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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 10:08

En janvier 2002, quand les pièces et billets en euros ont remplacé les francs (et les deutschemarks, pesetas, lires, etc.), un touriste français (ou allemand, espagnol, italien, etc.) se rendant aux États-Unis devait débourser l’équivalent de 17 euros pour régler une addition de 15 dollars à la terrasse d’un restaurant. En juillet 2007, la même addition de 15 dollars ne revient plus à ce touriste qu’à 11 euros ! Entre-temps, l’euro est devenu fort et le dollar faible. Avoir une monnaie forte, c’est avoir un pouvoir d’achat renforcé pour acheter des produits et des services facturés dans des monnaies plus faibles. Une monnaie forte réduit ainsi la facture des importations pétrolières. La hausse du prix du baril de pétrole, facturé en dollar, est ainsi en partie atténuée, pour les consommateurs de la zone euro, par le haut niveau de l’euro face au dollar. En réduisant le prix des importations, une monnaie forte limite en même temps la hausse des prix. Elle contribue donc à diminuer le coût du crédit, puisque les taux d’intérêt sont d’autant plus faibles que l’inflation l’est aussi, ce qui est favorable aux consommateurs et aux entreprises. De même, si un État est internationalement très endetté, les gouvernements n’ont pas intérêt à défendre une stratégie d’affaiblissement de leur monnaie, car la hausse des taux d’intérêt renchérira le coût de la dette publique.
Mais les gouvernements doivent prendre en compte d’autres effets : une monnaie forte rend les produits importés plus compétitifs face aux productions locales. Ces derniers mois, le cas d’Airbus, qui construit ses avions dans la zone euro - mais les facture en dollars à ses clients américains ou asiatiques -, est revenu sur le devant de la scène. Les effets de l’euro fort s’ajoutent à ses difficultés industrielles, comme le retard pris par son programme d’avion géant A 380. "Je veux qu'on puisse construire des avions en Europe.

Chaque fois que l'euro s'apprécie de 10 centimes (face au dollar), Airbus a un milliard d'euros à trouver", a dit le président de la République Nicolas Sarkozy, le 23 juin 2007 au salon du Bourget. Effectivement, l'Airbus étant vendu à l'étranger en dollars, mais les fournisseurs et les ouvriers qui le construisent étant payés en euros, tout renchérissement de l'euro coûte très cher au fabricant ! "Je demande qu'on fasse avec l'euro ce que font les Américains avec le dollar, les Chinois avec le yuan, les Japonais avec le yen, les Anglais avec la livre", poursuivait Nicolas Sarkozy, demandant en clair à la Banque centrale européenne de baisser le cours de l'euro.
Pour se prémunir contre les écarts de change, les industriels peuvent toutefois acheter des "couvertures" auprès des banques, qui reviennent à souscrire une assurance selon laquelle, au-delà d’un certain niveau, ils seront indemnisés. Cependant, ces couvertures ont un coût. Airbus est donc encouragé à produire davantage dans la zone dollar et moins dans la zone euro.
Les pays en développement qui contrôlent leurs changes, comme la Chine ou la zone du franc CFA, peuvent être tentés de fixer leur monnaie à une valeur très basse pour développer une stratégie de croissance par les exportations et attirer les investissements étrangers. Le risque est de renchérir le prix des biens qu’ils ne peuvent pas produire - pétrole, matières premières, certains biens alimentaires et manufacturés - et aussi de mettre en péril le remboursement des emprunts contractés en devises. En 1994, les pays africains de la zone franc ont divisé par deux la valeur de leur monnaie, considérée alors comme très surévaluée. "La dévaluation du franc CFA a produit des gains de compétitivité qui se sont réduits depuis mais n'ont pas complètement disparu. Une dévaluation agit sur la compétitivité par les prix, mais ne résout pas à elle seule tous les problèmes : elle ne dispense pas de faire des réformes structurelles, de mener des politiques commerciales, fiscales ou favorisant l'environnement général des affaires", explique Jean-Pierre Patat, conseiller au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii) et ancien directeur général chargé des études et des relations internationales de la Banque de France.

 

Source : http://www.savoirs.essonne.fr/thematiques/les-hommes/economie/monnaie-forte-ou-faible-quel-interet/avantages-et-inconvenients-pour-les-entreprises-et-les-particuliers/

 

 



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