peut être amené à faire usage de la force. Ce même militaire ou ce policier peut aussi être la victime d'un malfrat ou d'une action de guerre. Et la société doit l'accepter car ce risque est nécessaire à sa défense. Ces choses peuvent paraître banales. Elles devraient être enseignées !
La culture du risque est en effet un élément fondamental de la résilience. Or, l'un des problèmes majeurs de nos sociétés européennes, c'est bien notre manque de résistance au choc et notre incapacité à nous serrer les coudes pour affronter le risque. Sans la résilience des Britanniques durant la deuxième guerre mondiale, que serait devenue l'Europe ? Quelques morts en Afghanistan suffisent pourtant aujourd'hui à relancer le débat sur le retrait des troupes - un débat vif en Allemagne, au Royaume-Uni ou même, depuis quelques jours, en Pologne - alors que si un taliban tombe, il est automatiquement remplacé par son frère ou son cousin. Chaque mort est regrettable et la guerre conduite en Afghanistan pose de nombreuses questions, mais le retrait comme l'engagement doit être fondé politiquement et stratégiquement. Bien entendu, la résilience n'est pas qu'un simple phénomène culturel, toute une réflxion doit être menée dans les Etats membres et au niveau de l'Union européenne sur les moyens à mettre en oeuvre pour faire face aux conséquences d'actes terroristes, criminels, de guerre ou de catastrophe naturelle ou humaine. Cela recouvre les systèmes de secours, le rétablissement de l'ordre et des services, la protection des infrastructures, etc.
Et c'est dans ces situations que la solidarité est plus que jamais nécessaire. Celle de la famille, mais aussi du quartir, de la commune, de l'Etat, de l'Union. Là encore, les choses ne vont pas de soi et un apprentissage est nécessaire. Il l'est au niveau des individus, mais aussi à celui des Etats et des institutions de l'Union. La clause de solidarité inscrite dans le traité de Lisbonne ne doit pas rester lettre morte. Dès l'entrée en vigueur du traité, il faudra réfléchir aux modalités de sa mise en oeuvre et le faire sans égoïsme. Les Européens ont besoin de voir cette solidarité à l'oeuvre pour croire en l'Europe.
Nb : cet article a été préalablement publié dans l'éditorial du n° 261 d'EDD, le bulletin de l'Agence Europe sur la PESD et l'OTAN en date du 15 octobre 2009.

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