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Ces dernières années, l’Union européenne a été le théâtre de multiples péripéties : crise financière et crise de la dette, renflouements publics, coupes budgétaires, etc. C'est dans ce contexte que l'UE organise des élections en mai 2014 et espère mesurer la confiance de la population dans les institutions européennes. Pour la première fois, les électeurs auront l'occasion de choisir indirectement le prochain président de la Commission.

 

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Résumé

Dans moins de neuf mois, 500 millions d'Européens devront choisir leurs représentants au Parlement européen et définir la direction politique de l'Union. Pour la première fois, ils pourront désigner de manière indirecte le prochain président de la Commission européenne pour les cinq années à venir.

Confrontés aux allégations selon lesquelles les institutions européennes manquent de légitimité démocratique, les décideurs politiques rétorquent que « cette fois-ci, c'est différent ».

Depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, les partis politiques européens se sont engagés à désigner leur candidat à la présidence de la Commission. Le responsable politique sélectionné cherchera ensuite le soutien dans son propre pays, comme lors des élections nationales. Les dirigeants politiques occuperont le devant de la scène et feront de l'ombre aux simples candidats.

Au-delà des personnalités, l'économie sera au cœur des campagnes politiques nationales. La bataille entre l'austérité et la croissance fait rage dans pratiquement toutes les élections nationales depuis le début de la crise de la zone euro en 2010.

« Les élections nationales ont commencé à devenir européennes [...] », indique le professeur Simon Hix, directeur du département gouvernemental de la London School of Economics.

Les problèmes économiques européens dominent de plus en plus les discussions politiques dans tous les États membres. L'Espagne, la France et l'Italie ont organisé des élections au cours des deux dernières années. La gestion de la crise dans ces pays a été saluée ou sanctionnée.

Il n’en ira pas différemment pour les élections européennes des 22 et 25 mai. Elles susciteront le débat entre les défenseurs des mesures d'austérité rigoureuses (centre-droit) et les partisans de l'étalement des restrictions budgétaires sur une plus longue période afin de stimuler la consommation, la confiance, la croissance et la réduction du taux de chômage (centre-gauche).

La hausse de l'agitation sociale et du malaise risque toutefois de déclencher le populisme et d'aller dans la direction de l'euroscepticisme et du nationalisme tranché.

La confiance de la population dans l'Union européenne a atteint des niveaux historiquement bas. La dernière enquête Eurobaromètre révèle que 60 % des Européens n'ont généralement pas confiance dans l’UE, un chiffre deux fois plus élevé qu'en 2007, avant le début de la crise financière mondiale et la crise de la dette de la zone euro qui en a découlé.

« Tandis que de nombreux Européens sont confrontés au chômage, à l'incertitude et à des inégalités grandissantes, une sorte de lassitude européenne s’est installée, associée à un manque de compréhension : qui fait quoi, qui contrôle qui et quoi ? Et où allons-nous ? », s’est récemment demandé José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.

Certains eurodéputés sortants précisent que l'Europe se résume à beaucoup plus que l’économie et la croissance. Selon eux, les responsables politiques doivent fournir un nouveau récit construit sur des valeurs communes qui rassemblent les citoyens européens dans un monde mondialisé en vue de contrer l'euroscepticisme. Ils plaident en faveur de l'unité culturelle.

Ce récit est imbriqué dans le nouveau modus operandi du Parlement européen. Au cours de la législature actuelle, les eurodéputés ont fait de leur mieux pour souligner l'importance grandissante du seul organe européen directement élu.

Ces dernières années, ils ont garanti des restrictions sur les primes des banquiers en Europe, supprimé l’accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) et rejeté un budget de l'UE à long terme, jugé trop modeste.

Le Parlement a peut-être renforcé ses compétences dans la prise de décision, mais des questions subsistent : les citoyens en ont-ils pris note ? Voteront-ils afin que l’Union participe davantage à la manière dont les dirigeants européens gèrent leur avenir ? Saisiront-ils l'enjeu cette fois-ci et se rendront-ils aux urnes ?

Selon le professeur Hix, une chose est sûre : « La majorité politique qui sort des urnes déterminera non seulement les politiques poursuivies par le Parlement européen, mais également la personne qui tiendra les rennes de la machine européenne, le président de la Commission. Pour la première fois, il pourrait s'agir de véritables "élections européennes". Les résultats permettraient de mettre en place des politiques européennes pour les cinq années à venir au moins », déclare-t-il. 

Enjeux

Quels changements le traité de Lisbonne apporte-t-il ?

Ce traité a renforcé les compétences du Parlement européen et son rôle en tant que colégislateur. Il lui confère des responsabilités supplémentaires, déjà illustrées au cours de la législature précédente dans le domaine de l’agriculture, de la sécurité énergétique, du commerce international, de la santé, de la justice et des affaires intérieures.

À partir des élections de 2014, les premières depuis le traité de Lisbonne, le Parlement élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil européen en prenant en compte les résultats des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du traité sur l'Union européenne).

Ce changement important pourrait sensibiliser les citoyens à l'importance des élections européennes et accroître le taux de participation. 

La crise de la zone euro a néanmoins partiellement assombri les avantages théoriques du traité de Lisbonne. La crise a créé de facto une union parallèle qualifiée d'« Union de secours » par Klaus Welle, le secrétaire général du Parlement européen.

Selon lui, cette deuxième union soulève des questions en matière de légitimité démocratique, d'efficacité et d'expertise. Des ministres européens ont décidé de faire payer les petits épargnants pour le renflouement de Chypre et n'ont pas pris leur responsabilité, ce qui montre les limites de l'Union de secours.

Klaus Welle ajoute qu'une modification du traité n'est pas nécessaire pour restaurer la confiance étant donné que le traité de Lisbonne présente un potentiel non utilisé.

Selon le secrétaire général du Parlement européen, un partenariat parlementaire, non seulement avec les parlements nationaux, mais également avec les organes consultatifs de l’UE, comme le Comité des régions et le Comité économique et social, contribuerait grandement à combler le déficit démocratique.

Une proposition de la Commission en faveur d'un nouveau cadre juridique et financier pour les partis politiques européens n'a pas encore été adoptée. Sa mise en place avant les élections en mai 2014 serait une avancée positive pour l'Union européenne.

Les partis politiques européens obtiendraient un statut juridique à part entière dans tous les États membres, un changement par rapport au régime actuel. Huit partis sur treize sont enregistrés en tant qu'ONG en Belgique. Ils connaissent des difficultés juridiques à entreprendre des activités dans les États membres.

La proposition remplacerait un règlement de 2003 et ouvrirait la voie vers un amendement du règlement financier lors de son entrée en vigueur l'année prochaine. Cette proposition est cependant soumise à certaines conditions.

L'exécutif européen réclame plus de transparence. En vertu de la proposition de la Commission, les partis politiques européens recevront des contributions financières directes et non plus des subventions, qu'ils obtenaient auparavant en raison de leur statut d'ONG.

Ce changement place les partis sur le même pied que les institutions européennes et pourrait renforcer les liens entre le Parlement et les citoyens. « Nous aimerions voir l'introduction de règles de financement des partis politiques à l'échelle européenne qui donnent lieu à des élections du Parlement européen équitables et transparentes en 2014 », indique Jana Mittermaier, la directrice du bureau européen de Transparency International.

En juillet 2013, le Parlement a adopté une résolution rédigée par l'eurodéputé britannique libéral Andrew Duff. Ce dernier souhaite donner un caractère « plus européen » aux élections européennes.

Selon la résolution, juridiquement non contraignante, les partis européens devraient désigner leur candidat au poste de président de la Commission avant les élections.

Le nouveau traité réduit également le nombre d'eurodéputés à 750. Chaque pays occupera au minimum 6 sièges et au maximum 96. L'Italie a réussi à obtenir un député supplémentaire et se trouve ainsi sur le même pied que le Royaume-Uni (73 sièges). La France, quant à elle, en compte 74.La nouvelle formule du « 750 + 1 » laisse penser que le président du Parlement n'aurait pas le droit de vote.

Qui sera à la tête de la Commission européenne ?

Les deux grands groupes politiques, le Parti socialiste européen (PSE) et le Parti populaire européen (PPE), ont déjà annoncé qu'ils éliraient un candidat pour le poste de président de la Commission bien avant les élections européennes afin de mobiliser les électeurs.

M. Barroso (PPE) pourrait briguer un troisième mandat en théorie, mais des experts de l'UE estiment que c'est très improbable.

Le président du Parlement, Martin Schulz (PSE), très apprécié dans les cercles politiques de centre-gauche de nombreux pays, est en tête de la liste des candidats potentiels. D'autres noms socialistes circulent également : Helle Thorning-Schmidt, la première ministre danoise ; José Luis Zapatero, l'ancien premier ministre espagnol et Pascal Lamy, l’ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce.

Du côté du centre-droit (PPE), voici les candidats éventuels : Donald Tusk, le premier ministre polonais ; Viviane Reding, vice-présidente de la Commission ; Fredrik Reinfeldt, le premier ministre suédois ; Dalia Grybauskaitė, la présidente lituanienne et Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international.

Ces deux partis influents adoptent des points de vue très différents à propos de la gestion de la crise de la zone euro. Le PPE plaide en faveur du maintien des politiques d'austérité alors que le PES s'y oppose fermement, conformément à leur orientation politique respective. Les citoyens européens auront donc un choix évident en mai 2014 quant à la réponse à la crise.

Olli Rehn, vice-président de la Commission en charge des affaires économiques et monétaires, aurait déclaré à la presse finlandaise qu'il pourrait se présenter à la présidence du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE). Il deviendrait ainsi leur candidat au poste de président de l'exécutif européen.

Étant donné les modestes résultats de l'ADLE lors des dernières élections de 2009 (84 eurodéputés sur 736), il est très improbable que les libéraux battent les deux autres grands groupes politiques : le PPE (265 eurodéputés) et le PSE (184 eurodéputés).

Le candidat de l'ADLE pourrait toutefois avoir une chance d'obtenir le poste si aucun candidat de centre-gauche ou de centre-droit ne sort clairement vainqueur.  La candidature de M. Rehn pourrait irriter au moins deux poids lourds de la scène politique : Guy Verhofstadt, l'actuel chef de file du groupe ADLE au Parlement européen, un ami du Finlandais et considéré comme le candidat libéral par nature ; et Jyrki Katainen, le premier ministre finlandais et membre d'un parti affilié au PPE.

Les partis politiques européens organiseront leur congrès respectif dans les mois à venir.  Le PSE désigne actuellement ses candidats et cette procédure prend fin en octobre. La décision tombera lors du congrès du parti en février 2014, la date exacte reste à confirmer.

Les membres du PPE se rendront à Dublin le 7 mars 2014 pour choisir leur candidat à la tête de l'exécutif européen et adopter un manifeste électoral.

Les Verts organiseront des primaires en automne. Ils présenteront leurs deux candidats le 22 février 2014. Les libéraux se réuniront à Londres du 27 au 29 novembre.

Le Parti de la gauche européenne tiendra son congrès du 13 au 15 décembre à Madrid. 

Un récent Eurobaromètre révèle que 73 % des Européens considèrent que des informations supplémentaires sur les affiliations des candidats à un parti politique européen encourageraient les électeurs à voter. Environ 62 % des personnes interrogées estiment que des candidats de partis au poste de président de la Commission et un seul jour de scrutin renforceraient le taux de participation.

La nouvelle Commission doit entrer en fonction le 1er novembre 2014.

Euroscepticisme

Avec une Europe déchirée par la crise économique, le ressentiment envers Bruxelles se manifeste plus que jamais. Bon nombre d'Européens ont accusé l'UE d'avoir provoqué la crise, pointant du doigt un échec de la monnaie unique. Ils tiennent également l’UE responsable des séries continues de mesures d'austérité, qui ont engendré la perte de services indispensables à certaines communautés. Et déplorent son manque perçu de légitimité démocratique. 

L'euroscepticisme « dur » s'oppose à l'adhésion à l'UE ou à son existence. Le Groupe Europe libertés démocratie du Parlement européen, dont fait partie le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), appartient à cette catégorie.

L'euroscepticisme « modéré » soutient l'adhésion à l'UE et son existence, mais se dresse contre une intégration renforcée des politiques de l'UE et contre l'idée d'une Europe fédérale. Le Groupe des conservateurs et réformistes européens, qui comprend notamment le Parti conservateur britannique et l'Alliance de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, peut être qualifié d'eurosceptique modéré.

L'extrémisme semble cependant avoir le vent en poupe dans l'ensemble de l'Europe.  « Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale les forces extrémistes et populistes n'ont eu autant d'influence sur les parlements nationaux », déclare la commissaire en charge des affaires intérieures, Cecilia Malmström.

La crise économique qui perdure a fait grimper les taux de chômage et de l'exclusion sociale sur le Vieux Continent à des niveaux jamais enregistrés. Dans ce contexte, les Européens soutiennent de plus en plus les partis d'extrême droite.

Simon Hix, président de l'organisation VoteWatch, indique que le nombre de votes eurosceptiques au Parlement européen augmentera certainement lors des prochaines élections. Un problème pour les deux autres grandes institutions européennes, la Commission et le Conseil. Cette tendance pourrait également avoir des répercussions sur des parties clés de la législation européenne, comme la libre circulation des personnes et l'environnement.

Les partis eurosceptiques en Europe ont fait part de leur volonté d'agir au niveau européen. À l'instar de Geert Wilders, le leader néerlandais de l'extrême droite, qui vient d’entreprendre une tournée en Europe pour tenter de mettre sur pied un nouveau mouvement de partis d'extrême droite en amont des élections européennes.

Selon nos sources, peu de partis répondant aux mêmes aspirations sont disposés à adhérer à l'initiative. L'UKIP, le parti eurosceptique le plus virulent du Parlement, a d'emblée rejeté la proposition.

Les partis eurosceptiques se multiplient dans de nombreux États membres, mais leur histoire et leurs causes sont complètement différentes.

Dans une Grèce criblée de dettes, les partis antieuropéens ont gagné du terrain des deux côtés du spectre politique. À l'extrême gauche, Syriza plaide en faveur d'une sorte de nationalisme économique. À l'extrême droite, l'Aube dorée, connue pour ses déclarations violentes à l'égard des immigrants, arbore des symboles nazis et adopte un discours fortement antieuropéen.

Deux États membres fondateurs, la France et les Pays-Bas, sont confrontés à la montée de leurs partis d'extrême droite : respectivement le Front national et le Parti pour la liberté (PVV). Les deux partis s’opposent à l'immigration, au maintien dans l'Union et à la monnaie unique.

Dans l'Hexagone, les socialistes, actuellement au pouvoir, s'inquiètent de cette montée de l'extrême droite. Ils établissent des comparaisons avec la débâcle de 2002. Cette année-là, Jean-Marie Le Pen, le dirigeant de l'époque du Front national, avait réussi à accéder au second tour des élections nationales.

Les socialistes préviennent que la campagne pourrait dégénérer. Ils ne se satisfont pas d'un statu quo européen et appellent à davantage de transparence et de démocratie.  Stéphane Le Foll, le ministre de l'agriculture et ancien eurodéputé, indique que les changements apportés par le traité de Lisbonne pourraient aboutir à une Europe différente.

Les dernières élections en Italie ont vu l'émergence du Mouvement 5 étoiles de Beppe Grilo, suscitant des inquiétudes quant à l'avenir économique du pays. Plusieurs de ses membres ont également adopté des points de vue eurosceptiques.

Nigel Farage, le chef de file de l'UKIP, incarne l’« europhobie » au Royaume-Uni. Il exerce une pression croissante sur les partis traditionnels à l'aide de discours et d'actions contre l'UE.

Ce sentiment eurosceptique n’épargne pas les nouveaux États membres. En Pologne, Donald Tusk met en garde contre un « nouvel euroscepticisme », différent de celui dans les anciens États membres. Cette tendance consiste à « prendre des mesures qui affaiblissent l'UE ».

Selon l’eurodéputé Andrew Duff, cette bipolarisation ne serait pas si mauvaise en fin de compte. Elle permettrait probablement de faire grimper le taux de participation aux élections et de susciter davantage d’intérêt pour les thèmes européens.

Le vote des jeunes

Depuis des décennies, les élections du Parlement européen ont été reléguées au second plan. Le taux de participation est continuellement en baisse depuis le premier suffrage direct en 1979. Selon une enquête de la Commission européenne, 65 % des personnes de moins de 30 ans habilitées à participer au scrutin envisagent de se rendre aux urnes l’année prochaine. Les électeurs qui voteront pour la première fois seraient au cœur de ce nouveau phénomène. Un changement fondamental par rapport au passé.

Le taux de participation le plus bas de l'histoire a été atteint lors des dernières élections en 2009 : seuls 43 % de la population en âge de voter ont déposé leur bulletin dans l'urne. Parmi ceux-ci, le taux de participation des jeunes a enregistré la plus grande chute en passant de 33 % en 2004 à 29 % en 2009.

Selon des données de l'office européen des statistiques, Eurostat,  le taux de chômage a atteint un taux record dans la zone euro en juillet 2013 : 12,1 %. Les jeunes sont les plus touchés avec 23,9 %, surtout dans l'Europe méridionale : la Grèce et l'Espagne enregistraient environ 60 % tandis que l'Italie et le Portugal dépassaient les 40 %.

Si le taux de participation des jeunes est amené à doubler comme prévu, la question sera de savoir pour qui ils voteront : les partis traditionnels (PPE, ALDE, PSE) ou les eurosceptiques, tels que l'UKIP ou les Vrais Finlandais ? Leur vote pourrait ainsi s'avérer déterminant dans la désignation du plus grand groupe politique et donc dans le choix du prochain président de la Commission, une fonction importante avec un rôle direct dans l’élaboration de l’avenir de l'Europe.

Les États membres ont convenu en juin 2013 de débloquer 8 milliards d'euros à partir de 2014 afin de lutter contre le chômage des jeunes. Ces fonds constitueront la base d'une « Garantie pour la jeunesse », visant à proposer un emploi, une formation ou apprentissage aux jeunes quatre mois après leur sortie de l'école.

À la suite de négociations fructueuses avec les États membres, le Parlement européen a donné son feu vert en septembre à un nouveau programme de 15 milliards d’euros pour soutenir la création d’emploi, faciliter la mobilité des travailleurs et lutter contre l’exclusion sociale. Ce programme est destiné, entre autres, aux jeunes Européens.

Des professionnels et des économistes voient toutefois cette mesure d'un mauvais oeil. L'ancien responsable de l'innovation de Nokia Juhani Risku explique à EurActiv que la « Garantie pour la jeunesse est une solution un peu aléatoire, passive et temporaire ». Nous ne pouvons pas continuer à dépenser l'argent des contribuables dans des mesures aléatoires, inefficaces et temporaires en espérant que le problème disparaisse ».

Avec un soutien fort du Parlement européen, le  Forum européen de la jeunesse exige un budget plus conséquent consacré à la Garantie pour la jeunesse et d’autres programmes axés sur les jeunes si l'UE souhaite faire la différence dans ce domaine.

L'OCDE a également émis quelques craintes quant à la situation du chômage des jeunes en Europe. Elle appelle à une plus grande intervention gouvernementale et propose par exemple de financer les entreprises pour embaucher des jeunes.

Au Royaume-Uni, les jeunes semblent également de plus en plus intéressés par les élections et les thèmes européens. Les dirigeants politiques « europhobes » et « europhiles » se focaliseront sur les 18-44 ans en amont d'un référendum éventuel sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE après les élections nationales en 2015.

Les jeunes seront vraisemblablement le centre d’attention de nombreuses campagnes électorales.

Les médias sociaux pour combler le déficit démocratique

Pour les dernières élections européennes en 2009, une panoplie de moyens de communication ont déjà été mis en place.  La Commission s'était par exemple associée à MTV pour une campagne conjointe « Ohé l'Europe, tu m'entends ? » visant à encourager davantage de jeunes à se rendre aux urnes.  

Ces élections se sont pourtant avéré les moins populaires de l'histoire de l'Union. Il est devenu de plus en plus évident que les moyens de communication traditionnels ne suffisent plus. Les médias sociaux devraient jouer un rôle plus important dans la campagne.

Selon des blogueurs, les eurodéputés n'utilisent pas suffisament les médias sociaux, comme Twitter, Facebook ou les blogs, pour interagir avec les citoyens.

Le Parlement européen a lancé un « agrégateur » de contenu appelé « EP News Hub ». Cette plateforme rassemble des communications officielles, les tweets et les publications Facebook des eurodéputés ainsi que des photos de Flickr et des vidéos produites par la chaîne de télévision officielle du Parlement européen, Europarl TV.

Les eurodéputés adoptent toujours des comportements différents vis-à-vis des médias sociaux. Certains d'entre eux n'ont jamais publié de tweets, alors que d'autres sont très habiles avec cette nouvelle technologie. Cette disparité pourrait influencer l'équilibre de l'information politique publiée sur la toile. Selon le Parlement, l'EP News Hub est idéologiquement neutre et les activités des députés en définissent le contenu. Plus les eurodéputés y participent, plus le contenu sera équilibré, indique le législatif européen.

Jon Worth, blogueur reconnu et spécialiste des médias sociaux, conseille aux eurodéputés de mieux organiser leur présence sur l'Internet. Ils devraient tout d'abord utiliser un blog hybride qui rassemble leur activité sur les médias sociaux et la liste de leurs engagements, activités juridiques et toutes les informations pertinentes.

Selon lui, une méthode ciblée est essentielle.  Les eurodéputés devraient mettre à disposition un flux RSS de leur site Internet et de leur contribution dans les médias sociaux, afin de faciliter l'accès à leur travail grâce à l'utilisation de mots clés.   Ils devraient organiser leurs courriels par thèmes et groupes cibles (journalistes, membres de parti, etc.) au lieu d’envoyer simplement des lettres d'information hedbdomadaires ou mensuelles.

M. Worth souligne l'importance de la présence sur Facebook et Twitter. Les billets de blog peuvent être publiés sur les deux réseaux, mais pas les communiqués de presse du type « L'eurodéputé XX déclare XYZ ». Ce style ne correspond pas à la nature informelle de ces réseaux. Un eurodéputé a intérêt à rédiger tout le contenu lui-même, plus que d'en confier la rédaction à son assistant.

En raison de l'importance croissante de l'anglais à Bruxelles, une transition linguistique sera nécessaire pour les communications au cours des campagnes électorales. Bon nombre d'eurodéputés s'expriment en anglais lors de communications sur l'Internet. Ce n'est toutefois pas la bonne voie à suivre s'ils souhaitent attirer des électeurs de leur propre pays, prévient l’expert.

M. Worth explique à EurActiv que les députés européens devront se concentrer sur les résultats de recherche sur Google au cours de la phase de préparation aux élections. « Les eurodéputés sont en général peu connus au niveau national, les électeurs taperont au moins le nom d'un candidat sur Google. Le site Internet d'un candidat est donc plus important que jamais au cours d'une campagne électorale », ajoute-t-il.

Selon lui, Facebook serait plus utile pour atteindre les militants des partis puisque les débats sur Twitter pourraient décliner à l’approche des élections.

D'autres blogueurs remettent également en question l'utilisation des médias par les eurodéputés et leur niveau d'interactivité. Même si des données révèlent que l'utilisation des réseaux sociaux est en hausse depuis 2009, elles sont trompeuses, indique un blogueur sous le pseudonyme « Steffen ». Selon une étude, une majorité d'eurodéputés qui ont un blog et publient des tweets trouvent qu’il est plus important d’« exprimer directement ses idées » plutôt qu'« engager un dialogue ».

Des enquêtes révèlent également que les eurodéputés utilisent moins souvent des blogs. Steffen se demande : « Si les eurodéputés préfèrent utiliser Twitter et Facebook au lieu de publier sur leur blog, bien que bon nombreux d’entre n'engagent pas le dialogue, dans quel but utilisent-ils ces outils ? Probablement pour publier des communiqués de presse ou annoncer qu’ils s’exprimeront lors d’un évènement ».

On pourrait toutefois s'attendre à un changement de comportement au cours des prochaines années, étant donné que plus d’eurodéputés constateront les avantages obtenus par d’autres grâce à cette nouvelle forme d'engagement.

Dates clés

  • 10 septembre 2013 : lancement de la campagne d'information du Parlement européen
  • Novembre 2013 - janvier 2014 : primaires des Verts
  • 27-29 novembre 2013 :  congrès du groupe ADLE à Londres
  • 13-15 décembre 2013 :  congrès du Parti de la gauche européenne à Madrid
  • Février 2014 : congrès du Parti socialiste européen (PSE), (la date exacte n'a pas encore été confirmée)
  • 7 mars 2014 : congrès du PPE (centre-droit) à Dublin
  • 22-25 mai 2014 : élections au Parlement européen
  • 1er novembre 2014 :  la nouvelle Commission européenne entre en fonction
  • 2015 : référendum au Royaume-Uni sur la place du pays dans l'UE

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Institutions européennes

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