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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 11:46

L’Europe est à deux doigts du KO : les citoyens ont l’impression que, non seulement l’Europe ne les aide pas à sortir de la crise mais que les règles imposées « par Bruxelles » aggravent la situation. Ils ont le sentiment que ce « machin » fonctionne sans eux et parfois contre eux. L’Europe sociale est toujours remise à plus tard.

Une Europe vraiment démocratique

« L’élargissement rend indispensable une réforme fondamentale des institutions, affirmait Joschka Fischer, le ministre allemand des Affaires étrangères, le 12 mai 2000. Avec les institutions actuelles, comment parvenir à agir ? Comment éviter que les compromis soient de plus en plus étranges et que l’intérêt des citoyens pour l’Union ne finisse par tomber bien en dessous de zéro ? Il existe une réponse toute simple : le passage à un système entièrement parlementaire. »

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Dans un système intergouvernemental, sur une question importante, mettre un chef d’état ou le ministre qui le représente en minorité est quasi impossible car c’est prendre le risque d’humilier tout son pays. De ce fait, il faut que les vingt-huit soient d’accord, à l’unanimité, pour que l’on change le contenu d’une politique.

La paralysie est assurée. Ce sont les technocrates ou les marchés qui font la loi.

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Si l’on adoptait un système parlementaire, comme le proposaient les Allemands en 2000, des députés européens de tel ou tel pays pourraient être mis en minorité sans drame national puisque d’autres députés européens du même pays seraient, eux, dans la majorité… C’est bien un débat politique qui est tranché dans un Parlement et non un combat entre nations.

Tous les 5 ans, le vote des citoyens aurait une influence directe et immédiate sur les politiques européennes – comme le vote des citoyens lors des élections législatives ou présidentielles dans chacun de nos pays.

Continuer avec des institutions conçues il y a 60 ans pour 6 pays ne fera pas naître une Europe démocratique.

Il faut passer à un fonctionnement parlementaire. L’Europe n’interviendrait que sur les questions pour lesquelles un pays isolé n’a plus vraiment de souveraineté, celles sur lesquelles nous devons nous unir pour être efficaces : défense, diplomatie, monnaie, recherche, sécurité intérieure, environnement, régulation de la mondialisation financière, fiscalité.

Construire une Europe politique ne va pas nous obliger à des « abandons de souveraineté ». Si l’Europe a un fonctionnement vraiment démocratique, c’est au contraire le meilleur moyen de retrouver une souveraineté réelle dans des domaines où elle nous échappe aujourd’hui. 

Négocier un Traité de l’Europe sociale

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« Votez Oui à Maastricht et on se remettra au travail tout de suite sur l’Europe sociale» affirmait Jacques Delors avant le référendum sur Maastricht en 1992. Il reconnaissait que le traité était très insuffisant en matière sociale mais demandait aux citoyens de ne pas casser la dynamique européenne. Le Oui est passé de justesse. Vingt ans plus tard, alors que la crise sociale s’aggrave dans tous nos pays, les traités européens sont de nouveau en discussion. En matière sociale, les peuples ne peuvent plus se contenter de promesses. Il faut passer aux actes.

En 2003, un projet de Traité social avait reçu le soutien d’un grand nombre de personnalités : aussi bien Stéphane Hessel ou Jacques Delors que José Bové, Bronislaw Geremek (ancien ministre polonais), Enrique Barón Crespo (président du groupe socialiste au Parlement européen), Jean Daniel, Susan George, Bruno Trentin (président du plus grand syndicat italien), quelque 250 parlementaires et des milliers de citoyens issus de toute l’Union.

Pour demander à la Convention Giscard qui rédigeait la Constitution européenne d’intégrer ce Traité social, le président de la Commission, Romano Prodi, avait reçu Pierre Larrouturou, Elio di Rupo (actuel premier Ministre belge) et une délégation des signataires. Devant tous les médias, Prodi souligna avec force l’importance de notre démarche : « Ce sont des critères tout à fait réalistes. C’est seulement une question de volonté politique. »

Après plus de 20 ans d’attente, après 5 ans de crise aiguë, la négociation sur les Traités reprend. Allons-nous rater une fois de plus l’occasion qui s’offre à nous ? Repousser à plus tard l’acte de naissance d’une Europe politique serait un drame historique. C’est cette année qu’il faut envoyer à tous les citoyens d’Europe un signal très fort : l’Europe muselée, c’est fini. L’Europe des lobbies, c’est fini. L’Europe démocratique, ça commence.

Il est fondamental que la France et l’ensemble des progressistes européens agissent ensemble, avec force, pour imposer un traité social dans la négociation. Il n’y aura pas d’Europe forte sans soutien des opinions publiques : pas d’Europe politique sans Europe sociale.

« Peine perdue… Les autres ne voudront pas nous suivre » C’est ce qu’on entend quand on se retrouve face à un blasé pessimiste. Pourtant la volonté est une force entraînante. Souvenez-vous : entre 1981 et 1984, la construction européenne avait été retardée par une dame : Margaret Thatcher, qui exprimait très fortement ses priorités. « I want my money back (rendez-moi mon argent) » avait-elle en tapant du poing sur la table jusqu’à obtenir gain de cause.

En 2014, pourquoi les citoyens ne diraient-ils pas, avec autant de force, quelles sont leurs priorités ? We want democracy ! We want social progress ! « Nous voulons la démocratie. Nous exigeons le progrès social » !

Ce n’est pas à 28 que nous pourrons construire cette Europe. Sans doute est-ce avec 8 ou 9 pays qu’il faut avancer. Les autres nous rejoindront s’ils le souhaitent mais nous ne pouvons pas laisser exploser l’Europe simplement parce que quelques dirigeants ne veulent pas d’une intégration politique ou d’une Europe sociale.

Les mêmes valeurs qui nous poussent à agir contre l’injustice sociale et contre le déficit de démocratie en France et en Europe doivent nous pousser à agir avec beaucoup plus de force pour rééquilibrer les règles du commerce mondial (l’Europe est la première puissance économique mondiale, elle a donc une vraie capacité d’action) et pour le respect des Droits humains aux quatre coins de la planète, en lien avec tous les citoyens, ONG et forces politiques qui portent ces combats.

Source : http://www.nouvelledonne.fr/une-nd-pour-leurope

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