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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 16:21

Si l’Union européenne (UE) ne semble pas parvenir à s’échapper de la crise profonde à laquelle elle est confrontée, une raison importante est la position prédominante des chefs d’Etat et de gouvernements nationaux dans la structure politique européenne. Dans l’Union d’aujourd’hui, ce rôle primordial des leaders nationaux est devenu obsolète et très nuisible pour le fonctionnement efficace et démocratique de la construction européenne. De plus, leur présence prononcée sur la scène européenne est une cause des incompréhensions intra-européennes grandissantes.

L’UE d’aujourd’hui ne ressemble en rien au club des premiers jours. Réunissant 28 pays et 500 million d’habitants, l’Union en tant que telle est devenue un niveau supranational développé avec de fortes compétences dans une variété de domaines. Nonobstant que les Etats membres restent des entités souveraines, ce niveau transnational européen est devenu un échelon indispensable dans l’organisation politique du continent. Pourtant, plutôt que d’être un niveau démocratique indépendant, le niveau européen semble souvent dirigé, voir dominé par les chefs nationaux.

Encore davantage depuis son institutionnalisation formelle par le Traité de Lisbonne (2009), le Conseil européen est ainsi devenu l’acteur primordial de la politique européenne. Réunissant les leaders nationaux, cet organe s’est installé subrepticement au cœur de la procédure décisionnelle européenne. Au détriment de la Commission, du Parlement européen et du Conseil de l’UE – réunissant les ministres sectoriels compétents – les chefs des exécutifs nationaux sont devenus les décideurs européens clés.

Une telle prise de pouvoir de la part du Conseil européen est problématique. Non seulement n’est elle pas efficace et non démocratique, mais également est elle dangereuse pour le projet d’intégration en tant que tel et la compréhension mutuelle entre les Européens.

Un système inefficace

Le rôle pivot des chefs nationaux dans le système décisionnel européen est inefficace car il empêche une prise de décision rapide et cohérente, pourtant tellement nécessaire pour faire bouger et renforcer l’ensemble de l’Europe.

Comme on a dû constater à plusieurs reprises lors de la crise de l’Euro, au niveau européen pratiquement rien d’important ne se fait sans l’accord des chefs d’Etats et de gouvernements. Pour chaque pas, pour chaque décision, il faut un consensus préalable entre maintenant déjà 28 leaders nationaux. Surtout en période de crise, une suite de réunions ad-hoc – chacune menant à un nouveau plan diffus et des déclarations solennelles, mais souvent contradictoires – en est le résultat.
De plus, à chaque fois les conclusions de ces réunions de crises ne semblent pas trouver leurs origines dans des réflexions profondes sur l’intérêt commun de l’Europe et de ses citoyens, mais dans des considérations nationales.

Vu que les chefs d’Etats et de gouvernements sont tout d’abord des personnages politiques nationaux, élus chacun dans leur pays afin de gouverner celui-ci ; ils ne sont responsables qu’envers la population de ce pays et leur survie politique ne dépend que de leur propre électorat national. Il en résulte que leur loyauté concerne avant tout cette population nationale. Leur point de vue est par définition national. Du coup, il est douteux que ces leaders nationaux cherchent des solutions avantageuses pour l’ensemble de l’Union et non seulement des solutions les moins onéreuses pour leur pays. Si les leaders politiques nationaux, réunis dans le Conseil européen, ont le choix entre une option favorable à l’Union toute entière, mais probablement nocive pour les intérêts directs de leur propre Etat – même si uniquement à court terme – et une option, contredisant les intérêts de l’Europe commune mais pas défavorable pour le propre pays – au moins à court terme ; il ne faut pas douter que dans la large majorité des cas, ils choisiront la deuxième option. Chacun des membres du Conseil européen songe tout d’abord à ce que son électorat dira de l’accord obtenu ou de la solution trouvée. Ainsi, personne ne regarde la problématique d’un point de vue nettement européen. En fin de compte, personne ne défend l’intérêt européen commun car personne n’a un intérêt direct à le défendre.

Qu’un tel système décisionnel est inefficace et difficilement capable de trouver des solutions nécessaires aux défis partagés auxquels les pays européens se voient confrontés est évident. Tout comme un pays n’est pas gouverné par une assemblée réunissant les maires de toutes les villes et communes – précisément parce que cela se montrerait ingouvernable, aucun parmi eux étant élu pour défendre l’intérêt du pays tout entier mais rien que pour défendre l’intérêt de sa propre localité – l’UE ne devrait pas être gouvernée par des personnes qui n’y sont pas élues et qui n’ont pas d’intérêt direct à la défendre. Si on veut trouver des solutions aptes à répondre aux défis qui nous sont communs, il nous faut des dirigeants ayants un intérêt politique personnel à songer au commun. Par conséquence le rôle direct des leaders nationaux doit être limité en faveur des institutions démocratiques européennes plus indépendantes du niveau national, afin d’améliorer l’efficacité du niveau européen et de le rendre capable de définir des politiques favorables aux intérêts communs.

Un système démocratiquement douteux

Cette réorganisation du système européen est d’autant plus indispensable, si on l’observe non seulement d’un point de vue d’efficacité, mais aussi de démocratie.

Les membres du Conseil européen ont certes été élus ; mais, comme mentionné par avant, chacun dans leur propre pays, avec le seul but de ne gouverner que celui-ci. Par contre, ils n’ont pas été élus par la population européenne pour diriger l’Europe dans sa totalité. Le mandat que leur électorat leur a octroyé est un mandat national et non pas européen, c’est un mandat basé sur un programme national présenté lors des élections nationales. Dans le cas ou le Conseil européen décide ensuite des orientations et des priorités politiques générales de l’Union (art.15 Traité UE), suite à quelles élections est-il mandaté et sur base de quel programme le fait-il?

À aucun moment, le peuple ne peut juger les grandes lignes de la marche à suivre pour l’Europe. Lors des élections nationales, la politique européenne, si elle n’est pas déjà totalement absente, n’est qu’un sujet parmi plusieurs; alors que le scrutin européen est souvent perçu comme des élections nationales de deuxième rang. Si on en parle de l’Europe, c’est avant tout d’un point de vue national.

De plus, au sein de l’organe intergouvernemental qui est le Conseil, certains leaders sont plus égaux que d’autres. Le vrai pouvoir se trouve dans les mains de quelques personnages clés, chefs des grands Etats. Sans par exemple l’approbation du président français ou – certes aujourd’hui – sans la bénédiction de la chancelière allemande, les choses ne se bougent guère. Alors, même si on assume que le peuple a quand-même un accès démocratique aux décideurs européens par la voie des élections nationales, cet accès est fortement inégal, car seulement une partie restreinte de la population totale de l’Union peut tout à fait voter pour ces quelques décideurs clés.

D’ailleurs, le Conseil manque un véritable contrôle parlementaire, pourtant indispensable dans notre démocratie moderne. Bien que les élections européennes mènent à la désignation d’un Parlement européen, ce parlement n’est pas en mesure – ni institutionnellement, ni politiquement – de contrôler le Conseil européen. Quant à un contrôle par le niveau national, il semble échapper aux élus nationaux que les leaders politiques qu’ils sont supposés de contrôler sont très actifs au niveau européen. Les membres des parlements nationaux apparaissent presque inconscients du fait que le chef du propre exécutif est un décideur européen clé. De plus les chefs d’Etats et de gouvernements tiennent séparé de façon quasi-schizophrène, leur rôle national et européen. Une fois rentré dans leur capitale, ils semblent rapidement oublier qu’ils sont des acteurs centraux de la politique européenne. Quand ils prennent par exemple des mesures d’austérité pour mettre en ordre leurs budgets, des mesures certes impopulaires, c’est que l’Europe les oblige de faire ainsi. Qu’ils sont eux-mêmes, réunis dans le Conseil, les décideurs principaux derrière ces obligations européennes, ils ne le disent jamais. Ainsi, ils arrivent à se soustraire largement d’un contrôle parlementaire sur leurs activités et décisions européennes.

Un système semant la discorde

Finalement, il y’a un problème sous-exposé. La présence très prononcée des leaders nationaux sur la scène politique européenne – surtout en période de crise – pourrait bien être une raison des sentiments nationalistes croissants et de l’attitude négative envers d’autres européens.

Prenons tout simplement l’exemple de la Grèce et de l’Allemagne. Depuis le début de la crise de l’Euro, le leader politique allemand, Angela Merkel, est très présent sur la scène européenne. En matière économique, la chancelière fédérale s’est positionnée comme chef européen du premier rang. Régulièrement, elle fait de grandes déclarations sur l’Euro et le chemin à suivre pour la Grèce afin de se sortir de la crise. La chancelière allemande s’est érigée en initiateur d’une politique d’austérité et en tant que leader de la première économie européenne, elle est devenue le visage des mesures d’économie drastiques imposées au gouvernement grec. Ainsi, dans la perception populaire grecque elle est devenue la personnification, si même pas l’origine de toute leur misère actuelle. Ensuite, une extrapolation de « Merkel » aux « Allemands » n’est pas tout à fait imaginaire et même bien présente ; la population grecque ne risque pas seulement de se sentir dominée, même harcelée par Merkel, mais par l’Allemagne toute entière. Par contre, pour les Allemands, cette présence surdimensionnée de leur chancelière sur le plan européen renforce encore l’idée d’être les seuls bailleurs de fonds de ces Grecs paresseux. Une telle animosité et incompréhension mutuelle croissante entre différentes populations européennes est clairement défavorable au projet d’intégration et risque même mener à des tensions intra-européennes tout simplement dangereuses.

Il est bien entendu difficile pour les gens d’accepter qu’un leader politique d’un autre Etat – un leader qui ils n’ont pas élu – leur dicte quel chemin à prendre et quels sacrifices à faire. La présence très prononcée des leaders nationaux sur la scène européenne risque ainsi de produire dans plusieurs pays le sentiment d’être dominé par les autres. Elle risque donner aux gens l’impression d’être dirigés par des puissances externes. Si par contre, les décideurs clés de la politique européenne trouvaient leur légitimité non pas dans des élections nationales, mais assumaient leur rôle suite à un scrutin vraiment européen, ce sentiment de domination et le risque d’incompréhension intra-populaire qui s’ensuivent, deviendront certainement moins aigus. Si un décideur élu par un seul électorat européen prenait des décisions impopulaires ou devenait le visage d’une politique contestée, et par suite devenait fortement impopulaire, le risque d’une extrapolation de l’image négative de ce seul décideur envers une population toute entière semblerait moins plausible.

Alors, une diminution de la position prépondérante des leaders politiques nationaux sur la scène politique européenne et leur remplacement par des vrais leaders européens, n’augmentera pas seulement l’efficacité et la démocratie du niveau européen, mais pourrait également aider à diminuer des risques de rancune et d’incompréhension entre différentes populations européennes.

Source : http://www.sauvonsleurope.eu/pourquoi-les-leaders-nationaux-ne-sont-pas-de-bons-leaders-europeens/

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 16:08

Depuis un an, les plans sociaux ne cessent de pleuvoir sur notre pays, et celui annoncé ce vendredi de l'entreprise de messagerie Mory Ducros apparait comme celui de trop. Si le contexte juridique et fiscal de notre pays est loin d'aider les patrons français, sont également en cause une vision colbertiste de l'économie et des problèmes de gestion interne.      

Atlantico : La Redoute, Fagor Brandt et Mory Ducros, en un an, la France a connu plus de 1000 plans sociaux. Quelle conclusion peut-on en tirer quant à la situation économique globale du pays ?

Jean-Yves Archer : Depuis plusieurs mois, la France subit une vague de plans sociaux qui tourne à la déferlante tant les volumes d'emplois détruits sont importants. Les entreprises sont usées par cette crise qui ne semble pas devoir finir et qui lamine leurs marges (taux de marge de 28% contre 45% en Allemagne ). Dès lors, elles ont recours à un outil technique qui est le plan de sauvegarde de l'emploi ou à un outil juridique radical : la déclaration de cessation des paiements comme dans le cas du transporteur Mory Ducros, dernière mauvaise nouvelle en date.

Les plans sociaux sont-ils une fatalité ? Certains le pensent et soulignent le mauvais climat des affaires que les atermoiements du gouvernement viennent renforcer (suite d'annonces contradictoires). Une chose est acquise : bien peu des solutions réalistes du rapport Gallois émis il y a exactement un an ont été traduites en actes ce qui rend d'autant plus friable notre tissu productif, particulièrement dans l'industrie. (Fagor Brandt, Bosch à Vénissieux, etc.). Des emblèmes sont touchés telle que La Redoute ou Air France avec ses plans de départ volontaire à répétition dignes de ceux de la Société Générale.

Dès lors, il est légitime d'essayer d'identifier – posément – ce qui provoque l'apparition d'un plan social qui est un mécanisme que les lois ont rendu d'un maniement délicat et assez complexe.

Ce qui génère un plan social est rarement univoque : en fait, cette contraction hélas souvent importante d'effectifs vient de plusieurs facteurs.

Alain Fabre : Le pays n’est pas en période de crise, il est en situation d’effondrement de son économie. D’un autre côté, il y a des entreprises françaises qui réussissent merveilleusement bien puisque la France a 23 "grands groupes" contre 18 en Allemagne. Lorsque des PME parviennent à se sortir des lourdeurs françaises, elles parviennent à faire de très belles choses. Toutefois, comme site de production, la France est en train de littéralement s’effondrer, tant et si bien qu’il n’est plus possible d’appuyer une réussite économique sur une production dans notre pays. Lorsque l’on voit tous ces plans sociaux, c’est bien par ce prisme là qu’il faut analyser la situation.  

Le rôle joué par le dialogue social dans cette situation   

Alain Fabre : Effectivement la classe politique et les organisations syndicales considèrent l’entreprise comme le lieu de la lutte des classes. La comparaison avec l’Allemagne est navrante puisque là-bas l’entreprise y est au contraire perçue comme un lieu de cohésion sociale où toutes les classes se côtoient. Elle est gouvernée par un principe de responsabilité des uns envers les autres. Cela permet aux syndicats d’accepter les sacrifices dans les périodes difficiles et les dirigeants de récompenser les employés dans les périodes de santé économique. Notre perception française de l’entreprise comme d’un affrontement a donc naturellement des conséquences désastreuses sur les performances économiques.

Les clients sont-ils toujours au rendez-vous ?

Jean-Yves Archer : En premier lieu, il faut citer le cas des clients en prenant bien soin de répartir cette cause selon trois origines qui répondent à trois questions distinctes : a ) Comment va notre carnet de commandes ? b ) Comment tenons-nous face à la concurrence ? c ) Comptablement, comment évolue le poste clients ?

En période de crise d'activité (voir le niveau actuel de la croissance aux environs de + 0,1%), le carnet de commandes est nécessairement atteint de plein fouet. Dans le cas de Peugeot, la rareté des clients (faibles achats de biens durables en temps de crise) a gonflé le volume de stock de produits finis et engendré un effet de ciseaux très périlleux : moindres recettes et parallèlement moindre absorption des charges fixes. De là provient un assèchement progressif de la trésorerie du fait du "cash-burning rate".

A côté de cette question du carnet de commandes issu de la conjoncture médiocre, l'aspect client vient bien évidemment de la capacité de l'entreprise à faire face à une détérioration de sa position concurrentielle. Dans le cas du volailler Doux et d'autres acteurs de la filière avicole bretonne, il est confirmé que des marchés du Moyen-Orient ont été perdus car les produits d'entrée de gamme ont été concurrencés par leurs homologues brésiliens ou autres. A partir de là, on peut dérouler un tapis d'explications (main d'œuvre trop chère en Europe, parité de la monnaie Euro, faiblesse des marges sur des produits de base, etc.), il n'en demeure pas moins que le facteur résultant est la chute du carnet de commandes et la perte du client. Or, tous les commerciaux (de Toshiba, de Nestlé ou de Siemens) vous confirmeront qu'un client perdu est difficile et coûteux à reprendre : programmes dits de "win-back".

Au plan de la réflexion, les Professeurs de Harvard, Messieurs Norton et Kaplan, ont montré que la "balance scorecard" (voir "Le tableau de bord prospectif, Editions d'Organisation") est un outil permettant de suivre la manière dont les clients perçoivent l'entreprise. Autrement dit, ces auteurs ont montré à quel point il est crucial d'effectuer un suivi tangible de la satisfaction client : compétitivité, qualité des produits, délais de livraison, etc. Sur ce point, nous savons que nombre d'entreprises ont des efforts à faire. Il s'agit d'être "market-driven" et non pas de vouloir imposer ses vues aux clients. Du temps de feu Steve Jobs, Apple a su précéder les besoins des utilisateurs de smartphones et autres tablettes. Autrement dit, le marché tirait l'activité de l'entreprise qui – quant à elle – tirait en retour ses profits de ses ventes. A l'inverse, lorsque Renault saborde une jolie marque comme Alpine, tente d'imposer l'étrange coupé nommé Avantime, on perçoit le décrochage entre la firme et le terrain. De surcroît, l'expérience se répète : alors que 72% des automobilistes envisagent d'acheter, quand ils le pourront, un véhicule hybride, la firme au losange a misé l'essentiel de sa stratégie sur le 100% électrique. D'un côté Toyota, Lexus et ses succès en hybride, de l'autre le démarrage poussif et préoccupant de Zoé.

Ne pas se tenir debout face à la concurrence, c'est rentrer dans une impasse stratégique qui oblige à des plans de réductions des coûts : à devenir un Jivaro sur listing là où il fallait être vigilant au regard des attentes de son client comme savent le faire des firmes à succès comme Plastic Omnium (prix BFM TV), Faiveley industries, SEB ou encore Schneider Electric.

Troisième aspect de la dimension client : comment évolue, en comptabilité, le poste clients ? C'est un point crucial pour plusieurs raisons. D'abord l'argent qui est "dehors" fait que c'est l'entreprise fournisseur qui devient le banquier de son client ! Or en France, ce que l'on nomme le crédit inter-entreprises représente plus de 500 milliards d'euros. En temps de crise, c'est considérable et explique l'effet-domino des dépôts de bilan. Dans le cas – lourd, très lourd – du transporteur Mory Ducros, une éventuelle liquidation entraînerait la destruction juridique directe de plus de 5.200 emplois mais aussi par ricochets sur les sous-traitants la disparition économique de près de 2.000 emplois. Ainsi, un poste client mal tenu ou incontrôlable, c'est la certitude " de se faire planter un drapeau dans le dos " tout en perdant de l'activité. Il y a donc double impact négatif.

Les études de la COFACE ont montré les risques qu'encourt notre tissu productif avec cette anomalie française liée à l'ampleur des en-cours clients. Des mesures existent comme l'affacturage mais, à ce jour, les coûts délégués de recouvrement couvrent parfois le niveau de la marge demie-nette ce qui revient à travailler pour la gloire et non le profit. Parallèlement, la mesure de type Dailly a elle aussi été dévoyée. Initialement, l'entreprise cède sa créance de 100 à sa banque qui l'a recouvrera à échéance auprès du fournisseur et met, dans l'instant, une somme de 90 à disposition de son client. Hélas la crise aidant et les risques d'impayés allant en s'aggravant, les banques demandent un taux de couverture plus large. Si vous cédez 100 en Dailly, on ne vous crédite que de 60 à 70 et on vous verse un solde ultérieur amoindri par une marge (coefficient de risque) requise par l'établissement bancaire.

Le poste clients est de l'argent congelé ou de l'argent évaporé en cas de sinistre chez votre client : cette réalité justifie souvent des restructurations – et donc des plans sociaux – chez les fournisseurs comme l'ont montré les émouvantes larmes de cet éleveur qui livrait chez Doux sans avoir été payé depuis des semaines et allait devoir " virer une partie de son équipe ".

Le rôle du contexte juridique et fiscal

Alain Fabre : Le système français est tout d’abord devenu très couteux tant le niveau de prélèvement sur l’entreprise est élevé - environ 18% du PIB, la moyenne européenne se situant en 12 et 13%. C’est quasiment une prédation. Cela explique des taux de marges très faibles en France… Les entreprises se retrouvent donc handicapées, incapables d’innover, d’exporter etc.

Sur l’aspect réglementaire, les investisseurs internationaux sont victimes d’une sorte de scepticisme quant au système français tant il est devenu illisible et incompréhensible, surtout vu de l’extérieur.

La capacité à la modernisation

Alain Fabre : La modernisation est un concept assez équivoque puisque même les élites colbertistes françaises sont acquises à la modernisation. Sauf qu’elles la considèrent comme devant descendre d’elles jusqu’aux entreprises, comme liée au monopole du savoir et du pouvoir : c’est l’Etat stratège. Régulièrement, tous les chantres de la modernité industrielle expliquent que ce serait tellement mieux si l’Etat décidait de la politique industrielle de la France. Le Général de Gaulle disait même :  "Les Français ne doivent pas fabriquer des porte-clefs". Cela conduit à une forme de mépris des PME qui ne sont plus alors considérées que comme des sous-traitants… Il existe ce que l’on appelle le "chainon manquant français", c’est-à-dire l’absence de grosses PME françaises - 5000 contre 10000 en Allemagne dont on estime le manque à gagner à trois millions d’emploi. Ce qui n’est pas négligeable, vous en conviendrez.

Le progrès technique

Jean-Yves Archer : Déjà en 1995, Marc Blondel – l'ancien leader de Force Ouvrière – avait alerté les Pouvoirs publics sur les nouvelles règles de la technologie que l'on peut résumer ainsi : il faut de moins en moins de travailleurs pour produire toujours davantage. Lors de son passage à l'émission "L'heure de vérité" le 13 juin 1993 (il y a un peu plus de vingt ans), Claude Bébéar avait indiqué "que l'Etat écoutait trop de macroéconomistes et pas assez de microéconomistes". Effectivement, nombre d'études oublient d'aller voir sur site les conséquences de l'innovation qui est souvent destructrice d'emplois. Ce thème est établi depuis Schumpeter ou plus près de nous par Raymond Aron (18 leçons sur le société industrielle, 1962) ou par Bertrand Collomb, fondateur du Centre de Recherches en Gestion de l'Ecole Polytechnique.

Concrètement, l'automobile, le matériel ferroviaire et même l'aéronautique (imminence de l'annonce d'une réduction de 20% des effectifs d'EADS Défense selon plusieurs agences allemandes dont DPA, soit plus de 6.000 emplois ) sont soumis à cette formidable accélération de la puissance de création de l'humanité qui se fait, hélas, au détriment des opérateurs et des travailleurs. D'ici à 10 ans, si un niveau acceptable de croissance revient, ce poste de technologies qui supprime tant et tant de postes de travail restera une cause essentielle des plans sociaux. L'exemple de l'univers des pneumatiques l'a brutalement démontré : Continental dans l'Oise, Goodyear dans la Somme et Michelin à une moindre échelle en Indre et Loire.

En résumé, la modification de la combinaison des facteurs de production avec une intensité de plus en plus forte en capital a un effet récessif sur le facteur travail.

La mondialisation et les délocalisations

Jean-Yves Archer : D'autant que le facteur travail est désormais, pour certains managers, une variable hors-sol : autrement dit délocalisable. Le cas du textile est impressionnant. Ayant quitté les sites de production en Europe (Nord de la France du début des années 1980), l'industrie s'est implantée au Maghreb et surtout en Tunisie pour un avantage comparatif lié aux moindres salaires. Puis ce fût la Chine. Et désormais, du fait de la hausse (relative) des salaires en Chine, des géants comme H&M vont s'installer en Ethiopie ou d'autres au Vietnam. La révolution physique des transports, la maîtrise de la logistique, la recherche d'un certain low-cost, la quête de marge du fait des faibles coûts de revient des pays émergents, sont autant d'éléments qui font que l'ouverture des frontières a été d'autant plus durablement mal ressentie par les travailleurs d'Europe qui ont vu s'évanouir des pans entiers d'activité. S'il existe des contre-exemples de relocalisations industrielles, nous savons qu'ils sont rares et que les créations d'emplois de ce type sont encore inférieures aux destructions par plans sociaux.

.../...
Lire la suite de cet article : http://www.atlantico.fr/decryptage/faillites-en-cascade-croissance-fantome-pesanteurs-administratives-etou-erreurs-gestion%E2%80%A6-radiographie-qui-tue-vraiment-entrepris-906580.html#82AzidFhbHUUugHb.99

 

Voir également le dernier rapport de l'OCDE sur la compétitivité de la France :  France : renforcer la compétitivité est essentiel pour relancer l’emploi et la croissance (Rapport OCDE)

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 16:56

L’OCDE a annoncé des perspectives économiques  moroses pour la zone euro, emboitant le pas à la Commission européenne. L’organisation internationale recommande à l’UE d’accélérer sur l’Union bancaire. 

Comme le Fonds Monétaire International et la Commission européenne, l’OCDE a dévoilé aujourd’hui des prévisions économiques moroses pour les pays  de la zone euro  en 2014 et 2015. Si la reprise est au rendez-vous,  elle restera faible : 1% en 2014 puis 1,1% en 2015.

Pour les 34 pays membres de l'OCDE  - dont 21 sont membres de l’UE – les prévisions de croissance sont légèrement meilleures : 2.3 % en 2014 puis 2.7 % en 2015, contre de 1.2 % cette année.  

Capitalisation des banques insuffisantes 

Deux coupables pour l’institution : le niveau de chômage, en particulier chez les jeunes, et une crise financière dont les effets se font toujours sentir sur le niveau insuffisant de capitalisation des banques européennes et la difficulté d’accès au crédit.

« Le chômage atteint en  moyenne 8% dans les pays de l’OCDE. Et il continu à augmenter. Le taux de chômage des jeunes est quant à lui deux fois plus élevé  (16%) » relève le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría. « La situation [du chômage des jeunes] est réellement dramatique. C’est ce qui va faire échouer ou réussir les politiques sociales en Europe » ajoute-il.

Dans la zone euro, les niveaux de chômage dépassent largement la moyenne de l’OCDE. En 2013, il touche 12% de la population et devrait légèrement grimper à 12,1% en 2014 avant d’entamer une légère décroissance en 2015.

L'OCDE également insisté sur la réforme du secteur financier de la zone euro. « Tous les moteurs traditionnels de la croissance sont grippés. Pour réparer le moteur de la croissance, il faut transmettre un message très clair en matière de réforme des banques  et séparer les activités de banques commerciales et banques d’investissement » a détaillé  Angel Gurría.

Avancer sur l'union bancaire

Pour faciliter l’accès au crédit, grippé par la crise économique et financière,  l’OCDE  appuie la stratégie de la Banque Centrale Européenne, qui vient de baisser son principal taux directeur de 0,50 à 0,25%, son plus bas historique. « La  Banque Centrale Européenne  a bien réagi en baissant les taux »  affirme Pier Calo Padouan. Pour l’OCDE, la BCE doit maintenir son taux au plus bas au moins jusqu’en 2015 pour espérer renouer avec la croissance.

« Il faut également réparer le secteur financier avec notamment des stress test transparents » a poursuivi  Pier Calo Padouan, faisant référence aux tests de résistance que la Banque Centrale Européenne doit réaliser sur les grandes banques européennes  afin d’évaluer leurs bilans.

Ce programme d’évaluation doit permettre d’identifier les lacunes dans les bilans des banques et prévenir de nouvelles faillites.  « Les banques européennes sont insuffisamment capitalisées » a affirmé Pier Calo Padouan, économiste en chef  de l’OCDE. Pour y remédier, l’institution recommande de recapitaliser les banques en cas de besoin.

Un mécanisme qui doit intervenir dans le cadre de l’Union bancaire, à laquelle « il faut dire oui » a insisté Angel Gurría. Un appel destiné à l’Allemagne, qui bloque les négociations depuis des mois et refusant catégoriquement la mise en place du mécanisme permettant à l’UE de recapitaliser directement  ses banques  en difficulté.

« Des progrès significatifs et rapides sur l'union bancaire restent la condition préalable pour résoudre la crise financière dans la zone euro » relève l’OCDE dans son rapport.

L’OCDE clémente sur l’excédent commercial allemand

Sévère sur l’union bancaire, l’OCDE a été plus clémente face à l’excédent commercial allemand, dénoncé successivement par le FMI et la Commission européenne. « L’Union économique doit faire face à des asymétries : certains pays connaissent des excédents d’autres des déficits » a rappelé l’économiste en chef.

Mais malgré un excédent commercial qui s’élève à 7% de son PIB, l’OCDE a estimé qu’il ne se faisait pas au détriment de l’UE. « L’Allemagne a un excédent alimenté par ses échanges commerciaux avec les pays externe à l’UE comme les Etats Unis.  Elle conserve  certes un excédent de 7% mais il ne se fait plus au détriment de ses partenaires européens » a affirmé  Pier Calo Padoua.

 

Source : http://www.euractiv.fr/services-financiers/ocde-appelle-ue-avancer-sur-unio-news-531809

 
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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 16:08

La République centrafricaine est « au bord du génocide », selon le chef de la diplomatie française Laurent Fabius et un haut diplomate américain.

La France engage ses militaires, tandis qu’une force africaine doit être mobilisée par l’ONU.

La Centrafrique est-elle au bord d’un génocide ? 

 « Il se produit en Centrafrique des actes abominables. Un chaos, des exactions extraordinairement graves ». François Hollande, jeudi 21 novembre, lors de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits au docteur Denis Mukwege et à Femmes Africa Solidarité, a tenu à conclure son discours par un nouvel appel à la communauté internationale. Face à l’urgence et aux 400 000 personnes déplacées en Centrafrique, « nous devons agir », a martelé le président de la République.

 « Le pays est au bord du génocide », a insisté le même jour Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, sur France 2. À Washington, un diplomate de haut rang, le directeur du bureau Afrique du département d’État, Robert Jackson, avait également parlé mardi dernier d’« une situation pré-génocidaire », devant une commission du Congrès. 

Le 1er  novembre, un responsable de l’ONU, Adama Dieng, avait également prévenu que la République Centrafricaine pourrait devenir le théâtre d’un «génocide», à l’heure où les violences inter-communautaires risquent de radicaliser chrétiens et musulmans.

 « Le terme de pré-génocide ne recoupe aucune valeur scientifique et juridique, précise Jacques Semelin, du Centre d’études et de recherches internationales (Ceri). C’est un terme que l’on utilise pour mobiliser l’opinion publique et les décideurs. C’est un signal d’alarme efficace pour dire qu’il est encore temps d’agir avant la catastrophe ».

 « Je trouve qu’il y a un usage du terme “génocide”  de plus en plus laxiste, en particulier depuis le Darfour, juge Roland Marchal du Ceri. En généralisant l’usage de ce terme, je ne suis pas sûr que l’on rende plus compréhensible la situation en République Centrafricaine ». 

D’autant qu’utilisé par la diplomatie américaine et française, le mot « génocide » n’a pas nécessairement le même sens. « Dans la culture anglo-saxonne, il équivaut à celui de ‘‘massacre de masse’’. Alors qu’en France, parler de génocide, c’est se référer à la Shoah. C’est parler de la destruction d’un groupe en tant que tel ! », nuance Jaques Semelin.

 Quelle est la situation ? 

Quel que soit le nom que l’histoire retiendra pour le drame de la Centrafrique, l’urgence humanitaire y est extrême. Depuis la chute du président François Bozizé, le 22 mars, et l’arrivée au pouvoir des rebelles de la Séléka, la République Centrafricaine est plongée dans le chaos. 

 Les rebelles ont pillé tout le pays : les villages, les villes, les centres administratifs, les centres de santé, les écoles, les églises… « Aujourd’hui c’est le désordre absolu, vous avez sept chirurgiens pour 5 millions d’habitants, une mortalité infantile, dans certains coins du pays, de 25 %, un million et demi de personnes qui n’ont rien, même pas à manger, et des bandes armées, des bandits, etc. », a détaillé Laurent Fabius.

Dans tout le pays, l’appareil d’État s’est effondré. Depuis le mois de mars, la population est sans défense face aux seigneurs de la guerre issus de la Séléka. Les exactions sont multiples : meurtres, viols, vols. Et l’impunité des rebelles, en particulier en dehors de Bangui, totale. 

À Bangui, 2500 soldats de la force africaine essayent d’assurer un semblant de sécurité. Mal armés, peu motivés, l’efficacité de ces hommes est quasiment nulle.

 Pourquoi les tensions communautaires augmentent-elles ? 

Les rebelles de la Séléka sont issus du nord du pays, majoritairement musulman. Ils ont été épaulés par des Soudanais et des Tchadiens de confession également musulmane. De sorte que ces rebelles apparaissent comme des combattants dont le trait commun est leur appartenance à l’Islam. 

Dans le sud, majoritairement chrétien, les musulmans sont de plus en plus assimilés aux rebelles de la Séléka et aux islamistes étrangers. « Ce pays est touché par des tensions entre musulmans et chrétiens de plus en plus fortes », souligne Roland Marchal. Elles font craindre, le jour où la Séléka sera battue, des représailles.

Dans ce contexte d’abandon, d’anarchie et d’agression, les populations se rabattent sur les solidarités communautaires et confessionnelles. Elles organisent leur propre défense en constituant des milices armées. Des milices composées de jeunes gens de confession chrétienne se sont déjà attaquées aux rebelles de la Séléka et à aux populations musulmanes, autant par punition que par prévention.

La France redoute par ailleurs une radicalisation islamiste en République Centrafricaine, avec l’arrivée de combattants étrangers. Selon un haut diplomate, « le cocktail est explosif. On trouve les Arabes islamistes du Darfour, les djan­djawids ; des djihadistes qui ont fui le Mali ; des combattants de Boko Haram… Beaucoup d’éléments de la Séléka ne parlent qu’arabe. Il y a déjà des régions dans lesquelles la consommation d’alcool et de porc est interdite. On constate que de très nombreuses églises chrétiennes ont été ciblées par les rebelles. » 

 Que fait la communauté internationale ? 

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a présenté lundi un rapport sur la Centrafrique. Il préconise plusieurs scénarios, dont une opération de maintien de la paix avec l’envoi de 6 500 à 9 000 casques bleus. Proposition qui doit être examinée, lundi 25 novembre, par le Conseil de sécurité. 

On s’attend qu’à l’issue de cet examen, le Conseil de sécurité adopte une résolution renforçant la force africaine. Cette résolution ira-t-elle plus loin ? « Je pense qu’elle va autoriser la France à intervenir sur le modèle du Mali : les Français en première ligne, les troupes africaines en second, avant la mise en place d’une opération casques bleus », pronostique Roland Marchal. Mais la diplomatie américaine reste réservée, aussi bien sur l’option africaine que sur celle d’une opération de maintien de la paix de l’ONU.

Selon des sources militaires, la France a déjà commencé à renforcer son dispositif en République centrafricaine. Disposant pour l’heure officiellement de 420 soldats sur place, elle prépare la projection d’un groupement tactique interarmes. 

Selon nos informations, un commando parachutiste est parti préparer cette projection. Des parachutistes du 8 RPIMa ont débarqué récemment à Bangui, officiellement dans le cadre d’une opération de relève. Des compagnies du 3e  RPIMa sont également mobilisées pour la République centrafricaine.

Si les moyens engagés par la France ne devraient pas être de même niveau qu’au Mali, la force française en Centrafrique devrait s’élever entre 1 000 et 1 500 soldats. Elle agira comme une force d’intervention rapide en vue d’aider les forces africaines à sécuriser le pays. 

 François Hollande, qui réunira le 6 décembre à Paris un sommet pour la paix et la sécurité en Afrique, l’a confirmé hier : « La communauté internationale doit agir. L’ONU s’y prépare. La France, une nouvelle fois, sera là en soutien des Africains. » 

 

Source : http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/La-situation-devient-critique-en-Republique-Centrafricaine-2013-11-21-1064337

 

Voir également à ce sujet :

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 14:54

Regards-citoyens.com propose à ses lecteurs de prendre connaissance de l'avis n° 158 (2013-2014) de Mme Leila AÏCHI et M. Alain GOURNAC, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, déposé le 21 novembre 2013, sur le thème suivant : Action extérieure de l'État : action de la France en Europe et dans le monde, dans le cadre de la procédure d'examen du Projet de loi de finances pour 2014.

Voir l'avis : http://www.senat.fr/rap/a13-158-1/a13-158-11.pdf


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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 14:53

INTRODUCTION    

Le traité de Lisbonne renforce la dimension sociale de l’Union européenne (UE). Il reconnaît dans les traités fondateurs les valeurs sociales de l’Union et inclut de nouveaux objectifs en matière sociale.

En revanche, les compétences de l’UE dans ce domaine ne connaissent pas de grands changements. Le traité de Lisbonne procède à quelques innovations mais l’élaboration et la mise en œuvre des politiques sociales demeurent principalement du ressort des États membres.

LA RECONNAISSANCE DES PRINCIPES ET DROIT SOCIAUX

La pleine reconnaissance des objectifs sociaux dans les traités fondateurs ne possède pas seulement une portée symbolique. Elle implique également une meilleure intégration des objectifs sociaux au niveau de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques européennes en général.

En outre, le traité de Lisbonne modifie trois articles des traités fondateurs afin de clarifier et renforcer les objectifs sociaux de l’UE:

* l'article 3 du traité sur l’UE mentionne désormais le plein emploi, le progrès social, la lutte contre l’exclusion sociale et la protection sociale parmi les objectifs de l’Union;
  • * l’article 9 du traité sur le fonctionnement de l’UE précise qu’un niveau d’emploi élevé, une protection sociale adéquate et la lutte contre l’exclusion sociale doivent être pris en compte dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de l’Union;
  • * l’article 152 du traité sur le fonctionnement de l’UE consacre le rôle des partenaires sociaux dans l’UE; de plus, il reconnaît la contribution au dialogue social du sommet tripartite pour la croissance et l’emploi qui réunit les représentants du Conseil, de la Commission et les partenaires sociaux.

Par ailleurs, le traité de Lisbonne reconnaît la valeur juridique de la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Cette charte dispose désormais d’une force contraignante et peut être invoquée en justice. Cette reconnaissance constitue une avancée en matière sociale car la Charte garantit des droits sociaux aux personnes résidant sur le territoire de l’UE:

  • * le droit à l’information et à la consultation des travailleurs au sein de l’entreprise (article 27 de la Charte);
  • * le droit de négociation et le droit de grève (article 28 de la Charte);
  • * le droit d’accès au service de placement (article 29 de la Charte);
  • * la protection en cas de licenciement injustifié (article 30 de la Charte);
  • * le droit à des conditions de travail justes et équitables (article 31 de la Charte);
  • * l’interdiction du travail des enfants et la protection des jeunes au travail (article 32 de la Charte);
  • * la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle (article 33 de la Charte);
  • * la sécurité sociale (article 34 de la Charte);
  • * la protection de la santé (article 35 de la Charte).

LA MISE EN ŒUVRE DE LA POLITIQUE SOCIALE AU NIVEAU EUROPÉEN

La politique sociale fait partie des compétences partagées entre l’UE et les États membres. Cependant, les politiques sociales sont plus efficacement mises en œuvre au niveau des États membres qu’au niveau européen. Ainsi, et conformément au principe de subsidiarité, le rôle de l’UE se limite dans ce domaine à soutenir et compléter l’action des États membres.

Le traité de Lisbonne conserve ce schéma de répartition des compétences. De plus, il maintient l'adoption de textes selon la procédure législative ordinaire pour la plupart des mesures relevant de la politique sociale.

Par contre, pour certaines mesures, le vote à l'unanimité au Conseil avec consultation du Parlement européen est maintenu et le traité de Lisbonne reprend la clause passerelle spécifique qui avait été introduite par le traité de Nice (article 153 du traité sur le fonctionnement de l’UE). Pour rappel, cette clause passerelle autorise le Conseil à décider à l’unanimité d’appliquer la procédure législative ordinaire aux domaines suivants:

  • * la protection des travailleurs en cas de résiliation du contrat de travail;
  • * la représentation et la défense collective des travailleurs et des employeurs;
  • * les conditions d’emploi relatives aux ressortissants étrangers se trouvant en séjour régulier sur le territoire de l’Union.

Enfin, le traité de Lisbonne procède à deux innovations:

  • * le vote à la majorité qualifiée est étendu aux mesures relatives aux prestations sociales des travailleurs migrants (article 48 du traité sur le fonctionnement de l’UE);
  • * La méthode ouverte de coordination a été institutionnalisée avec la reconnaissance que la Commission puisse prendre des initiatives afin d’encourager la coopération entre les États membres dans le domaine social et faciliter la coordination de leurs actions. Ces initiatives peuvent par exemple prendre la forme d’études ou d’avis en vue d'établir des orientations et des indicateurs et d'organiser l'échange des meilleures pratiques avec l'organisation d'une évaluation périodique (article 156 du traité sur le fonctionnement de l’UE).
  • Source : http://europa.eu/legislation_summaries/institutional_affairs/treaties/lisbon_treaty/ai0023_fr.htm

 

Regards-citoyens.com invite ses lecteurs intéressés par la dimension européenne des politiques sociales à prendre connaissance de la teneur de ce remarquable rapport établi en 2006 sur ce sujet :

  Politique sociale européenne Politique sociale européenne

 

Voir également : L'Europe sociale progresse : le Conseil adopte de nouvelles règles en matière de coordination des régimes de sécurité sociale de l'UE

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 11:56

Le 22 novembre 2005, Angela Merkel débutait son premier mandat de chancelière. Aujourd'hui, l'Allemagne de "Mutti", championne à l'export, s'attire les foudres de Bruxelles qui lui reproche de déséquilibrer l'économie européenne.
La Commission européenne a annoncé l'ouverture d'une procédure d'enquête sur le niveau de l'excédent commercial allemand jugé néfaste – car supérieur à 6% de son PIB – pour la cohésion économique européenne. Après huit ans de gouvernement Merkel où l'Allemagne s'est affirmée comme leader incontesté de la zone euro, zoom sur les principaux chefs d'accusation contre l'Allemagne. 

1) L’Allemagne a plombé la croissance européenne par son imposition de la rigueur

Alain Fabre : La rigueur a ses causes, en Allemagne comme ailleurs, pour des raisons qui tiennent à des déséquilibres nationaux. Si l’Allemagne ou la zone euro n’étaient pas là pour mettre la pression, les marchés interviendraient pour corriger les déséquilibres qu’ils viennent du marché du travail ou du commerce extérieur. On est dans la même configuration que lorsqu'on demande à une entreprise de prendre des mesures de rigueur pour redresser son activité. Je dirais que l’Allemagne veut mettre en place une politique pour une croissance qui soit du "muscle" et pas uniquement de la "gonflette". L’Allemagne, quand elle fait de la croissance, c’est du muscle, là où, par exemple, les Etats-Unis font souvent de la gonflette. Et, pour ces derniers, la croissance que l’on pensait importante ne repose pratiquement que sur l’acceptation d’un équilibre à terme intenable. 

Francesco Saraceno : Comme toute crise suivant une bulle spéculative, la crise commencée en 2008 est caractérisée par une augmentation de l’épargne privée. Le besoin de désendettement des ménages, des firmes, et des institutions financières, ont provoqué une chute drastique de la demande privée (de consommation et d'investissement). Pour soutenir la croissance et la demande agrégée, il fallait donc une augmentation, temporaire, des dépenses publiques. Ceci est effectivement arrivé en 2009. Mais à partir de 2010, à cause de la crise de la dette souveraine, les pays de la périphérie de la zone euro ont été contraint de réduire leur dépenses publiques. La somme du désendettement privé et public a mené à la profonde crise que ces pays ont vécu. L'Allemagne aurait pu aider ces pays (et donc s'aider elle-même) en envoyant le message que la consolidation budgétaire, quoique nécessaire, aurait du être plus graduelle, et retardée dans le temps. Ceci aurait probablement suffi à calmer les marchés. A défaut d'un soutien explicite aux pays en difficulté, elle aurait pu en accompagner l'ajustement avec une politique plus franchement expansionniste, soutenant ainsi la demande agrégée au niveau de la zone euro, et donc en rendant l'ajustement plus efficace et moins douloureux. Le choix a été différent. L'Allemagne a alimenté le récit moral des cigales et des fourmis, justifiant ainsi les inquiétudes des marchés ; en outre, en prétendant des politiques d’austérité radicales, et en menant en plus une politique restrictive chez elle, l'Allemagne a contribué à réduire la demande publique européenne pendant que la demande privée peinait à reprendre. La crise s'est ainsi aggravée.

2) Elle a encouragé l’euro fort et en a profité au détriment des intérêts des autres pays

Alain Fabre : Sur cet aspect-là, il faut prendre la question de manière plus minutieuse. Ce que les observateurs qui dénoncent l’Allemagne relèvent, c’est plutôt qu’elle a bénéficié d’une devise sous-évaluée par rapport au Deutschemark qui aurait pénalisé ses exportations s’il avait été conservé. Il y a donc eu un vrai coup de pouce. Et effectivement, l’Allemagne est capable de supporter un euro élevé, notamment par rapport à la France, tout en restant compétitive. Le système qui fait reposer une croissance sur un système de change est de toute façon, selon moi, destructeur de valeur à moyen terme, comme en Italie ou en Espagne.  

Francesco Saraceno : Un pays surendetté et à faible compétitivité, peut recourir à une dépréciation de son taux de change réel (le prix de ses biens en devise étrangère) pour augmenter ses exportations et réduire sa dépendance des flux de capitaux étrangers. Ceci peut se faire par un taux d'inflation inférieur à celui de ses partenaires commerciaux, ou par une dépréciation du taux de change nominal. Pour les pays de la périphérie de la zone euro ceci aurait pu se faire par une dépréciation de l'euro, qui aurait augmenté les exportations hors zone euro, et par un taux d'inflation inférieur à celui de l'Allemagne et des autres pays du centre, qui aurait amélioré la compétitivité à l’intérieur de la zone euro. L'Allemagne a rendu les deux stratégies extrêmement difficiles. Ses excédents commerciaux se sont traduit par une balance extérieure de la zone euro dans son ensemble qui est restée proche de l’équilibre (et dernièrement en surplus). L'euro est donc resté très fort. En outre, le taux d'inflation très faible de l'Allemagne a obligé les pays de la périphérie, pour restaurer leur compétitivité, à mener des politiques de réduction des prix et des salaires. Cette déflation a contribué à alourdir le poids de la dette et à plomber la croissance, rendant l’austérité inutile. Encore une fois, une politique moins restrictive de la part de l'Allemagne aurait rendu l'ajustement de la périphérie moins douloureux, et plus efficace.

3) L’excédent de sa balance commerciale plombe celles des autres pays de l’UE

Alain Fabre : C’est un argument que je trouve très curieux car il supposerait que les uns gagnent ce que les autres perdent. Or, dans les principes de l’économie de marché, chacun des partenaires encaisse des gains liés à l’échange, par rapport au fait de vivre plutôt en autarcie. L’autre point un peu plus statistique est que l’Allemagne réalise les trois quarts de ses excédents commerciaux avec des pays qui ne font pas partie de la zone euro. Les succès commerciaux de l’Allemagne sont obtenus sur les marchés émergents – c’est pour cela qu’elle engrange les succès d’ailleurs – alors que la zone euro est handicapée par ses problèmes structurels. D’ailleurs, on peut également préciser que les Allemands sont aussi de gros consommateurs de tourisme et sont très présents dans les pays du Sud, et que dans le domaine, elle a une balance qui est très déficitaire. Ce n’est certes pas compris dans la balance du commerce international, mais cela rappelle qu’il faut avoir une vision un peu plus raisonnable de la façon dont les échanges se passent entre l’Allemagne et ses partenaires européens. 

Francesco Saraceno : L’excès d’épargne allemand, cause de son excédent commercial, prive les autres pays de la zone euro d'un marché particulièrement important. Ceci les oblige à réduire leur déficit en cherchant à exporter hors de la zone euro, avec en plus, comme on remarquait plus haut, un euro qui reste très fort. L’amélioration des soldes courants des autres pays s'est donc fait plus lentement que cela n'aurait été le cas si l’Allemagne acceptait d'augmenter ses importations et d'avoir un déficit commercial.

4) Elle a tiré les salaires vers le bas, à un niveau que ne pouvait se permettre ses partenaires

Alain Fabre : Si l’on s’intéresse à ce qu’il se passe vraiment sur cette question, plutôt que de se pencher sur des points anecdotiques, c’est que les salaires en Allemagne augmentent au rythme d’environ 3% dans le secteur industriel. Ce qui fait d’ailleurs que – contrairement à ce qui est avancé souvent de manière confuse – la demande intérieure joue plus dans la croissance que les exportations. Deuxième point, il est facile de prendre des situations isolées – comme les abattages de porcs où l’on trouve des travailleurs étrangers qui acceptent des salaires faibles voire dérisoires – mais ce n’est pas cela qui explique la performance économique allemande. L’Allemagne se caractérise même par des salaires élevés, puisque ils sont supérieurs d’environ 30% à la moyenne de la zone euro. Les travailleurs allemands ne sont donc pas sous-payés sauf cas très spécifiques.

Francesco Saraceno : En effet, la transition d'un déficit à un excédent commercial s'est faite grâce aux effets des réformes Hartz, qui ont instauré un marché du travail dualiste. A partir de ce moment, tout choc négatif dans d'autres pays (par exemple la France) se traduisait en une augmentation du chômage, et en Allemagne augmentait les nombre de travailleurs pauvres, à chômage constant ou décroissant. Il ne s'agit donc pas de pouvoir se permettre de baisser les salaires, mais d'un choix politique différent. Si la France et les autres pays devaient faire le même choix que l'Allemagne, pourtant, ils enclencheraient une course au rabais qui ne laisserait que des perdants. Les dévaluations compétitives des années 1930 sont là pour en témoigner. La modération salariale allemande ne marche que parce ce que les autres pays ne la suivent pas. Ceci n'est pas prêt de changer, comme en témoignent les difficultés rencontrées par le SPD dans sa tentative d'introduire un salaire minimum dans le cadre des négociations pour la formation du nouveau gouvernement.

5) Elle ne propose aux autres pays membre qu’un seul modèle de développement – le sien – au mépris de leur diversité culturelle et des traditions politiques et sociales

Alain Fabre : Primo, il y a le traitement des difficultés financières de la zone euro. Et dans ce domaine, l’Allemagne considère que la solidarité des uns est indissociable de la responsabilité des autres. Il faut donc, pour elle, accepter de mettre en place des réformes de structures pour réduire les déficits. Et c’est cette exigence qui tient l’ensemble car on ne peut pas imaginer une Allemagne qui accepterait de payer en tolérant tous les déficits. D’ailleurs, dans cette optique, l’Allemagne n’aurait même pas les moyens d’aider tous ses partenaires. Il y a donc une forme de logique. Secundo, l’Allemagne n’a jamais voulu « d’Europe allemande », elle veut surtout une « Allemagne européenne ». Elle n’agit donc pas pour sa propre gouverne, mais aussi pour la gouverne des autres. Elle insiste donc beaucoup pour que la dimension sociale du développement économique européen soit liée à la compétitivité. Une fois que l’on a dit cela, les autres Etats sont libres de gérer les choses comme ils l’entendent. Je rappelle aussi que cette manière négative de présenter les choses est très « française » et ne correspond pas à la réalité de l’Allemagne qui est un pays où seuls trois ou quatre Länder tirent toute la machine allemande, qui applique pour elle-même ces règles de solidarité/compétitivité. L’idée d’une décision économique centralisée qui s’impose à tous les Etats ne correspond donc pas à la vision allemande. 

Francesco Saraceno : Plus que la diversité culturelle, l'Allemagne semble mépriser la logique économique et la comptabilité de base. Un modèle de croissance tirée par les exportations ne peut marcher que s'il n'est pas généralisé. Le solde commercial au niveau mondial est par définition nul, et donc on ne pourra généraliser le modèle allemand que le jour où on commencera à exporter sur Mars. Il s'agit donc d'un drôle de modèle, dont le succès repose sur le fait qu'il n'est pas imité. Mis à part son manque de cohérence comptable, le modèle de croissance tirée par les exportations a un autre défaut, d'ordre géopolitique. Une Europe "allemande", reposant sur les exportations vers le reste du monde pour assurer sa croissance, serait obligée de se faire remorquer par les Etats-Unis aujourd'hui, par la Chine demain, et par qui sait d'autre après-demain. Le résultat serait un géant économique, peut-être, mais un nain politique. Une Europe incapable d'assumer son rôle de puissance mondiale, et condamnée à être politiquement insignifiante.    

 

Propos recueillis par Damien Durand

 

Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/accusee-merkel-levez-apres-8-ans-au-pouvoir-faut-condamner-chanceliere-allemande-pour-crime-contre-economie-europeenne-ou-absoud-905447.html#I6RWHBBSOr1wp3H9.99

 

Voir également sur ce sujet, notamment :  

  * La réduction des écarts de compétitivité entre les Etats membres de l'UE ne va-t-elle pas se faire au détriment de ses champions et/ou du modèle social européen ?

  * Contribution franco-allemande intégrale pour le renforcement de la compétitivité et de la croissance en Europe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 10:34

Au moment où les autorités publiques prenant toute la mesure de l'inflation d'une normalisation trop souvent destructrice, sous l'empire de la dictature du risque 0 et de la tolérance 0 a&lors que, simultanément prospère une véritable économie de l'insécurité ( De l'économie de l'insécurité ! (nouvelle édition) ),  sans aucune régulation ou presque (seuls les Etats-Unis et l'Union européenne, les principaux protagonistes en même temps que les premières victimes de cette économie des temps modernes ont fini par engager des actions correctives ou régulatrices pour en réduire les perversités), Regards-citoyens.com a décidé de publier ci-après l'excellent dossier de l'ANEM intitulé 'la maîtrise des normes est un impératif'.

p7 20130422143615 PLM 237 p7 20130422143615 PLM 237

Voir également sur ce sujet :

 * http://www.senat.fr/rap/l11-338/l11-33819.html

 * http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-choc-simplification-pour-entreprises-devra-etre-tout-sauf-gagdet-com-alain-lambert-684481.html

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 20:58

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Le vendredi 22 Novembre 1963, le président John Fitzgerald Kennedy, dit JFK fut assassiné alors qu'il se trouvait dans le cortège présidentiel, Place Dealey, à Dallas, au Texas.

Le président fut abattu à 12h30. Le président John F. Kennedy se trouvait dans une limousine Lincoln Continental 1961 décapotable avec son épouse, Jacqueline Kennedy, le gouverneur du Texas John Connally, et la femme de Connally, Nellie. Le Gouverneur Connally fut également atteint, mais survécut à ses blessures.

Lee Harvey Oswald fut arrêté pour l'assassinat du président Kennedy, mais Jack Ruby, propriétaire d'une discothèque à Dallas le tua avant son jugement pour le meurtre du président.

Le 22 novembre 2013 sera le 50ème anniversaire de l'assassinat de JFK. Malgré les circonstances tragiques de sa mort , l'héritage de John F. Kennedy perdure dans plusieurs de ses réalisations et de ses aspirations, y compris son soutien aux droits civiques et son engagement pour l'égalité raciale ; sa création du Peace Corps, et, sa promesse de mettre un homme sur la lune.

La vigueur et l'optimisme de la jeunesse de JFK ont  inspiré les générations actuelles et futures . Sa fameuse phrase «Ne vous demandez pas votre pays peut faire pour vous, demandez vous ce que vous pouvez faire pour votre pays " reste aussi vraie aujourd'hui qu'il y a un demi- siècle .

Pour plus d'informations sur l'héritage de JFK, voir le site de l'Ambassade : http://french.france.usembassy.gov/jfk50.html

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Published by Ambassade des Etats-Unis à Paris - dans A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 20:25

Il s'agit d'une revendication des sociaux-démocrates, avec qui elle cherche à conclure une coalition.

Contrainte et forcée, Angela Merkel lâche du lest aux sociaux-démocrates du SPD. La chancelière allemande a affirmé, jeudi 21 novembre, que l'Allemagne allait se doter d'un salaire minimum généralisé. Il s'agit d'une concession faite à la gauche, qui réclamait une telle mesure, et avec laquelle elle cherche à conclure un accord de coalition.

L'Allemagne n'a pas de salaire minimum pour tous actuellement. Les salaires sont négociés branche par branche entre les partenaires sociaux et, dans certains secteurs, les salariés touchent moins de 5 euros de l'heure. Le SPD a fait campagne pour un salaire minimum horaire de 8,50 euros.

"Une chose que je ne considère pas comme juste"

"Nous allons décider des choses que, au vu de mon programme, je ne considère pas comme justes, parmi elles un salaire minimum généralisé", a dit la chancelière dans un discours à Berlin. Mais "une appréciation réaliste [de la situation] montre que les sociaux-démocrates ne vont pas conclure les négociations [en vue d'un gouvernement de coalition] sans" ce salaire minimum, a-t-elle expliqué, ne livrant aucun détail sur son niveau ou la date de son introduction. 

Angela Merkel a précisé qu'elle "ferait tout, avec la CDU", le parti conservateur dont elle est issue, pour minimiser les effets sur l'emploi d'un tel salaire minimum. Elle a martelé que son parti n'allait pas céder sur un autre point cher au SPD, à savoir une hausse des impôts pour les plus nantis. Pas plus que sur la priorité donnée à l'allègement de la dette allemande, un "projet central" du gouvernement pour les quatre prochaines années.

Source : http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/angela-merkel-annonce-la-mise-en-place-d-un-salaire-minimum-national-en-allemagne_464026.html#xtor=EPR-51-[alerteinfo]-20131121-[bouton]-[]

Voir également :

 * Thierry Repentin en quête de solutions face au dumping social (EurActiv.fr)

 * La dimension européenne des politiques sociales

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" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
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